[SANTÉ] Mineurs trans : prudence au Royaume-Uni, promotion en France

La décision-cadre du Défenseur des droits ouvre très largement les occasions pour les mineurs de changer de sex
@Kyle-Unsplash
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Les associations pro-trans en rêvaient, le Défenseur des droits en France l'a fait ! La décision-cadre de Claire Hédon « relative au respect de l'identité de genre des personnes transgenres » rendue ce 16 juin ouvre très largement le champ des possibles pour les mineurs désirant changer de sexe. Entres autres préconisations, ce texte recommande d'une part « d'autoriser les mineurs non émancipés à changer de sexe à l'état civil » et, d'autre part, de renforcer le respect du choix de l'identité de genre du jeune « au niveau des établissements scolaires et périscolaires » (ceux du secteur privé sont expressément ciblés). Concernant le domaine de la santé, le Défenseur des droits suggère « d'instaurer un protocole national pour les parcours de transition de genre des mineurs ». Elle souhaite également le développement de la recherche sur les mineurs transgenres et vise le monde du sport à qui il est clairement demandé « d’interdire aux fédérations sportives nationales de refuser a priori aux personnes transgenres de participer aux compétitions ».

« Une décision hors-sol et dépassée, a réagi l'association des juristes pour l'enfance, qui souligne son décalage complet avec les directives les plus récentes adoptées par les pays pionniers sur le sujet que sont la Grande-Bretagne, la Suède, le Danemark, l'Italie et les États-Unis ». Outre-Manche, en effet, à la suite du scandale du Tavistock Centre, les autorités ont décidé d'adopter des mesures de prudence, parmi lesquelles l'obligation pour tous les enfants orientés vers une clinique transgenre de passer préalablement des tests pour l'autisme. Au grand dam des militants de la cause, qui y décèlent une menace pour les droits des enfants trans. Un avis non partagé par des spécialistes, à l'instar du docteur Vincent Rouyer, psychiatre de l'enfant et de l'adolescence, que BV a interrogé.

Pour Melty, les droits des personnes trans « dès l'enfance » sont menacés

Dans une vidéo publiée sur Instagram par Melty (le média de référence pour les 18-34 ans, cumulant plus de 50 millions de vues), une jeune fille alerte : « Depuis quelques semaines en Angleterre, les droits de personnes trans sont de plus en plus restreints par le gouvernement. » À l'appui de sa démonstration : la décision de la Cour suprême du 16 avril dernier de définir une femme selon son sexe biologique, l'interdiction d'accès aux toilettes réservées aux femmes ou hommes pour les trans (« Mais comment les autorités pourraient les distinguer des personnes cisgenres ? C'est la question qu'on peut se poser », interroge, sans rire, l'influenceuse) et, bien sûr, l'obligation de tests d'autisme pour les enfants transgenres. « C'est seulement après ces tests et en fonction de leurs résultats qu'un enfant transgenre pourra demander sa réassignation de genre », s'indigne la jeune fille.

 

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L'horreur de la réalité des transitions de genre ne fait pas reculer la France

Aux antipodes de cette propagande, le docteur Vincent Rouyer se réjouit du dépistage des 30 spectres de l'autisme pour ces enfants. « En Angleterre, explique-t-il à BV, le combat judiciaire de Keira Bell [cette jeune fille qui, ayant subi l’ablation des seins à l’âge de 18 ans, a ensuite porté plainte contre la fameuse clinique Tavistock, NDLR], couplé aux plaintes de mille familles dont les enfants étaient traités au même endroit, a révélé l’horreur de la réalité des transitions de genre. » Un véritable électrochoc pour les autorités britanniques qui, après avoir fermé le centre, ont diligenté une enquête confiée à la pédiatre Hilary Cass. Laquelle a conclu que « sur le nombre d'enfants qui se présentaient pour une prise en charge de dysphorie de genre, à peu près un tiers présentaient des troubles de l'autisme ». Parallèlement à ces travaux, poursuit Vincent Rouyer, « d'autres études sérieuses suédoises ont prouvé qu'à long terme, les traitements de réassignation sexuelle ne présentaient pas d'amélioration significative de la santé mentale des patients, sans compter les effets secondaires des administrations de bloqueurs de puberté, comme des déficits au niveau de la masse osseuse constatés et des hypoplasies des organes génitaux. Qu'en outre, les personnes qui avaient subi une réassignation chirurgicale avaient un risque suicidaire environ 20 % plus élevé que dans la population générale. »

Le Royaume-Uni protège ses enfants

À rebours de la France, donc, le gouvernement britannique, à la suite de ces révélations, a très logiquement fait volte-face en supprimant l’affirmation de la notion de genre à l’école (à l'inverse de notre circulaire Blanquer et des recommandations de Claire Hédon) et mis en place ces fameux test autisme. « Une excellente chose, remarque le docteur Vincent Rouyer. D’autres professionnels se sont également remis en question, se rendant compte que parmi les adolescents en questionnement de genre, beaucoup souffraient d’autres traumatismes complexes bien avant leur adolescence et, pour certains, depuis leur petite enfance, qui désormais seront soignés. »

L'histoire dramatique de Keira Bell a fait reculer d'autres pays du Nord, comme la Suède, qui eux aussi ont décidé de remettre en cause le système d’affirmation de genre. À l'exclusion de la France qui, manifestement, choisit d'autres chemins de repentance, passant à côté des petites victimes de ces transitions facilitées.

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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Je trouve surtout anormal que ces opérations soient prises en charge par la sécu alors qu’on nous dit de faire des économies, ça coute plusieurs dizaines de milliers d’euros mine de rien, et on dérembourse certains médicaments, les remboursements pour les yeux dents et oreilles sont quasiment nuls ! Cette idéologie doit cesser !

  2. « Le Royaume-Uni protège ses enfants ». Pas toujours et loin de là, notamment dans l’affaire du gang des pakistanais qui a sévit pendant des dizaines d’années et a pu faire des centaines de victimes. Pour le reste, les pays anglo-saxons, qui ont été à la pointe du wokisme, sont capables de reconnaitre leurs erreurs et de faire retour en arrière. Tout le contraire de la bureaucratie et « élites » françaises, toujours en retard et qui ne rend jamais de comptes, ne se remet jamais en question, ou pire, s’obstine dans l’absurde et la déconstruction de notre société.

  3. Cette manie qu’on a maintenant en France d’être obligé d’écouter toujours les mêmes personnes qui n’ont qu’une chose en tête, invisibiliser l’être humain, effacer ses racines, son identité et même son genre pour finir par ne proposer aucun avenir.
    Ne pas savoir d’où on vient, où l’on est et où l’on va.

  4. Le vrai geste en faveur des enfants qui ne se sentent pas bien dans leur genre, c’est l’écoute, la compréhension et la bienveillance, plus que l’accompagnement vers le bistouri, qui est une reconnaissance d’échec! Accepter la nature qui nous a formés à la naissance est un acte salvateur dans certains cas, même douloureux…

  5. On a vécu des siècles sans « défenseur des droits ». A l’heure des économies quand est-ce qu’on supprime ce machin qui doit coûter un pognon de dingue ?

  6. A quand des politiciens responsables qui protègent les enfants. On ne doit pas altérer physiquement les enfants. Donc pas de circoncisions, pas d’excisions, et surtout pas de stérilisations.
    Parce que les »changements de sexe » ne sont pas des changements de sexe, juste des stérilisations. Comme je le dis souvent, si on prend un taureau, qu’on lui enlève le penis et les testicules, même en lui arrangeant un pseudo vagin, même en lui mettant une jupette rose, ça devient un boeuf, pas une vache. Idem, un homme à qui on enlève le pénis et les testicules (je ne sais pas si on enlève aussi la prostate, j’en doute), à qui on construit un genre de vagin, que l’on bourre d’hormones pour lui faire pousser des seins n’aura jamais d’ovaires et ne sera jamais enceinte. Idem dans l’autre sens une femme à qui on enlève l’utérus et les ovaires, a qui on construit un genre de pénis ne produira jamais de spermatozoïdes, même si avec un traitement hormonal on pourra lui faire pousser une moustache. Et si on veut se faire stériliser, qu’on attende la majorité.

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