[POINT DE VUE] Note de la France dégradée : une sanction de la Macronie prévisible

Le nouveau Premier ministre ne pourra qu'aggraver un fiscalisme qui décourage déjà les initiatives individuelles.
By Shashank457 - Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76260843
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L'agence Fitch a donc, une fois de plus, dégradé la note de la France en tant qu'emprunteur souverain de AA- ou A+. Mais il s'agit là d'une sanction tout à fait prévisible, qui reflète notre discrédit financier.

Une notation très rationnelle

Les agences de notation sont des entreprises comme les autres. Elles vendent à leurs clients des informations sur la sécurité de leurs placements lorsqu'ils achètent de la dette de tel ou tel emprunteur, qu'il s'agisse d'une entreprise ou d'un État. Or, les prêteurs, comme tout agent économique, éprouvent une aversion vis-à-vis du risque.
S'agissant de la dette, le risque principal est celui de la défaillance. Un emprunteur souverain, mis à part la Russie en 1919, ne répudie jamais totalement sa dette et se garde bien de se déclarer en faillite ; car il se ferme alors durablement tout accès ultérieur aux marchés financiers.
Le véritable risque est celui d'un incident de paiement du fait d'une insolvabilité temporaire. En pareil cas, le FMI préconise une purge ; moyennant quoi, l’État défaillant se voit accorder un prêt consolidé, à plus long terme et à des conditions souvent moins favorables : les prêteurs initiaux y laissent généralement des plumes.
Dans le cas de la France, le risque-pays se résume donc à l'éventualité du différé d'un paiement d’intérêts ou de remboursement de notre dette publique ; et ce, à moyen ou à long terme sur la durée de nos emprunts obligataires qui peut aller jusqu'à dix ou trente ans.
La dégradation de notre « rating » revêt donc une signification claire : il existe une probabilité croissante que la République française rencontre, à moyen terme, des difficultés financières majeures, car les intérêts de sa dette absorberont une part insupportable de ses ressources budgétaires.

Le discrédit de la Macronie

Si les analystes financiers attribuent à la France un risque-pays de plus en plus élevé, c'est parce qu’ils ne croient plus nos gouvernants capables de résorber notre déficit budgétaire : notre dette publique va donc continuer à croître, et ce, avec des coûts de plus en plus élevés du fait de la prime de risque.
Pour sortir de cette spirale infernale, selon le Cercle national des économistes, il eût fallu à l’État dépensier une purge budgétaire visant à enrayer notre déficit primaire hors dette, soit la bagatelle de 90 milliards d'euros par an (en suppression de dépenses et/ou en augmentation d’impôts).
Le gouvernement Bayrou en était très loin, avec une diminution réelle du déficit de 24 milliards, année sur année. À partir du moment où le nouveau Premier ministre se prépare à lâcher la bride sur le terrain des retraites, il ne pourra atteindre les objectifs (trop modestes) du gouvernement Bayrou qu'en aggravant un fiscalisme qui décourage d'ores et déjà les initiatives individuelles.
Reste à examiner, dans les prochaines semaines, quelle sera la hausse des rendements obligataires exigés par les prêteurs souscrivant à de la dette française.

Picture of Pr Jean-Richard Sulzer
Pr Jean-Richard Sulzer
Agrégé des Facultés de l'Université Paris Dauphine. Président du Cercle national des économistes

Vos commentaires

82 commentaires

  1. comme dans la pub le gamin de 12 ans reçoit une carte de crédit on a fait pareil avec macron avec la france voila le résultat

  2. Notre ancien ministre de l’économie, qui a tout de même sévi pendant cinq longues années, est il devenu muet ou prépare t’il un nouveau chef d’œuvre de littérature ?

  3. Les agences de notations sont extraordinaires.Elles choisissent celui qui va répondre à leurs attentes et lorsqu’il a réussi, vient sanctionner son travail. En fait, la finance a bien réussi son coup, la France devait être ruinée, bravo, c’est fait.

  4. Macron a peut-être été sanctionné, mais le prix de cette sanction ce sont les Français qui devront le payer! Mac(Né)ron lui s’en sortira, malheureusement, sans dommage! A moins que quelqu’un lui demandera un jour des comptes pour son action cataclysmique pendant son passage à l’Elysée. Madoff a écopé de plus de 100 ans de prison pour avoir volé des épargnants. Macron pour l’ensemble de son « oeuvre » destructrice devrait prendre 1000 ans! Avec une telle sentence, malgré des remises de peine en pagaille il passerait quand même quelque temps au trou! J’igore qui l’a dit, mais je pense que c’est vrai; « Il y a deux moyens pour asservir un peuple, soit par les armes, soit par la dette »! Macron aura réussi, ils nous asservi par la dette. Le, comble, c’est qu’il s’obstine à vouloir faire la guerre à la Russie… Incapable d’assurer la sécurité publique l’ancien de Rotschild veut assuré la sécurité de l’Ukraine! A quoi on penser ceux qui ont mis un bulletin Macron dans l’enveloppe? A quoi on penser ceux qui ont cru bon de « faire barrage »?

  5. À ce rythme là nous allons bientôt égaler le triste record de la Grèce, grâce au Mozart de la Finance, j’ai nommé Emmanuel Macron….

  6. L’UE devait apporter la prospérité : on s’endette et on passe de AAA à A et Lecornu négocie avec les socialos et le RN pour s’endetter encore plus… L’UE devait apporter la paix : on ne parle plus que de guerre contre la Russie et voyant que les sanctions se retournent contre nous, l’ensemble de l’échiquier politique dit qu’il faut plus de sanctions…avant d’y envoyer des hommes. L’UE nous a dit il faut se vacciner contre le covid ; or en 2021, plus la population se vaccine plus les cas de covid explosent et on nous explique qu’il faut encore plus se vacciner (en 2020 il n’y avait pas d’injection et il y avait moins de cas de covid et moins de décès). On nous dit l’UE c’est la liberté : la censure contre la haine ; c’est à dire contre les idées différentes que celles de la bienpensance, touche la sphère médiatique non subventionnée et encore libre. En fait, la liberté ce sont les réseaux dit sociaux non subventionnés contre lesquels l’UE s’acharne. On nous dit qu’on va cramer et qu’il faut acheter des voitures électriques et payer très cher l’énergie pour sauver Gaiai. Gaia a bon dos. Ils veulent nous contrôler et nous faire obéir. Tout ça est présenté au nom du Bien et la masse suit. Dire qu’il faut réformer l’UE c’est la soutenir car le système n’a aucune envie de perdre son pouvoir. Les réactions des français (retour à la retraite à 62/6 ans, aider l’Ukraine, lutter contre le carbone…) contre le système ne fait en fait que le soutenir. Les français ne veulent pas se sauver. C’est cela le constat.

    • Mon père, Dieu ait son âme, me disait qu’enfant il gardait les volailles dans la ferme familiale. Il m’expliquait qu’il avait une perche avec un chiffon noué à l’extrémité. Quand il agitait le chiffon à gauche, les volailles allaient à droite, qu’il l’agitait à droite, les volatiles allaient à gauche. Quelqu’un à dit que les Français étaient des veaux … mais ils se comportent comme des dindes !

  7. Intéressant cette situation. Imaginons qu’un médecin qui reçoit son patient lui annonce qu’il faut lui couper la jambe. Le patient refuse tout net. Le même patient consulte quelques jours plus tard le même médecin qui lui dit la même chose, mais rajoute en plus que si l’amputation n’est pas réalisée en urgence, dans 48 heures tout au plus c’est le décès assuré. Le patient va accepter l’intervention et se résigner à perdre un membre. Petit à petit, nous y arrivons, on a eu l’épisode Bayrou qui annonçait déjà la couleur et nous avons maintenant l’épisode Lecornu qui annonce la « rupture » pour ne pas dire l’amputation. De quelle rupture peut-il s’agir ? Appliquer le programme de Reconquête ? J’en doute ! On va probablement s’intéresser aux quelques 6000 milliards d’épargne des Français (tout confondu), car si la France est le pays le plus taxé, il est également un des pays les plus épargnants. Il y également les fameux retraités et bien sûr les salariés qu’on va pouvoir taxer d’une façon ou d’une autre, les idées ne manquent pas à Bercy pour nous faire les poches avec le sourire et en nous expliquant que les salaires augmentent, l’inflation recule et les impôts diminuent. Ne vous inquiétez pas, c’est déjà dans les tuyaux. Le pire, c’est que cette manne sera immédiatement dépensée, gaspillée, volatilisée, évaporée, dilapidée, atomisée, anéantie, sans apporter le moindre élément de solution au problème de la dette. Notre pognon leur brûle les doigts, ils sont incorrigibles, mais c’est pour ça que les Français (une majorité en tout cas) votent pour eux.

  8. La pratique des caisses vides est une volonté politique de la macro-nie sadique . La France ne pourra pas prendre son indépendance … On la condamne volontairement

  9. Que repondriez vous à un ami larmoyant qui se plaindrait d être à découvert parce que tous les mois il achète un I Mac pro ( 5000 euro minimum) alors que son salaire plafonne à 1700 euro ?
    PS : le I Mac c’est notre immigration.

    • Qu’il devrait piocher dans l’épargne du voisin qui bosse 60 heures par semaine, parce que ce n’est pas normal de gagner plus quand on travaille plus. En gros, c’est la politique de la France depuis quelques décennies.

  10. La faillite est déjà « installée » depuis très longtemps ! …
    Pour l’instant, cette faillite est encore « acceptée » sans trop de conflits par les « Nicolas » alors les organismes restent avec un « A » présent ! …
    Dans peu de temps il faut que « ça » change de façon radicale car ce « mondialisme » ne peut pas durer à outrance …
    Une métaphore facile à comprendre :
    Quand vous avez une poule, vous ne pouvez pas « nourrir » toute la ville …
    Il « suffit » que la poule soit « volée » et mangée toute la filière « poule » est détruite ! …

  11. La dernière exclamation de ce méga nul d’Eric Lombard en voyant comment ces méchantes agence de notation ont apprécié son « travail » : Fitch Diantre !

  12. On y court, on y vole vers l’abîme. Et en Macronie, c’est à celui qui trouvera le chemin le plus court pour y arriver. Pendant ce temps-là le trou de la dette se creuse. La pelle devient donc un outil indispensable pour les adeptes du « quoi qu’il en coûte ».

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