Pub American Eagle : sous pression woke, Sydney Sweeney refuse de faire repentance

Derrière l’interview de GQ se cachait un interrogatoire où la suspecte était invitée à saisir la chance de se renier.
Capture d'écran © CG Youtube
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Cette semaine, l’actrice américaine Sydney Sweeney était l’invitée du Center of the Conversation, sur la chaîne YouTube du magazine de mode GQ. L’intervieweuse lui a offert sur un plateau de faire une repentance wokiste pour la publicité des jeans American Eagle, mais elle en a été pour ses frais.

Derrière la minauderie, le piège

Tout commence pourtant bien. Katherine Stoeffel minaude à l’américaine et Sydney Sweeney lui répond sur le même ton. Puis elle en vient à la polémique American Eagle, où la jeune femme vantait ses « bons gènes » - comprenez : ses bons jeans - et qui avait ému la gauche américaine, qui y voyait un moment de suprémacisme blanc. Stoeffel y vient doucereusement, par petites touches. Comment a-t-elle vécu que le président - elle ne prononcera pas son nom - ait tweeté sur la publicité en question ? « C’était surréaliste », répond l’actrice. « Mais n’avez-vous pas ressenti de la gratitude d’être soutenue en public par une personnalité politique ? », continue la journaliste. « Ce n'est pas que ce sentiment n'existait pas », répond Sweeney, avant de noyer le poisson : j’étais en tournage, je n’avais pas mon portable avec moi. Sweeney esquive.

Stoeffel n’entend pas quitter le sujet. Toujours louvoyante, périphrastique, la mimique sur le visage, elle demande à Sydney si elle ne veut pas commenter la publicité ? « La pub parle d’elle-même », rétorque l’actrice, visage fermé : elle a compris de quoi il retourne. « La critique du contenu, reprend Stoeffel, était, en gros - dans un climat politique bien particulier -, que des Blancs ne devraient pas plaisanter à propos de la supériorité génétique. Et puisque nous parlons de la publicité je voulais vous donner la chance de répondre à cela en particulier. » Paraphrasons : avoue, citoyen, soulage ta conscience, tu te sentiras mieux après. « Je pense que lorsqu’il y aura un sujet dont je voudrai parler, les gens m’entendront », répond l’actrice. L’intervieweuse n’y reviendra plus.

Anticonformisme et kick-boxing

Le 29 octobre dernier, au gala « Variety Power of Women » (Los Angeles), Sydney Sweeney portait une robe grise qui a affolé les photographes et les réseaux sociaux. Le gris évoque communément la tristesse, mais dans de telles transparences, et sur de telles formes, on ne pensait qu’à la beauté du monde. C’est d’ailleurs au sujet de son décolleté que Richard Hananiah avait proclamé la fin du wokisme. Cette semaine, c’est sa tranquille assurance qui fait le buzz. La jeune femme a traversé le champ de mines idéologiques avec un calme olympien.

Il ne s’agit pas de faire dire à l’actrice plus qu’elle n’en dit. Elle ne s’est pas déclarée pro-Trump. Mais dans ce monde « de la culture » où les acteurs courent au devant de la repentance avec une docilité dégoûtante, la résistance de Sydney Sweeney est significative. 28 ans, la tête sur les épaules, assumant d’être chrétienne, blanche et bien élevée, la jeune femme n’en est pas à sa première prise de position conservatrice. Disant qu’elle a « toujours rêvé d’être une jeune maman », elle ajoutait : « Je m’inquiète de la façon dont ce milieu [du cinéma] stigmatise les jeunes femmes qui ont des enfants et les perçoit différemment. » C’est du Yes Kids dans le texte…

Derrière l’interview de GQ se cachait un interrogatoire politique. Une comparution où le camp du bien offrait à la suspecte de se racheter en crachant sur Trump, en dénigrant la publicité American Eagle et ses propres jeans… ou gènes. Quand le wokisme règne, la moindre des choses est de s’excuser d’être blanc. La commissaire du peuple a tenté de faire trébucher la suspecte. Mais comme l’avait raconté plus tôt Sydney Sweeney dans l’interview, adolescente, elle a fait du sport de combat (kick-boxing et lutte), seule fille du club au milieu des garçons. On ne lui fait pas mordre la poussière si facilement.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Niveau B1 an anglais, j’ai réussi à capter une dizaine de mots sortants de la femme qui semble poser les questions, je dis qui semble car elle parle tout le temps. Quel accent aussi, ces Américains. Une dame francophone qui travaille dans une boite US et parle anglais, me dit qu’elle a difficile de comprendre ce qu’ils racontent quand elle est au Texas pour sa boite.

  2. Quand la majorité se couche devant les Khmers wokistes, certains restent debout et contre-attaquent. Bravo Sweeney ! Il ne tient qu’à nous de l’imiter.

  3. N’y aurait il que les femmes pour oser résister? Un grand bravo à toutes celles qui osent affirmer ce qu’elles voient et dénoncent la triste réalité. Chapeau mesdames. Qu’attendent maintenant les hommes pour s’affirmer?

  4. Je n’ai toujours pas compris en quoi cette pub était anti-woke… Je crois surtout que tout cela est organisé par la marque de jeans pour qu’on parle d’elle.

  5. Ne plus faire de concessions aux wokistes, ils s’en repaissent. Osons leur dire ce que l’on pense de leurs divagations.

  6. Les gauchistes sont tellement tordus, pervers et dénaturés, qu’ils voient le mal partout. Ils sont tellement vicelards que nous les patriotes, bons vivants et naturels avons du mal à comprendre leur perversité. Je n’aurais qu’une chose à leur dire, soyez naturel, arrêtez d’être vicieux pour tout, soyez vous même et vous vivrez mieux.

  7. La repentance est une spécialité française, elle ne sait heureusement pas ce que c’est et ce qu’il en découle

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