[POINT DE VUE] Pour lutter contre la crise, le gouvernement crée… un observatoire de la crise !

On est impatient de savoir ce qu’observera cet observatoire.
Capture d'écran X-LCP
Capture d'écran X-LCP

Tandis que le détroit d’Ormuz serait sur le point d’être libéré par les Iraniens pour laisser un passage aux navires considérés comme « non hostiles », tandis que les négociations entre l’administration Trump et le régime de Téhéran se poursuivent (ou ne se poursuivent pas…), la crise commence à se faire sentir de plus en plus sérieusement, sur notre sol. Mécaniquement, l’essence va augmenter dans des proportions significatives. L’impact du ralentissement du flux des marchandises va, lui aussi, devenir de plus en plus visible. Dans ce contexte, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a parlé, voici quelques jours, de « choc pétrolier ». Le mot était peut-être trop juste : il s’est empressé de le retirer, probablement pour ne pas faire peur. Mais il avait tout de même plus d’un tour dans son sac. La preuve par la dernière séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale…

Interrogé par le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy au sujet de l’opacité de la communication gouvernementale, le ministre ne s’est pas démonté. Il avait tout prévu. « Nous n’avons rien à cacher », a-t-il solennellement commencé. De fait, il avait déjà, sans doute en concertation avec une équipe d’experts de haut niveau, prévu une parade « à la hauteur des enjeux », comme on dit en politique. Jugez plutôt : le gouvernement Lecornu, pour mesurer les effets de la crise, va créer… un observatoire de la crise. Elle est pas mal, celle-là !

« Notre système à bout de souffle se caricature lui-même »

Ainsi donc, alors que le budget de l’État est dans une situation de déficit catastrophique, alors que les Français ont du mal à finir le mois, et parfois même à le commencer, alors que beaucoup hésitent entre un plein de courses et un plein d’essence, il reste encore de l’argent magique pour financer un aréopage de commentateurs surdiplômés qui seront chargés, comme dans Le Malade imaginaire, non pas de sauver le malade mais d’expliquer après coup comment on aurait pu l’empêcher de mourir. Comme l’a très justement remarqué Me Thibault de Montbrial, « notre système à bout de souffle se caricature lui-même ». C’est exactement l’impression que cela donne. On reproche à l’administration française d’être obèse, inutile et de faire pleuvoir des subventions imméritées sur une pléiade d’officines inutiles. Alors, pourquoi ne pas en créer encore une autre ? C’est vrai, ça, il ne faudrait pas qu’on perde les bonnes habitudes.

On est impatient de savoir ce qu’observera cet observatoire. On a hâte de lire la liste des mesures correctives qu’il proposera pour régler, dans la théorie, une situation dont le gouvernement est pour partie responsable et qu’il se refuse à régler en prenant des mesures concrètes pour cesser de perdre de l’argent, comme la baisse de la TICPE, la privatisation de l’audiovisuel public, la fin de la CMU, l’arrêt des subventions aux associations, la fin du renflouage des titres de presse déficitaires, la fin de l’immigration clandestine… entre mille autres idées.

Il va falloir à ce nouveau comité Théodule un président, un conseil scientifique, des locaux, des fonds. Ce n’est pas cher : c’est nous qui allons le payer. La crise, ainsi, sera bien documentée, un peu comme si un ingénieur naval était chargé, depuis le pont supérieur, de commenter l’enfoncement progressif du Titanic. Oui, il est peut-être temps d’arrêter les frais. Oui, les gens ordinaires en ont ras le bol de voir ce que deviennent leurs impôts. Avec la moitié de leurs revenus, injustement confisquée par un État parasite, ils pourraient faire le plein de leur voiture, vivre décemment, retrouver espoir. Ce n’est pas du populisme : c’est du bon sens. On pourrait - tenez - créer un observatoire du bon sens. Il aurait probablement un peu de travail.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

111 commentaires

  1. vraiment nous avons à faire à des idiots tout les jours c’est des dépenses pour rien toujours des personnes payés pour rien un gouvernement d’incompétents ,il est urgent de virer tout ces personnes qui ne servent à rien vivement les présidentiel que nous virons tout ces bons à rien.

  2. Article très pertinent, très juste, là nous atteignons le sommet de l’imbécilité encore une preuve que ces gens sont totalement hors sol et ça devient plus qu’ inquiétant, bon nombre de français vont avoir beaucoup de mal à boucler les fins de mois. Le pire aucune opposition de la part des politiques sensés représenter la classe laborieuse, ces politicards pleurent leur voix au moment des élections après débrouillez vous, honte à eux, sans parler des médias aux ordres. Evidemment ils savent fort bien que plus personne n’ osera descendre dans la rue au risque de se faire casser la figure.

    • Concernant les fossoyeurs et le camp des patriotes,j’entendais ces jours ci Pascal Praud évoquer cette fameuse Droite,pour prétendre qu’elle incluait E Philippe,dont on sait qu’il a favorisé un vote communiste dans son secteur.Dans ces conditions ( signées Canon) ,devant une telle incongruité,on comprend mieux pour quelles raisons cette fameuse Droite ne peut pas se rassembler.La chose se complique encore avec un certain parti,au plus haut dans les sondages,qui nous dit qu’il n’est ni de droite,ni de gauche.Notons que tous se disent gaullistes,bien que pour ceux qui onttenu les manettes,ils n’aient cessé de le trahir,à travers les partis qui se partagent le pouvoir depuis 50 ans .De Gaulle était clairement nationaliste.De nos jours,c’est très mal vu.Pire,c’est même combatu !

  3. Bonjour Messieurs les observateurs, quelles sont les observations que vous observez de votre observatoire ? Une phrase pour rien.
    C’est curieux chez les macronistes ce besoin de faire des phrases et de créer des machins pour rien…

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