Partout dans le monde, on aime les spectacles historiques – sauf en France…

Pour les commissaires politiques de l'artistiquement correct, toute référence à l’Histoire est désormais suspecte.
Le spectacle historique polonais "L'aigle et la croix". Capture écran Park Dzieje
Le spectacle historique polonais "L'aigle et la croix". Capture écran Park Dzieje

À peine élu, Karol Nawrocki, nouveau président de la Pologne, a souhaité faire un signe fort en faveur de l’unité nationale en réservant l’une de ses premières sorties à « L’Aigle et la Croix », un spectacle retraçant mille ans d’Histoire du pays.

Les Polonais rassemblés par leur Histoire

Dans le parc Murowana Goślina à Poznan, l’édition 2025 a accueilli des dizaines de milliers de Polonais durant douze représentations en juin et juillet. Le spectacle fait appel à la participation de plus de 300 acteurs bénévoles, des habitants de la région qui incarnent pour l’occasion 1.500 personnages historiques, auxquels s’ajoutent des cavaliers pour des scènes rendues spectaculaires par le recours à des effets spéciaux et de la pyrotechnie. À la fin de la représentation, tout sourire, le président polonais a tenu à rencontrer et féliciter les bénévoles.

Comme de nombreux autres en Europe et dans le monde, ce spectacle est un moment de rassemblement de toute une population, quelles que soient sa condition et ses convictions, autour de son Histoire commune. En France, les choses sont aujourd’hui bien différentes.

Le Puy du Fou, symbole à abattre

Depuis plusieurs années, et au fur et à mesure que son succès s’affirme, le spectacle vendéen du Puy du Fou est l’objet d’attaques incessantes. Récemment, il a été pêle-mêle reproché à ses organisateurs de proposer une vision biaisée et pas assez « républicaine » de l’Histoire de France et d’avoir construit une « véritable multinationale avec 32 spectacles à travers toute l'Europe, des hôtels et une gamme de produits dérivés ». France Télévisions a lancé à ses trousses l’équipe de l’émission Complément d’enquête avec, à l’arrivée, un mélange indigeste de racontars sur la famille de Villiers, d’une attaque contre le recours au bénévolat et de procès idéologiques. Lorsque, récemment, un scandale a éclaté à la suite de l’éviction du Puy du Fou de la liste des spectacles éligibles au pass Culture et que le ministère de la Culture a dû se résoudre à faire machine arrière, la presse progressiste s’est empressée de dénoncer un passe-droit accordé à un « parc d’attractions », accusation totalement fausse puisque seul l’accès au spectacle historique a été déclaré éligible. Et Télérama s’est surpassé, titrant « Une passe d’armes gagnée pour l’extrême droite ».

Le Rocher Mistral, cible de la gauche provençale

Mais le Puy du Fou n’est plus le seul à avoir les honneurs du terrorisme artistico-intellectuel. En 2023, déjà, le propriétaire du site du château provençal de la Barben, qui avait eu la bonne idée d’en faire un parc de loisirs historique, le Rocher Mistral, a eu droit aux foudres judiciaires pour n’avoir pas reçu toutes les autorisations nécessaires et n’avoir pas respecté à la lettre toutes les règles de préservation de l’environnement. Un an plus tard, BV se faisait l’écho d’une pétition lancée en ligne afin de défendre le Rocher Mistral « menacé par les échéances judiciaires à venir, fruit d’une guérilla menée par le maire de la commune, une partie de l’administration et des associations écologistes relayées par LFI ». Un acharnement qui se poursuit depuis, la gauche tirant sur tout ce qui touche à l’Histoire sans être décolonial ou pro-LGBT.

Moulins, coupable de financement Stérin

À Moulins, c’est un survivant du communisme rural qui a déclenché les hostilités contre « Murmures dans la cité », un spectacle qui retrace l’histoire de la ville et de sa région, de Vercingétorix jusqu’à 1945. Guillaume Senet, concepteur et organisateur de ce « mini Puy du Fou », n’a commis qu’un seul et unique crime, mais il est gravissime, impardonnable et, de fait, imprescriptible : parmi les organismes finançant le projet figure le Fonds du Bien commun, création du très diabolisé Pierre-Édouard Stérin. Un chèque qui vaut condamnation à mort. De La Montagne à L’Humanité, la presse d’ultra-gauche s’est déchaînée et continue de le faire, attaquant sur le fond un spectacle jugé antirépublicain, allant jusqu’à reprocher la présence de drapeaux nazis en fond lors du tableau consacré à la période de l’Occupation !


« On savait que ça déplairait à des élus locaux, a confié à BV Guillaume Senet. Mais on ne pensait pas que ça prendrait cette envergure-là. » Relayée par une poignée de syndicalistes locaux CGT et FSU (dont l’appel à manifestation avec le Nouveau Parti anticapitaliste a fait un bide, ne rassemblant que quelques militants), la cabale a en effet été relayée par la presse locale puis nationale. « Pour attaquer le projet sur le fond, on nous a reproché d’avoir préféré un angle positif du récit historique, plutôt que celui du rejet de ce que nous sommes, de l’autoflagellation et de la repentance », précise Guillaume Senet, qui constate qu’à part quelques militants d’ultra-gauche « venus uniquement pour manifester bruyamment leur opposition à la fin des représentations, les personnes qui sont venues à ce spectacle étaient très satisfaites ».

Murmures de la cité est joué bénévolement par des habitants de Moulins. Photo Murmures de la cité

En fait, toute référence à l’Histoire est désormais suspecte. Pauline Ducret, auteur d’un brûlot contre le Puy-du-Fou, explique ainsi que « ces spectacles historiques posent problème » car « ce sont les éléments d'une guerre culturelle ». Il fallait oser…

Vos commentaires

35 commentaires

  1. La république n’ayant que des guerres et des conflits pratiquement tous perdus sauf 14-18 qui fut une horrible boucherie à nous offrir comme histoire, il est évident qu’elle développe une certaine honte face à l’Histoire, la vraie , de notre Pays.

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