[POINT DE VUE] Braqueurs du Louvre : le casse du siècle serait donc une mauvaise série B
Les braqueurs du Louvre auraient donc été quatre, comme les malandrins dans Babar et les quatre voleurs. On vient en effet d’arrêter deux suspects. Le premier, épinglé à Roissy, était en partance pour l’Algérie. Le second, pincé en Seine-Saint-Denis, en partance pour le Mali. Ne nous emballons pas : il s'agit de suspects, supposés innocents, etc. Dans un communiqué, la procureur de Paris, Laure Beccuau, confirme seulement « que les enquêteurs de la BRB (brigade de répression du banditisme) » ont « procédé à des interpellations dans la soirée [de] samedi ». Elle ajoute que la révélation de ces interpellations « ne peut que nuire aux efforts d'investigation de la centaine d'enquêteurs mobilisés, dans la recherche tant des bijoux volés que de l'ensemble des malfaiteurs ».
Selon Le Point, les suspects seraient « originaires » de Seine-Saint-Denis et « connus des services de police », selon la formule consacrée. Rien que de très banal dans la série « Un jour en France ». Cela dit, à mesure que les détails de ce cambriolage spectaculaire sont connus, on s’aperçoit qu’on était loin du « haut du spectre du grand banditisme » dont parlaient les chaînes d’info ou d’un « nouveau type de criminalité », pour reprendre les mots de Rachida Dati, dimanche dernier.
L'un des auteurs présumés connu pour une série de braquages
En effet, les braqueurs ont laissé sur place leur disqueuse, leurs gilets, leurs casques de moto, mais aussi leur monte-charge - un monte-charge qu’ils avaient volé, semble-t-il, à un brave homme du Val-d’Oise qui le mettait en vente sur leboncoin. Ils ont laissé tomber par terre la couronne de l’impératrice Eugénie. La police a retrouvé de nombreuses traces d’ADN sur place et n’a sans doute pas eu grand mal à remonter jusqu’à ces deux individus, d'autant que l’un des deux serait connu de la police pour une série de braquages. Les enquêteurs évoquent, par ailleurs, des complicités internes, l’un des agents du musée du Louvre étant apparemment en relation avec l’équipe de voleurs. Bref, si l’on reste dans le domaine de l’Histoire récente, on est loin du coup de maître d’un Spaggiari raflant, avec ses complices, en un week-end de juillet 76, le contenu de 300 coffres de la Société générale de Nice, en laissant pour seule trace l’inscription « Ni armes, ni violence et sans haine ».
Cette « nouvelle criminalité » dont se gargarisent les journalistes...
On en viendrait presque à regretter l’un de ces braquages cinématographiques à l’ancienne : l’avion, chargé de bijoux, détourné sur une autoroute américaine dans Le Clan des Siciliens, d’Henri Verneuil, par exemple. Vittorio Malanese (Jean Gabin) y monte un coup remarquable avec Roger Sartet (Alain Delon). Le patriarche sicilien avait au passage, dans un souci d’assimilation presque zemmourien, commandé pour sa cavale, à un photographe véreux (André Pousse), de faux passeports avec « des noms qui sonnent bien français » - en l’occurrence ceux de rues parisiennes… On pense aussi au Cercle rouge, de Jean-Pierre Melville, dans lequel Jansen (Yves Montand), flic alcoolique mais tireur d’élite, neutralise à longue distance les alarmes d’une bijouterie de la place Vendôme. Plus ancien de quelques années (1963), Mélodie en sous-sol montrait, toujours sous la caméra de Verneuil, Gabin (encore) regagnant, à sa sortie de prison, sa ville de Sarcelles en pleine bétonisation, avant de monter un dernier coup avec le jeune Delon (encore, là aussi). Cet enlaidissement de la banlieue était-il la préfiguration de cette « nouvelle criminalité » dont se gargarisent les journalistes ?
Ces quatre auteurs du prétendu « casse du siècle » seraient donc en réalité, si on s'en tient à ce que l'on nous révèle ce dimanche 26 octobre, de petites frappes de fond de RER qui n’ont dû leur succès qu’à la lamentable incurie de tout une chaîne de responsabilité (ou d'irresponsabilité). Il reste un point à éclaircir : qui est le commanditaire ? Car croyez-vous que ces Arsène Lupin en survêtements Adidas avaient fait l’École du Louvre et qu’ils savaient précisément la valeur de ce qu’ils ont volé ? François Hollande, qui n'en rate pas une, évoquait, la semaine dernière, parmi les hypothèses qui s'offraient à son esprit sagace, celle d'une ingérence étrangère pour « déstabiliser notre pays ». Pourquoi pas. Le procureur de Paris, lui-même, n'exclut pas cette hypothèse. Mais alors, qui serait cette ingérence étrangère qui aurait fait appel à de tels « épées » du banditisme ?
En tout cas, bravo à notre police ! Moins bavarde que nos hommes et femmes politiques, mais remarquablement plus efficace...
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71 commentaires
Il faut revoir le contenu des stages de citoyenneté. Dans le cas présent ça n’a pas marché.
Une commande de l’Algérie vous voulez dire ? Le Président Tebboun est vraiment le plus fort !
Hollande: « C’est les Russes ! ». Quel malin cet homme.
Juste un petit échauffement.
Ils reviendront en nombre pendant que les magasins des Champs Elysées se feront piller à nouveau.
La décadence de la république socialiste dégénérée s’étend partout ; même les malfrats n’ont plus le niveau.
Quand François Hollande évoque la possibilité d’une « ingérence étrangère », pense-t-il à la famille rom de Leonarda Dibrani, cette adolescente kosovare qui avait ridiculisé en direct à la tv le président que l’amateur de scooter était alors ?
On ne dira jamais assez tout ce que l’on doit à l’Algérie.
Et réciproquement.
En fait une bande qui ont compris les béances du système actuel ce qui rend les choses et les commentaires de nos politiques actuels encore plus pathétiques et décalés. Dieu merci, nous sommes passés à côté d’une accusation directe contre Poutine mais ce n’est pas passé bien loin…….
Mais bien sur: c’est Poutine!!
On est vraiment un pays de pauvres ploucs et dans tous les coins et recoins.
Qui a commandité ce magique écran de fumée au moment où des vagues de submersion secouent l’assemblée nationale ?
Alors les irresponsables doivent être contents, deux « petites mains » sont sous les verrous !!!
Nous sommes loin des grands casses cinématographiques où il faut leurrer des systèmes de sécurité hyper sophistiqués.
Donc ces pieds nickelés savaient très bien que le coup était facile et sans grand risque, inutile de louer une kalachnikov puisque les « agents » ne sont armés que d’une lampe torche !
Bon mais où sont les autres et quelles qualités ont-ils ? Les autres car le grand Alain Bauer nous explique que c’est un casse qui mobilise 10 à 15 gredins…
La police les aura, mais aura-t-elle les joyaux ?
Et les français auront-ils le nom des responsables de cette gabegie ?
En saurons nous davantage que pour l’incendie de Notre-Dame ? À propos de Notre-Dame, l’adolescent capricieux de l’Élysée devrait affecter le coût d’inutiles vitraux à l’achat de caméras ; tout comme il devrait annuler le stupide voyage de la tapisserie de Bayeux qui pourrait nous être dérobée à dos de dromadaires !!!
Ainsi les cambrioleurs du Louvre seraient des « amateurs » ce qui laisseraient raisonnablement espérer un rapide dénouement de cette terrible affaire. Faut-il s’en réjouir? On n’ose imaginer ce qu’aurait été le butin si on avait eu affaire à des professionnels !
Ahaha j’en étais (presque) sûr… Je ne croyais pas « aux pros du banditisme),il s avaient laissé trop d’objets derrière eux et utilisaient les mêmes scooters qu’en banlieue….Un complice de la cité au Louvre aussi? Rien ne m’étonne.
C’est ballot ca on passe d’une » ingérence russe » a une » ingérence algero malienne » dans d’autres circonstances on pourrait presque en rire..
Que ces deux pays soient derrière, rien d’étonnant ! Et si la piste du financement du terrorisme islamique était étudiée ? D’une pierre deux coups:destabilisation-humiliation, et financement
Les pays étrangers Mali et Algérie font du chantage avant les élections .