[REPORTAGE] Le barrage des éleveurs contre l’abattage des vaches saines
Depuis le début de l’été, la paysannerie des deux Savoies fait face à une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a conduit le ministère de l’Agriculture à mettre en place une stratégie d’abattage total des troupeaux.
Cette mesure ne recueille pas l’adhésion des agriculteurs, qui se déclarent terriblement affectés. Nous avons rencontré Armand et Pierre-Jean Duchêne, un père et son fils dont l’entièreté du troupeau a été éradiquée par l’État. C’était à Cessens, un lieu désormais surnommé la « vallée de la mort » par ses habitants, puisque les cloches des vaches n'y résonnent plus.

Un éleveur avec une cloche de vache abattue lors d'une manifestation - Photo Jean Bexon
Un barrage de troncs d'arbres
Craignant une généralisation de cette mesure, du mardi 26 au vendredi 29 août, des éleveurs de la confédération paysanne (CP) ont retardé un abattage prévu sur une exploitation de vaches à viande dans les alpages de Faverges-Seythenex (Haute-Savoie). Leur siège a tenu trois jours et quatre nuits.
Isolé du monde, au cœur de la forêt communale, un barrage de troncs d’arbres a été méticuleusement dressé. Un édifice qui a des airs de forteresse de Vauban, composé de trois chicanes placées en diagonale. « C’est le seul accès à l’exploitation. Aucun véhicule d’abattage ne peut passer », précise une sentinelle, qui positionne un des derniers rondins à l’aide d’une faux.
Au micro de BV, Noémie Lachenal, porte-parole du syndicat Confédération paysanne, justifie l’action de blocage : « Au vu de l’avancement de la vaccination, on veut obtenir un changement de stratégie de la ministre sur la DNC. Elle doit prendre en compte l’avis des paysans. »
« C’est complètement disproportionné, ça ne laisse pas de place aux vaches saines et immunisées », poursuit l’éleveuse.
« On est en pleine nature, on a dormi dans des tentes », précise Noémie, déterminée, avant de conclure : « L’abattage, ce n’est pas la fin de la maladie mais le début des ennuis pour nous, paysans. »
Même son de cloche pour Johan Moquet : « J’ai pas peur de la maladie, qui n’est pas transmissible à l’homme, mais de la gestion de la crise par l’État. Nous, nous sommes experts de nos animaux, on sait comment cela fonctionne. » Cet éleveur de bovins a amené des produits de son exploitation pour assurer l’intendance des troupes.

La solidarité agricole en action - Photo JB
Crise de confiance entre gouvernement et monde rural
« Ici, c’est de la tomme, là du bleu, et là, encore, de la tomme », décrit Johan, tout en montrant d’appétissants et volumineux fromages. Une table est posée sur deux tréteaux où se côtoient miches de pain, produits du terroir et vins de Savoie.
« On a la capacité de tenir un moment », affirme Johan, pragmatique. « C’est du circuit court, on se nourrit de ce qu’on produit, c’est le bon sens paysan », nous lance l’agriculteur, en quittant les lieux : « Je dois m’occuper de mes bêtes. »
Stature imposante, Marc Lachenal est présent, lui aussi, sur le barrage. Pour lui, il y a une crise de confiance entre le gouvernement et le monde rural. « Nous, on voit bien quand une vache est malade, on l’isole et, au pire, on la fout en l’air », déclare ce fils d’agriculteur, pour déplorer : « On n'est pas obligé de dézinguer tout le troupeau ! On est en train de faire beaucoup plus de mal que la maladie. »
Le siège a été tenu pendant trois jours et quatre nuits. « Les gendarmes sont passés tous les matins et constataient que ce n’était pas possible de franchir la route », explique Marc. « S’ils avaient essayé, je leur aurais gentiment dit de repartir », assure cette force de la nature.
Néanmoins, le vendredi matin, la famille qui gère l’exploitation visée par la mesure d’abattage a demandé à ce que le blocage soit levé. La Confédération paysanne a respecté ce choix, tout en y dénonçant la pression « forcenée du couple État/FNSEA ».
Dans un communiqué de presse, le syndicat assure : « Aujourd’hui, aucun bovin n’est malade, la seule vache qui avait des symptômes est guérie ! Le troupeau est immunisé contre la DNC. Il n’est plus contaminant, d’autant plus que tous les autres bovins à trois kilomètres à la ronde ont été abattus et qu’à dix kilomètres, ils sont tous vaccinés depuis plus d’un mois. »

Les éleveurs vent debout contre l'abattage - Photo JB
Face aux critiques des éleveurs contre l’abattage total des troupeaux touchés par la DNC, les autorités sanitaires et l’Ordre des vétérinaires rappellent que cette mesure, bien que douloureuse, reste indispensable. Selon l’ANSES et l’Organisation mondiale de la santé animale, la maladie, très contagieuse et transmise par des insectes, peut être portée par des animaux en apparence sains. L’abattage complet des foyers infectés, couplé à la vaccination et à des règles strictes de biosécurité, est donc présenté comme le seul moyen d’éviter une propagation généralisée et des pertes économiques bien plus lourdes pour toute la filière. « Difficile mais nécessaire », résume l’Ordre des vétérinaires, qui rejette toute alternative moins radicale, jugée inefficace, pour éradiquer rapidement le virus.
À ce jour, 1.500 vaches, principalement des abondances, ont été abattues.
En Haute-Savoie, à 1.000 mètres d’altitude, des agriculteurs ont mis en place un barrage pour empêcher l’abattage d’un troupeau de vaches.
Selon le ministère de l’Agriculture, l’abattage est la seule façon d’empêcher la propagation du virus de la DNC.Images : @jean_bexon pic.twitter.com/IcNDwIlrv6
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) August 28, 2025
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64 commentaires
Si les troupeaux sont vaccinés mais pourrait être des porteurs sains, à qui les moustiques vont-ils transmettre la maladie ?… En fait, comme d’habitude, que ce soit pour les humains ou pour les bêtes, la politique de la peur et du pire s’applique. Pour le Covid comme on ne pouvait pas (légalement) nous abattre on nous a enfermé. Pour les bêtes, même quand il n’y a pas ou plus de risque ce n’est pas grave, pour les petits hommes gris, on abat tout l’élevage. Que ce soient des bovins, des volailles, des porcs ou des ovins. Tout le monde y passe !
Tout s’écroule de partout à cause de ces fonctionnaires sans compétence. Je soutiens totalement les éleveurs et tout le milieu agricole. On trouve les mêmes ronds de cuir pour tuer les personnes âgées.
Ce qui pose problème c’est la position des vétérinaires sur laquelle s’appuient les pouvoirs publics ….(?)
Les éleveurs connaissent mieux leurs bêtes que les ronds-de-cuir sans compétence sur le terrain qui, de plus, sont endoctrinés. Il vaut mieux supprimer les décideurs de politiques stupides plutôt que les troupeaux d’éleveurs responsables.
Ils ont raison, c’est leur survie et je les soutiens
Ceux qui décident ces massacres et qui n’y connaissent rien , je fais bien plus confiance au bon sens paysan
Ces éleveurs vont être plus sanctionnés et traqués que les vrais délinquants , ça se passe comme ça en macronie
Nous devons les soutenir car nous sommes concernés, je ne veux pas bouffer des produits dont on ne sait rien OGM vaccins, antibios et j’en passe , non merci !!!
Sauver les éleveurs c’est nous sauver nous
Et ils s’attaquent aussi aux poulets
Quand il y a du fric en jeu, certains sont capables du pire, la preuve
Et pour le hallal bien plus dangereux comme abattage , on laisse faire !!!
Ceux qui œuvrent à faire disparaître les élevages des pays occidentaux sont les mêmes , qui souhaitent pour notre bien réduire la population mondiale à 500 millions d’individus . Bill Gates , un des principaux financiers de cette secte mondialiste l’assume en toute franchise .
Je l’avais déjà mentionné, et oui il veut réduire mais c’est à nous dont il s’en prend, pas aux pays aux forts taux de natalité …..
MFGA
Bill Gares, qu’il dégage s’il n’est pas content.
Quand j’arrive quelque part, et que je trouve qu’il y a trop de monde…
C’est moi qui pars…normal.
D’autres ,dont je ne dirai pas les noms, mais que tout le monde connaît,
trouvent qu’il y a trop de vieux et qu’il faut « mourir à un âge raisonnable »
Eux-mêmes ont plus de 80 balais…ils proposent l’euthanasie.
« Après vous messieurs !! «
Par contre en ce qui concerne les rats qui pullulent dans Paris … il ne faut surtout pas y toucher. Les fameuses autorités sanitaires et autres administrations regardent ailleurs.
Pourrait-on y voir l’application du « génocide » programmé par le WEF Sorosiens et ses followers (dont un certain Emmanuel), pendant que les élevages d’insectes « alimentaires » et leurs investisseurs s’impatientent…?
ils ont du reconnaitre certains des leurs …..
Alcofribas
Allons, ce ne sont pas des rats ( horreur!! ) mais des surmulots..
Dixit Hidalgo…BREF !!
Soutien à nos agriculteurs !
Je voudrais connaitre la compétence de ceux qui décident ?? Ont ils déjà vu une vache ??
Ils confondent les moutons et les chiens de berger! Vous connaissez l’histoire?…Hi Hi Hi
Maria William
En tout cas, au salon de l’Agriculture à Paris en 85 ou 86, j’ai vu un monsieur très chic, accompagné de sa petite fille, lui dire » tu vois , ma chérie, comme ils sont beaux ces moutons ! »
J’ai répondu.. » d’autant plus beaux ,que ce sont de chèvres »
Véridique ( il n’a pas eu l’air d’apprécier ! ).
Pauvre monde , comme disait ma grand-mère, qui était pleine de bon sens.
Donc ce sont les insectes qui apporte les maladies tuons tous les insectes pas les vaches car il n’y à que en France ou il y à des insectes pas dans d’autres pays ils respectent les frontières les insectes d’autres pays,NON ils veulent tuer tout ce qui touche aux éleveurs,et à la terre de France paysanne.
On a échappé a l’abatage des populations victimes du Covid mais nous sommes pas des animaux, par contre les vaches qui nous permettent une alimentation carnée bonne pour notre santé, pour madame Rousseau qui ne semble pas trop aimer les agriculteurs, l’abattage de 1.500 vaches ça doit aller dans le bon sens. ( aux élections un score de moins de 6% mais 100% écoutés par la Nupes )
Et bientôt l’abattage des… veaux?… Sauve qui peut!…
Si c’est ce que je pense cela pourrait être un bien en fait
Vous avez la mémoire courte, ils ont achevé nos anciens dans les EHPAD soit disant pas de place dans les hôpitaux quand méprisant supprimait des lits, alors on a sorti le rivotril
Et ce sont toujours les mêmes : des petits hommes gris, assis dans des bureaux obscurs, loin de la campagne, qui sont incapables de faire la différence entre une vache et une génisse, entre un bœuf et un taureau, qui viennent décider à la place de gens, professionnels, qui sont sur place, qui ont des années d’expérience. C’est une véritable dictature ! Vivement un gouvernement qui chasse tous ces charlots et les remplace par de vrais professionnels compétents. C’est comme cette Europe ou des fonctionnaires transparents savent mieux qu’un agriculteur de la Creuse s’il doit ou non tailler ses haies ou curer ses fossés. Et Macron le béat trouve ça génial, il est content de lui (il est bien le seul). Tout fout le camp, Police, Armée, Justice, Santé, Sécurité, Education Nationale, Affaires Étrangères, Finances… et lui, il pérore au milieu du champ de ruines qu’il a organisé.
Regardez! « C’est moi qui l’ai fait »…
Abattre le troupeau est stupide.
On doit bien sûr éliminer la ou les bêtes malades, et isoler et surveiller le reste du troupeau.
C’est du bon sens ce qui manque aux responsables sanitaire. Peut être adepte des écologistes en raison des émissions de Méthane rejeté.
Ça était la même expérience sur le cheptel humain avec le covid. Un malade du covid, allez, hop, tous les contacts, vaccin poison obligatoire !
Covid, ce n’est pas fini!… C’est comme les séries télévisées, il y a des « saisons » et des « épisodes » et… des nouveaux virus. Le spray nasal va remplacer les « picouses » pour les prochaines vaccinations!…
La volonté gouvernementale de détruire l’agriculture et l’élevage français est évidente.
Pour importer des produits dont on ne saura rien, eux si, et tout ça pour du fric
En Démocratie l’important est la réponse à la question : »Les Paysans, y votent comment? » Ils votent mal car ils vivent de leur travail et nous aussi . Alors peu importe leur mécontentement. Souvenez vous de la Vache Folle. L’importation directe de viandes de G.B. était interdite; alors des veaux d’engrais nous arrivaient par bateaux entiers d’Irlande, beaucoup plus que cette île pouvait fournir, 2 à 3 veaux par vache irlandaise. Quelle performance ! L’Elysée était complice .
« Vache folle ». Maladie de Creutzfeldt-Jakob. Cette maladie est liée au cannibalisme. Le fait de donner aux vaches des farines animales…Elles ne sont pas faites pour manger (d’autres vaches!) des aliments carnés. Voir l’histoire de l’île de Nazino (1933) L’île aux cannibales…
Jean Aymar.
C’est exact. Je travaillais dans une Banque, au service étranger, les importations de viande bovine d’Irlande étaient impressionnantes.
Au moment de Tchernobyl ,les certificats phytosanitaires n’étaient pas fournis pour les importations d’escargots d’Ukraine…
Un client auquel je disais ne pouvoir lui fournir les documents nécessaires pour le retrait des marchandises à l’aéroport, m’a dit
» bof, c’est rien, je vais passer par l’Italie , ils sont moins regardants.
C’est ça l’UE…
FREXIT et vite…avant le phase terminale.