[PEOPLE] Patrick des bobos et Patrick des prolos
Patrick Bruel et Patrick Sébastien, même prénom, même génération, seulement cinq ans d’écart… mais l’un a fait de la moraline de gauche son credo, quand l’autre est connu pour son franc-parler et ses sorties spontanées. Le premier, vedette d’une nouvelle série sur TF1, Menace imminente, profite d'une interview au Parisien pour se plier à la doxa bien-pensante en dénonçant « les discours qui tendent à mettre de l’huile sur le feu, à diviser, stigmatiser ». Le deuxième, avec sa franchise habituelle, n’a pas hésité, sur BFM TV, lundi, à dénoncer les « dogmes » politiques déconnectés de « la réalité des gens », affirmant sans ambages que « pour [la] prochaine élection [présidentielle], il faut renverser la table, faut pas se contenter de changer la nappe ». Le Patrick des bobos contre le Patrick des prolos, le Patrick des plateaux contre le Patrick des bistrots, le Patrick des intellos contre le Patrick du populo ? Quoi qu’il en soit, ces deux Patrick sont à la fois le reflet de leur génération, mais aussi celui de la fracture française.
Patrick Bruel, le souverain poncif de la bien-pensance
Interpréter un espion israélien dans une série française en 2025, cela peut sembler périlleux, mais auprès du Parisien, Patrick Bruel désamorce les critiques par anticipation : « On est très loin de l’actualité… C’est une série d’espionnage et de fiction. » Ne craignant pas le ridicule de la comparaison, l’artiste français argue que « c’est comme si l’acteur qui jouait James Bond devait absolument s’exprimer sur le caractère géopolitique des actions de son personnage, par rapport aux pays où il opère et aux situations réelles dans lesquelles on le met à chaque fois ». Notre Daniel Craig national a déminé le terrain, et même si la série est réalisée par Dan Sachar, le même qui a mis en scène Fauda et Téhéran, ce n’est qu’un hasard fortuit et, d’ailleurs, « on ne [lui] aurait pas posé toutes ces questions si la série mettait en scène les services secrets australiens ». Voilà qui s’appelle botter en touche !
Dans la même interview, la journaliste l’interroge sur les dix ans des attentats du 13 novembre que la France vient de commémorer. L’occasion était trop belle pour l’acteur, qui n’a évidemment pas manqué l’occasion de dérouler la litanie des souverains poncifs du vivre ensemble sans amalgames. Il explique, en effet, avoir « reposté les images d’un concert de 2019 où [il] chantai[t]. Ce soir, on sort une chanson […] écrite après les attentats » sur son compte Instagram. Une vidéo dans laquelle, à ses deux enfants qui étaient au Stade de France ce soir-là, il « choisit de leur dire de vivre, d’aller boire des coups en terrasse, d’aimer les autres, de s’enrichir de leurs différences, de ne pas faire d’amalgame » et, sur sa lancée, il termine son sermon par une réflexion particulièrement engagée et combative : « En ces moments troublés, où toutes les différences sont stigmatisées, où des communautés sont montrées du doigt et désignées comme coupables à tour de rôle, j’ai envie de vous dire ce soir, et les soirs à venir, ouvrons les yeux, les bras, les cœurs et les terrasses de cafés et les salles de concert. Ce soir, on sort. » Patrick Bruel maîtrise l’art de condamner sans désigner de coupables. On en est même admiratif : le chanteur est capable de parler des attentats sans en dire le mot, sans évoquer le terrorisme et sans suggérer l’islamisme. Un tel déni du réel, un tel irénisme tiennent presque du prodige.
Patrick Sébastien, le héraut populo sans langue de bois
Si Patrick Bruel maîtrise l’art de parler pour ne rien dire, Patrick Sébastien, lui, ne connaît pas la langue de bois. Nombreux sont ceux qui lui reprochent ce franc-parler. Le chanteur populaire n’en a rien à faire : « Cette sorte de mépris qu'il y a pour moi, c'est un mépris général pour toute une France qui n'a plus la parole, qui en a marre », explique-t-il crânement, à Apolline de Malherbe. Alors, même s’il n’a aucune ambition politique pour 2027, il compte bien faire entendre la voix des Français en recueillant leurs propositions et en faisant du « chantage démocratique » sur les candidats arrivés au second tour. Pour lui, il faut entendre « la France qui en a marre », il faut tout changer, sinon « ça va mal se terminer, les gens vont vraiment se mettre en colère » !
Le 7 novembre, Patrick Sébastien n’a pas mâché ses mots non plus, sur RMC, pour dénoncer le traitement de Salah Abdeslam : « Les gens qui ont eu des gens qui sont morts dans les attentats du Bataclan ou ailleurs, quand ils savent que ce mec a une clé [USB, NDLR], qu’il est nourri… Tu ne crois pas qu’on les tue une deuxième fois ? » Il ose même demander : « Quel est l’intérêt de garder ce mec-là dans une prison ? Qu’est-ce que ça change entre le faire disparaître ou le garder ? Quel est l’intérêt de garder cette personne ? » Évidemment, la journaliste Flora Ghebali lui fait la leçon, lui explique doctement et cérémonieusement que c’est une question de principe humaniste, mais Patrick ne s’en laisse pas conter : « Je ne me sens pas barbare en imaginant que des monstres de cette nature n’ont rien à faire sur Terre. » A la fin de l’envoi, il touche !
Patrick et Patrick représentent deux France : la première, celle de l’angélisme déconnecté qui a pignon sur rue dans les médias, se drape de dogmes bien-pensants, et la seconde, ancrée dans le réel, qui n’en peut plus des leçons de morale de la première. Quand Patrick Bruel chante niaisement « Ce soir on sort, on va marcher/Sur cette place de bougie/La République est de sortie », Patrick Sébastien se veut le porte-voix de « la réalité des gens : […] plus assez de thunes, […] trop de charges, [l]a sécurité n'est pas assurée ». Quel Patrick remportera le duel ? Résultats en 2027…
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29 commentaires
Si on est Français blanc catho on ne peut qu’apprécier Patrick Sebastien.
Le film avec Bruel, je n’ai pas regardé, le type m’indispose, tout simplement.
Né à Alger Maurice Benguigui tellement fier de ses origines juives berbères et de son nom qu’il a pris le nom de Patrick Bruel moins marquant pour faire carrière en France dans la chanson, pied mis à l’étrier par Roger Hanin
Patrick BOUTOT lui a pris le nom de scène de Patrick SEBASTIEN plus facile à se souvenir, personnellement je préfère de loin SEBASTIEN plus simple et convivial, en soirée avec ses chansons on danse et on ne se prends pas la tête
Entre les deux Patrick mon choix est vite fait même si je ne suis pas un fan absolu .
J’aime bien P. Sébastien ( franc-parler, histoire personnelle d’un homme simple, et histoire parfois tragique ; homme qui rend toujours hommage à ses amis, viré parce que plus de 50 ( ou 60 ) ans etc , et j’en passe… généreux aussi, et respectant son public ) mais il n’a rien d’un homme politique, ce qui n’est pas bien grave, d’ailleurs. Avant l’élection de Hollande, il avait crée un mouvement qui n’ a pas eu beaucoup de suite ( le Dard, je crois ). Bon, pas grave. Simplement, si M. Patrick s’engage peu ou prou ( à dire des réalités, ( qui peuvent fâcher ) qu’il continu ! Merci.
Bruel dans la bien-pensance rien d’étonnant, Sébastien langage brut de décoffrage mais marqué de sincérité. Mais qu’importe l’avis de l’un et de l’autre, au final ce sont les Français qui voteront. Espérons qu’ils ne se trompent pas une fois de plus!
Quand Sébastien dira franchement « je vote pour le RN ou Reconquête », il fera un grand pas pour la France.
Le message de Sébastien est simple : « je n’ai jamais voté pour le RN. »
Ce qui veut dire qu’il est bien du camp d’en face, mais il garde l’oeil ouvert !
Le premier est dans le ligne de BHL qui disait: “Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux »
Si le service public l’a mis sur la touche , je parle bien sûr de Patrick Sébastien, c’est que son discours gênait aux entournures la doxa gauchiste de la direction , quand à l’autre Patrick , dans la lignée de ces millionnaires bobos , qui de Los-Angeles , à ses hôtels particuliers , ses propriétés de vignoble et de l’oléiculture , etc… veut nous faire croire que tout est beau, tout le monde il est gentil , assez de ses fanfaronnades de privilégiés pour fusionner dans ce moule des artistes complètement hors sol .
Leur notoriété professionnelle leur donne un égo démesuré, je pense que chacun doit faire ce pourquoi il est fait, le mélange des genres n’est pas forcément la meilleure des choses, tous les deux en fait sont des donneurs de leçons à leur mesure, mais est-ce ce qu’on leur demande ?
Vous avez raison et je pense pareil. Mais juste une nuance. Si un artiste ( disons ) ou autre personne connue mettait sa notoriété au service de quelque chose qui l’expose négativement (plutôt que que toujours aller dans le sens qui se voudrait du goût du jour_ sur la planète et x autres sujets _ alors qu’ils s’en fichent un peu, c’est juste pour les besoins de la posture _ là, ce serait pas mal. Ils prendraient le risque de se rendre impopulaires, et tant pis ( mais rares ceux qui feraient cela ! ). Ils tiennent beaucoup à leur notoriété et _ comme les girouettes _ vont dans le sens du vent.
« L’autre » qui fait la pub des terrasses de bistrots !? il ne sait même pas que des Français n’ont plus les moyens d’y aller .Ce qu’il leur manque à ce genre d’hurluberlus , c’est la misère
Excellent
Le Bruel je ne peux pas le voir.
Allez voir le spectacle de Mireile Mathieu encore en tournée. Emouvant: elle chante brillamment la famille, l’amour de la patrie et sa chrétienté.
Concernant Mireille Mathieu, si cette chanteuse a eu une voix exceptionnelle (qui semble résister en partie au temps), son interprétation laissait à désirer et pour cela, elle ne m’a jamais émue. Il ne suffit pas d’avoir une belle voix encore faut-il la faire vivre. Reggiani qui n’avait pas une voix extraordinaire (il fumait beaucoup) avait le sens de l’interprétation intelligente qui allait avec les paroles prononcées. C’est en tout cas mon avis.
Elle n’a eu du succès qu’en imitant (mal) Edith Piaf tout de suite après sa mort. Je ne l’ai jamais aimée. Une opportuniste.
Ni l’un ni l’autre, un est toujours dans son délire de bobo qui veut vivre ensemble mais à part et à l’autre il suffirait de redonner un créneau pour une émission pour qu’il se sente en adéquation avec le pouvoir.
L’avis des « people » n’a aucun intérêt si ce n’est de faire parler d’eux, surtout pour les hasbeen. D’ailleurs Line Renaud vient aussi de sortir de son sarcophage
Je préfère l’avis de Madame Michu
Gaby, 100% d’accord avec vous. Aucune confiance dans ces saltimbanques. Quels qu’ils soient.