« Nos policiers en ont ras le bol » : un concert anti-police en Ille-et-Vilaine

À Fougères, un groupe de musique hostile aux forces de l'ordre doit se produire dans un café associatif subventionné.
Capture d'écran X/Alliance Police 35.
Capture d'écran X/Alliance Police 35.

« Nos policiers en ont ras le bol d’être la cible de ces idéologies haineuses. » Chez Alliance Police, premier syndicat des forces de l’ordre, la programmation du groupe « Les Hameçons tordus » au Coquelicot, à Fougères (35), ne passe pas. Certaines paroles des chanteurs punk, attendus ce vendredi 12 décembre dans ce café associatif subventionné d’Ille-et-Vilaine pour un concert de soutien aux mineurs isolés expulsés de Maurepas à Rennes, ont attiré l’attention de l’antenne bretonne du syndicat. Bousiller du flic fait partie des titres répertoriés par le groupe et signalés au préfet par Alliance Police, qui dénonce une « représentation qui porte atteinte aux forces de l’ordre ».

En France, la haine décomplexée du « flic »...

Si le syndicat annonce avoir demandé la suppression de cette programmation, le groupe, engagé contre les « violences policières », a finalement retiré de son répertoire la chanson en question. Il a reconnu, ce mardi 10 décembre, avoir été « totalement dépassé par les paroles d'une chanson qui n'aurait pas dû sortir de notre cave », rapportent nos confrères de France Bleu. Les musiciens disent comprendre que « ces paroles aient choqué » et assurent ne revendiquer « aucune violence », en rappelant qu’il s’agissait d’un « texte de fiction ».

Une fiction, peut-être, mais qui s’inscrit dans une série d’hostilités visant les forces de l’ordre dont « les conséquences se ressentent sur le terrain, dans les quartiers difficiles, dans des manifestations sociales, culturelles et sur les réseaux sociaux », souligne Alain Barberis, secrétaire régional Auvergne-Rhône-Alpes d’Alliance Police.

Il y a quelques jours, le 6 décembre, des inscriptions lumineuses étaient projetées sur la façade des Beaux-Arts à Lyon, lors d’un spectacle de la Fête des Lumières, où l’on pouvait lire « La police blesse et tue », « La violence policière est partout » ou encore « Non à l’État policier ». Cette action, revendiquée par les Soulèvements de la Terre a entraîné un dépôt de plainte du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Des insultes qui « sont toujours effectuées par une minorité bruyante, idéologiquement d’extrême gauche », poursuit le représentant syndical, qui regrette qu’elles soient « attisées par certains discours politiques irresponsables ».

...attisée par les politiques

De fait, le même jour, lors de son premier rassemblement de campagne, le député insoumis Sébastien Delogu déclarait : « Ça les fait criser quand on dit que la police tue, mais la police a tué son frère. » Plus tôt, en octobre, le ministre de l’Intérieur avait déjà porté plainte contre quatre députés insoumis pour des propos similaires, à l’occasion des vingt ans de la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, à Clichy-sous-Bois.

À ces déclarations s’ajoutent d’autres expressions publiques visant les forces de l’ordre comme le jeu de société Fachorama, représentant un « flic raciste de la BAC », qui a été mis en vente, y compris chez de grands distributeurs, donnant lieu à une nouvelle plainte du « premier flic de France ».

Pour Alliance Police, l’ensemble de ces attaques n’influence toutefois « que les courants idéologiquement extrêmes ». Si le syndicat estime qu’il existe « peu d’impact sur la très large majorité de la population qui aime sa police » et que « les institutions soutiennent les policiers », il rappelle que les principaux concernés « en attendent davantage car il y a urgence, alerte-t-il, dans la maison police ».

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