Pride interdite : les députés français défient encore la loi de Viktor Orbán

Après les pilules abortives de Panot et Aubry à Varsovie, Hayer défie la Hongrie avec la Pride interdite.
©Aliénor de Pompignan
©Aliénor de Pompignan

Nos députés n’ont peur de rien. Ni d’abuser des coups de communication, ni d’enfreindre pour cela les lois de nos voisins européens. C’est ce qu’annonce vouloir faire l’eurodéputée Renew Europe Valérie Hayer, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux : elle participera à la Marche des fiertés de Budapest, prévue ce 28 juin, et elle ne sera pas seule. Plusieurs dizaines d’eurodéputés sont attendus à ses côtés pour défier ouvertement le gouvernement hongrois... qui a pourtant interdit ce rassemblement.

Une marche sous interdiction

La loi en question, adoptée au printemps, vise à interdire les manifestations publiques « susceptibles d’exposer les mineurs à des contenus à caractère sexuel », une mesure revendiquée par le Premier ministre Viktor Orbán au nom de la protection de l’enfance. « La situation juridique est claire, la Pride est un rassemblement interdit par la loi », a rappelé sobrement le ministre de la Justice Bence Tuzson, ce mercredi 25 juin.

Peu importe, pour Valérie Hayer, qui se veut en pointe du combat « contre la haine ». Participer à cette Pride, dit-elle, serait un « acte de résistance » contre un gouvernement accusé de « persécuter les communautés LGBTQI+ ». Elle se dit « fière » de marcher contre Viktor Orbán, mais aussi contre ceux qu’elle associe à son nom : « Jordan Bardella et Marine Le Pen », accusés d’« empêcher chacun d’aimer qui il veut ».

La présidente du groupe Renew va même jusqu’à menacer Budapest d’un chantage financier à peine voilé : « Être membre de l’Union européenne ne se fait pas à la carte. S’il veut recevoir ne serait-ce qu’un euro de financement européen, il doit respecter les valeurs fondamentales de l’Union. »

Des propos dans la droite ligne de ceux d’Ursula von der Leyen, qui a elle aussi apporté son soutien aux manifestants LGBT, appelant le gouvernement hongrois à légaliser la parade. Une prise de position sèchement recadrée par Viktor Orbán, qui a demandé « instamment à la Commission européenne de s'abstenir d'interférer dans les affaires de maintien de l'ordre des États membres ».

Les dindons de la farce

Reste la question que beaucoup se posent : que viennent promouvoir ces eurodéputés à Budapest ? « Quelque chose d’aussi banal pour nous dans beaucoup de pays européens », affirme Valérie Hayer. Banal ? Il suffit d’avoir vu les images des Marches des fiertés organisées en France – hommes en lingerie, mises en scène sadomasochistes, semi-nudité et slogans à caractère sexuel – pour s’interroger sur la normalisation d’un tel spectacle. Et, surtout, sur le sens d’y faire participer des enfants.

Ce n’est pas une première. En mars dernier, Manon Aubry et Mathilde Panot s’étaient déjà mises en scène à Varsovie, distribuant des pilules abortives en pleine rue, malgré la législation polonaise extrêmement restrictive. L’insoumise a récidivé à l’occasion de la Pride, publiant cette fois un visuel enfantin sur ses réseaux sociaux annonçant sa participation à l'événement, « parce que l’Internationale réactionnaire européenne ne pourra jamais interdire nos fiertés », a-t-elle déclaré.

La mise en scène militante ne se limite plus aux élus, puisque trente-trois ambassades, dont celle de la France, ont signé un communiqué commun pour témoigner leur soutien aux personnes LGBT de Hongrie et du monde.

Mais à force de jouer les contestataires professionnels sur le sol d’États souverains, certains eurodéputés finissent par franchir une ligne. En s’arrogeant le droit de piétiner les lois d’un pays membre, au nom d’une cause qu’ils jugent supérieure, ils ne défendent plus des valeurs : ils les imposent. Ce n’est plus seulement l’autorité d’un gouvernement qu’ils défient, mais celle d’un peuple à décider pour lui-même de ce qui doit régir sa vie collective.

Vos commentaires

69 commentaires

  1. Quel courage ! Sachant que Orban ne peut pas traiter des députés francais comme les Hongrois lambda! Qu’elles aillent manifester contre les pendaisons en Iran!

  2. Les députés Renew et LFI devraient monter un cirque ambulant et sillonner les routes européennes . Une représentation chaque soir permettra aux populations locales , de mieux comprendre leur intélect hors sol.

  3. Ces démocrates « à la petite semelle » pour employer le français créole revendiqué par LFI, devraient pousser leur engagement jusqu’au bout. Non seulement en allant manifester en Iran, au Nigeria, au Pakistan, en Chine, mais surtout en réclamant l’arrêt de l’aide au développement pour les pays qui ne respectent pas les minorités LGBTQUIXYZETC. Cela nous ferait économiser 15 milliards d’euros… Enfin ces gens-là seraient-ils utiles pour la France.

  4. La marche des fiertés en France s’oppose a ce qu’une association d’homosexuels qui se revendiquent de droite y participe.
    Elles en pensent quoi nos féministes a 2 sous ? Hayer et consorts.

  5. Mais regardez mois ces antidémocrates… 
    Ces gens ne respectent ni les autres nations, ni leurs lois, ni leurs choix démocratiques.
    Et ils osent venir faire à la leçon à tout le monde.
    Les autres peuples sont souverains, bande de totalitaires !!!

  6. Ces ignobles LGPTHGVP+ se croient représentants et militants du « monde gay » – celui qui se ridiculise et se roule dans la fange ! Ils se croient représentatifs, mais de quoi et de qui ? J’ai un compagnon et tout ce cirque est à vomir ! Des jeunes embarqués, des musculeux aux amphétamines, le tout à poil et dansant… Une honte ! Ils sont perdus sans le comprendre. Ils imaginent sans doute qu’être homosexuel c’est être une « tata » en cuir, pour boîte à chochotes. Non les m’sieurs-dames !! Il fut un temps où j’en ricanais – plus maintenant. La société s’effondre…

    • Il est évident que l’on doit protéger les enfants de tels spectacles qui ne peuvent que les traumatiser. Laissons les grandir en préservant leur innocence. Il en est de même du projet EVARS qui se mettra en place à la rentrée prochaine. Et puis, à quand une hétéropride, érotique, ce qui serait un moindre mal, ou carrément pornographique. On ne peut pas s’étonner de la montée des problèmes psychiatriques chez les enfants, puisque la société ne les protège pas face à des faits qu’ils ne devraient pas voir.

    • Bravo Monsieur, pour votre témoignage. Mes enfants ont eu l’occasion d’inviter chez moi des amis homosexuel. A cette époque là, il n’y avait pas autant de tapage autour de ces questions, et tout le monde s’appréciait en tant que prochain. Je crois que tout allait mieux lorsque tout le monde restait discret. On le savait, mais on ne se permettait pas d’émettre une opinion.

  7. Vraiment pas de quoi pavoiser quand on voit à quoi ressemblent les « fiertés »…: des dragqueens maquillées comme des voitures volées en sous vêtements !! Je connais pas mal d’homosexuels qui ont honte de voir ca

    • C’est tellement vrai, ils ne représentent qu’eux mêmes, bien de gays et lesbiennes ne se reconnaissent pas dans ce « cirque »

  8. Que dirait-on en France si des députés hongrois venaient manifester chez nous contre notre laisser aller judiciaire…?

Commentaires fermés.

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