[MUNICIPALES] Toulouse : ouf de soulagement après la défaite de Piquemal (LFI)

François Piquemal n’est pas rejeté seulement en raison de son programme économique...
Capture d'écran © Youtube Francois Piquemal
Capture d'écran © Youtube Francois Piquemal

Les Toulousains ont senti le vent du boulet. Selon les dernières estimations publiées ce dimanche soir, le parti LFI aurait échoué à remporter le second tour des municipales et à s’emparer de la ville rose. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, serait ainsi parti pour un troisième mandat au Capitole, vainqueur, avec 53 % des voix, de la liste conduite par l’« insoumis » François Piquemal.

L’issue du scrutin était pourtant loin d’être garantie. Dimanche 15 mars, le premier tour des municipales avait été marqué par la percée surprise de François Piquemal. Un accord noué, ensuite, en un temps record entre LFI et le PS avait rebattu les cartes et plongé la ville dans une grande incertitude. Vendredi 20 mars, un sondage IFOP-Fiducial pour La Dépêche du Midi et Sud Radio plaçait Jean-Luc Moudenc et François Piquemal au coude-à-coude. L’extrême gauche a alors tenté de mobiliser les jeunes et les « quartiers » dans la dernière ligne droite - en vain.

Une ville très divisée… et inquiète

L’autre enseignement de l’enquête IFOP résidait dans les clivages générationnels et socioprofessionnels très nets. Piquemal dominait largement chez les jeunes : jusqu’à 70 % chez les 18-24 ans. Le candidat d’extrême gauche était également plébiscité par les chômeurs (62 %). À l’inverse, les seniors représentaient un bastion solide pour Moudenc (72 % chez les plus de 65 ans, 61 % chez les plus de 50 ans).

Les milieux économiques voyaient, eux aussi, d’un mauvais œil l’alliance entre LFI et le PS. Sortant de leur réserve habituelle, des dizaines de patrons, artisans et représentants des professions libérales ont appelé à faire barrage au candidat insoumis François Piquemal. « La menace que fait peser l’extrême gauche sur Toulouse est inédite », ont ainsi signé quelque 350 personnalités toulousaines, mercredi 18 mars, dénonçant un programme LFI jugé « irréaliste, coûteux et dangereux pour l’économie, la sécurité et la cohésion de notre métropole ».

Le MEDEF de Haute-Garonne était également monté au créneau, rappelant dans un communiqué que « l’avenir de Toulouse ne peut se construire sans ses entreprises, et encore moins contre elles ». Le lendemain, c’était au tour de la CPME 31, rassemblement de 1.500 PME locales, de sonner l’alerte, appelant ses membres à la mobilisation en faveur du maire sortant Jean-Luc Moudenc.

Un candidat LFI controversé

François Piquemal n’était pas seulement rejeté en raison de son programme économique. À Toulouse, nombreux sont ceux qui restent encore marqués par les attentats islamistes commis par Mohammed Merah, en 2012, et la façon dont Jean-Luc Mélenchon les avait présentés dans les médias. « Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l'attentat la dernière semaine sur les Champs-Élysées [en 2017...]. Tout ça, c'est écrit d'avance », avait déclaré le leader insoumis, en 2021. Un dérapage complotiste qui explique sans doute pourquoi M. Piquemal a été copieusement hué, ce jeudi 19 mars à Toulouse, lors d'une cérémonie en hommage aux victimes des attentats de 2012.

Entre autres polémiques, on accuse également François Piquemal d’avoir déclaré, en 2025, ne pas vouloir de « babtous en tête de liste ». Des propos à teneur raciste que l’intéressé a juré n’avoir pas tenus. « On fait de moi la cible numéro une, parce que la droite toulousaine a compris que j'étais le favori », s’est-il défendu. Mais ce dimanche soir, les urnes lui ont heureusement donné tort.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Comment en 2026 peut il encore éxister un  » parti communiste » en France ???? La dernière fois que Nîmes a été dirigée par un maire communiste, la ville était devenue  » ville morte », et aujourd’hui il y a encore assé d’abrutis pour avoir voté pour un maire communiste…. Nous sommes pas près de nous débarrasser de la délinquance et des narco traffic, c’est totalement dramatique et irresponsable !

    • Ouvrez les yeux. En France, depuis la dernière guerre mpndiale, les structures du pouvoir dont toutes infiltrées par le Parti Communiste. Observez les programmes TV : pas une journée sans une évocation d’Hitler et de ses crimes, jamais rien pour ceux de Staline et Mao, pourtant plus proliifiques.

    • Je me fais la même réflexion.
      La politique est quand même le seul domaine où l’on peut confier la gestion d’un budget de plusieurs dizaines, voure centaines de millions d’euros à des individus qui n’ont strictement aucune capacité pour le faire. Confierait-on un poste de chirurgien à quelqu’un qui n’a aucune compétence pour cela, simplement parce qu’il a été élu par des gens qui le trouvaient sympathique ?

  2. Les budgets communaux gérés par LFI sont voué à l’échec. Leur tout gratuit telle que les cantines et les transports publics doivent bien être financés par quelqu’un donc soit par une hausse des taxes d’habitation, des contributions des entreprises et des subventions de la région, de l’état. En gros, ce sont les autres qui payent. Et quand on sait que les caisses sont vides!

  3. Les toulousains ont échappé peut être a ça.
    Municipales 2026 à Roubaix : tirs de mortiers dans plusieurs rues ou encore drapeaux algérien et palestinien brandis devant l’hôtel de ville, après la victoire de David Guiraud (LFI)

  4. « les urnes lui ont heureusement donné tort. » Les nîmois n’ont pas eu cette chance avec le maintien de LR qui a permis la victoire d’un communiste. Le RN aurait dû se maintenir et assumer de faire perdre Moudenc au titre de la réciprocité. Une stratégie « perdant-perdant » qui sera gagnante à terme car l’accès au pouvoir du camp patriote passe par la disparition du nuisible LR. Quant à la sociologie, elle est implacable : dans les grandes métropoles on a un amalgame des jeunes guevaristes, antifas, immigrés, profiteurs de droits sociaux, bobos, fonctionnaires inutiles et dans les territoires on retrouve les Nicolas qui trinquent pour les premiers. En 2027, en cas de victoire du RN, c’est la France urbaine qui se révoltera.

      • Ont t il calculé comment ils auraient fait si Airbus et tous les investisseurs partaient à leurs arrivées. Ils peuvent être 62% de chômeurs ou plus, ils auraient trouvé encore moins de travail. Les lFI sont des démagogues.

  5. Ce qui est inquiétant pour l’avenir de Toulouse , c’est le pourcentage de votants PS/LFI parmi les 18/25 ans et la cohorte des « assistés » sociaux , qui grossit . Ce phénomène se retrouve aussi dans de nombreuses villes moyennes !

  6. Des chômeurs ont voté pour l’extrême gauche, pensent-ils vraiment que les gauchistes anti-capitalistes vont leur trouver du travail avec une Sandrine Rousseau qui prône le droit à la paresse ? quand on assiste, impuissant, dans ces villes gauchistes, à la fermeture des commerces, des entreprises ou comme l’avertissement de l’industrie aéronautique d’un éventuel départ pour s’installer vers un autre pays.
    La gauche est une fabrique de pauvres, un exemple de l’ex-URSS avec son lot de dégâts humains ?
    Je conseille le livre « j’ai choisi la liberté » de Kravchenko , ce qui pourrait nous attendre, si un jour par malheur, un Mélenchon arriverait au pouvoir !

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