Procès de Romans : pour la mère de Julien Vinson, « en 2027, il faudra que ça change »
Trente ans de réclusion criminelle, assortis de vingt ans de sûreté, c’est la peine prononcée, ce vendredi 7 novembre, par la cour d’assises de Paris à l’encontre d’Abdallah Osman Ahmed. Ce Soudanais de 38 ans, arrivé en France en 2016 sous un faux statut de réfugié, a été reconnu coupable d’assassinats et de tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, pour avoir tué deux personnes et blessé cinq autres à Romans-sur-Isère, le 4 avril 2020. S’il encourait la réclusion criminelle à perpétuité pour le caractère terroriste de ses crimes, sa peine a été allégée en raison de l’altération de son discernement, établie par les experts psychiatres et reconnue par le tribunal.
« Je vis un calvaire, l’horreur »
« J’ai un peu pleuré, comme chaque jour… mais c’est ma vie, maintenant », confie-t-elle, au lendemain du verdict, d’une voix marquée par la douleur et la fatigue. Comme beaucoup d’autres victimes qui en avaient fait la demande à la cour, Évelyne Reybert espérait la peine maximale pour l'islamiste qui a massacré son fils de vingt-deux coups de couteau, ce 4 avril 2020. Alors qu’il sortait de chez lui, Julien Vinson, quarante-quatre ans, a été poignardé sous les yeux de son fils de treize ans, et il est mort sous ceux de sa mère. Son père, accablé de chagrin, finira par le suivre. Pour Évelyne Reybert, ce jour-là, le meurtrier n’a pas fait deux morts mais quatre, dit-elle, en pensant à Jean-François Santiago, grièvement blessé mais rescapé de l’attaque, qui a été emporté par la maladie à l’été 2025 après avoir sombré dans une sévère dépression. Aux yeux de cette femme qui a presque tout perdu, cette peine n’est tout simplement « pas assez ».
Depuis cinq ans, Évelyne Reybert vit « un calvaire ». Le mot n’est pas trop fort, pour celle qui répète que « le chagrin et la douleur seront toujours là, jusqu’à la fin » et que « Julien, dont elle vit avec la mort, est avec [elle] du matin jusqu’au soir ». Ce qui la maintient debout, ce sont les siens, et particulièrement son fils et son petit-fils. « Je tiens pour eux, sinon, je ne serais plus là depuis longtemps », confie-t-elle.
À ce sujet — « Il faisait sa chahada » : retour sur l’interpellation du terroriste de Romans-sur-Isère
De la douleur à l’engagement
Alors, pour combler ce vide, ce manque immense, Évelyne Reybert n’a pas attendu la Justice française pour la rendre elle-même à Julien. À sa manière. Celle qui affirmait encore à la barre du tribunal, le 4 novembre dernier, ne faire que « survivre » montre pourtant l’image d’une combattante, fragilisée mais bien vivante. Pour que la disparition de son enfant ne le fasse pas tomber dans l’oubli, et pour que la France tire les leçons de la mort de ce fils sacrifié sur l’autel d’un vivre ensemble dont on est trop las de prononcer le nom, elle s’est engagée, en mars 2022, aux côtés d’Éric Zemmour, dès sa campagne présidentielle.
« Moi, je pense qu’avec Éric Zemmour, tout serait différent. Il faut vraiment qu’il passe, parce que la France devient vraiment une poubelle », avait-elle déclaré, place du Trocadéro, sous les applaudissements de plus de 50.000 personnes. C’est parce que la colère l’empêche de se taire qu’elle continuera de se battre « jusqu’à la fin », dit-elle, pour dénoncer les causes de la mort de son enfant. « C’est tous les jours, on passe d’un procès à l’autre. La semaine d’avant, c’était la petite Lola. La semaine d’après, je ne sais pas ce que ce sera. » Pour elle, celui de Romans-sur-Isère restera « l’attentat oublié ». Comme si, depuis cinq ans, rien n’avait changé. Pourtant, quelque chose s’éveille : ces mères qui, comme Évelyne, refusent désormais de se taire.
« Il faut que ça change du tout au tout »
En septembre 2025, la maman de Philippine s’indignait, en témoignant de son « anéantissement » face à la censure de la loi Marleix par le Conseil constitutionnel, loi qui visait à prolonger la rétention des étrangers dangereux. « Comment des hommes et des femmes peuvent-ils prendre le risque que nos jeunes soient assassinés ? » Dans un article du Point datant du 6 novembre, la mère d’Elias, tué en janvier 2025 par deux mineurs multirécidivistes, dénonçait à son tour les manquements de la Justice qui ont permis à ces deux jeunes de croiser la route de son fils. Et Patricia Perez, la maman d’Adrien, tué devant une boîte de nuit par Yanis et Younès El Habib, s’interrogeait, sur CNews, encore, ce 5 novembre : « Quelle humanité nous offre la Justice à nous, les victimes ? [...] Une justice faite pour les hors-la-loi... »
Ces mères, debout dans leur douleur, font résonner quelque chose. « J’espère », répond humblement Évelyne Reybert. Et leur colère, née de cette douleur, devra réveiller les consciences des Français, car elle les oblige. « On a été des familles entières impactées par cet attentat », insiste-t-elle, avant d'ajouter qu'en 2027, « il faudra que ça change du tout au tout ».
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34 commentaires
Ma pauvre dame, si vous comptez sur les Français pour que ça change, vous feriez aussi bien de compter sur vos doigts!
« Réveiller les consciences » est il écrit, car vous croyez que les consciences sont endormies ? et alors que faut il faire ? j’ai déjà demandé des manifestations d’ampleur pour ces pères et mères qui perdent leur enfant , même à Bd Voltaire , et que me répond t on ? manifestation avec des grands portraits de ces jeunes tués on ne sait même pas pourquoi ! je pense tous les jours à vous, mais que faut il faire ??? ; quand on pense que le président dont nous sommes affublé est juste capable de faire des commémorations mais de ne jamais parler de ces nombreux jeunes en insécurité !
‹‹En 2027, il faudra que ça change››. Ça fait longtemps que ça aurait du changer. On appelle ça un voeux pieux. Si on avait écouté Jean-Marie Le Pen dans les années 80 on en serait pas là aujourd’hui, mais l’homo festivus français était occupé ailleurs. Maintenant, pour changer les choses, il faudra des mesures extrêmes que personne n’osera prendre.
Tout à fait de cet avis c’est en 1980 qu’il fallait bouger et ne jamais laisser passer le mytheux en 1981.
S’il y a perte du discernement, raison de plus pour qu’il finisse en prison jusqu’au tombeau.
En 2027, ou avant, c’est la rue qui décodera. Le scrutin sera annnulé.
Je pense qu’il faut qu’un collectif des familles de victimes se constitue. Sur les toutes dernières années, Il y en a au moins 15. Victimes du laxisme et du déni, du manque de responsabilité de notre justice etc. Ce n’est que c’est comme cela qu’on mettra fin à ces horreurs qui déshonorent notre Pays. Les dénoncer individuellement sur une chaîne responsable n’est pas suffisant. Il faut mobiliser l’ensemble des Français puisque nos politiques – à des rares exceptions près, ne le font guère.
beaucoup de ses familles font appel à l’Institut pour la Justice, peut être faut il voir avec lui ce que désire ces familles …Nous devons faire des liens, comme cette famille à Rouen dont les enfants ont été tués par un rwandais et qui a fait un procès contre l’Etat, en vain …voir pourquoi, les tenants et aboutissants ..
Il a fallu cinq ans et demi pour instruire cette affaire.
Avec ce résultat, et sous la bénédiction des » experts « .
J’aime bien les experts. Vous en prenez cinq, vous obtenez cinq analyses différentes… et en plus vous n’arrivez plus à trouver la sortie..
Elle est pas belle la vie.
A pleurer !!
La peine de mort n’a jamais disparu. Elle a simplement mais dramatiquement changé de sens. La mort pour les victimes, les explications et la compassion pour les tueurs.
Exact ! Badinter a fait plus de mal à notre pays que les deux dernières guerres réunies. C’est sans doute pour cela qu’il est au Panthéon ?
Après le Conseil Constitutionnel, le Conseil d’Etat, et plein d’autres, voilà que les socialistes préemptent le Panthéon. Peut-être aurons nous une porteuse de valise bientôt dans cet édifice “Aux grands Homme, …“
exactement, et ils l’ont bien compris!!
Les victimes commencent à se rebeller… La gauche va fulminer : « Si on ne peut plus égorger les moutons tranquillement sans qu’ils se mettent à bêler et dénoncer leurs bouchers », où va-t-on ? Il faut faire taire ces racistes qui ne comprennent pas que certains migrants on besoin de s’exprimer… Il en faut plus, ce sont des chances pour la France !