Municipales : bousculé par Sarah Knafo, Thierry Mariani affiche sa détermination

« Une campagne, c’est long », veut croire le candidat RN, distancé dans les premiers sondages.
Thierry Mariani en conférence de presse, jeudi 15 janvier à Paris
Thierry Mariani en conférence de presse, jeudi 15 janvier à Paris

Alors que Sarah Knafo fait un début de campagne remarqué dans la capitale parisienne, Thierry Mariani déroule son programme et reste serein : « Je n’ai pas peur de prendre des coups. »

Paris n’est pas une ville facile, pour le Rassemblement national. En 2024, aux européennes, la liste menée par Jordan Bardella y obtient 8,54 % des voix ; aux législatives, le RN rassemble 10,7 % des suffrages. En 2014, Wallerand de Saint-Just, qui portait la bannière mariniste, réalisait 6,26 %. Six ans plus tard, lors des municipales de 2020, le RN ne présentait pas de candidat.

C’est donc en terrain peu favorable que l’eurodéputé Thierry Mariani a accepté d'assumer une mission difficile. Son avantage est tout trouvé, pour Marine Le Pen : son passé d’ancien ministre sarkozyste et d’ancienne figure de la droite forte, UMP puis LR, vingt-deux ans député, lui confère une notabilité propre à séduire les Parisiens. Mais en ce début d’année, l’annonce de la candidature de Sarah Knafo est venue corser l’affaire. L’égérie de Reconquête sait attirer la lumière et peut pavoiser de sondages flatteurs qui la créditent, d’entrée de jeu, de 9 % quand Thierry Mariani obtient un fragile 5 %. C'est moins, encore, que les 7,33 % que ce dernier réalisait en septembre, lors de la législative partielle de la deuxième circonscription de Paris.

Armer la police municipale

Peu importe, il est bien décidé à défendre son programme. « La sécurité est la priorité absolue de notre programme. » Dans un café parisien, le candidat RN tient une conférence de presse, ce jeudi 15 janvier, pour présenter une partie de son programme et des têtes de liste qui mèneront la campagne dans les arrondissements de la capitale. Un avocat au barreau de Paris, un chef d’entreprise dans la tech, un chirurgien-dentiste, un étudiant en finance : Thierry Mariani dévoile une équipe incarnée aux compétences diverses.

« +36 % d’homicides en un an en 2024, 35 agressions par jour ». L’ancien député de Vaucluse, puis des Français de l’étranger, axe sa campagne sur un mot d’ordre : « remettre Paris en ordre ». Pour ce faire, il plaide par exemple pour le triplement des caméras de vidéosurveillance pour atteindre le chiffre de 15.000, le renforcement des effectifs de la police municipale pour atteindre 8.350 agents et sa réorganisation complète. « Nos concurrents socialistes proposent un référendum pour savoir si la police municipale doit être armée », mais pour l’eurodéputé, cette question ne peut faire débat, cet armement il le mettra en œuvre. Au cœur du programme sécuritaire, la création de sept brigades spécialisées au sein de la police municipale, dont des brigades anti-squat, brigades des transports, brigades de lutte contre la drogue. Fini, les policiers qui verbalisent les Parisiens pour des broutilles : leur rôle « est d’assurer la sécurité »: explique le candidat qui fut maire de Valréas, une commune du Vaucluse de 10.000 habitants pendant 16 ans (1989-2005).

« On n'a pas les mêmes méthodes »

Le sénateur RN de Seine-et-Marne Aymeric Durox est venu soutenir la candidature de l’ancien ministre des Transports : « Tu ne te bats pas pour la présidentielle, pas pour diviser un camp. Tu n’es pas un instagrammeur comme d’autres. Tu te bats pour les Parisiens. » Une illusion directe à la campagne tambour battant que la candidate Reconquête a démarrée il y a seulement une semaine. De prime abord, Thierry Mariani assume sereinement cette concurrence et affiche sa combativité. « On n’a pas les mêmes moyens financiers que d’autres candidats », confie-t-il à BV en citant explicitement le premier meeting de campagne de Sarah Knafo. Un tel événement, qui s’est tenu quelques jours auparavant avenue Hoche, dans les chics salon du VIIIe arrondissement, « représenterait 30 % de notre budget de campagne », assure le candidat mariniste.

Avec un brin d'irritation palpable, il dénonce une « candidature de division » et les effets de communication de sa concurrente. « On n'a pas les mêmes méthodes », cingle-t-il. Mais il préfère s’attaquer au bilan d’Anne Hidalgo et aux effets de manche de Rachida Dati, « candidate macroniste, très souple dans ses convictions ». S’appuyant sur sa longue expérience et sa capacité à convaincre, Thierry Mariani balaie d’un revers de main les sondages. « J’adore ceux qui me disent qu'une campagne est finie après cinq jours et deux sondages, sourit-il avec une ironie optimiste, une campagne, c’est long. »

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

118 commentaires

  1. Les RN ne se rendent pas compte qu’à force de vouloir ratisser large, ils vont perdre sur leur droite ce qu’ils ne vont pas gagner à gauche. A force d’avoir le derrière entre deux chaises, on n’est plus assis nulle part. N’oublions pas que ces « opposants » on voté avec le gouvernement 35 milliards d’impôts supplémentaires. De quoi refroidir pas mal de leurs supporters. De plus Mariani est un vieux cheval de retour qui n’a aucune chance.

    • N’oublions pas que ces « opposants » on voté avec le gouvernement 35 milliards d’impôts supplémentaires. Non ! n’oublions pas. Par les temps qui courent c’est difficilement supportable.

  2. Ne pas voter une motion parce qu’untel la vote ??? ou sont les convictions ? et cela vaut pour tous les partis.

  3. Les pauvres parisiens n’ont toujours rien compris. Dommage, c’est eux qui paieront la facture. Mais ils aiment bien çà! Ils en redemandent. Quant on voit l’état de cette capitale, celà fait pitié.

  4. Une fois éliminés ces 2 candidats additionneront leurs voix et en tireront les conséquences….cette guerre fratricide devient aussi exaspérante que la macronie elle-même

  5. Sarah Knafo à toutes les sauces et dans la moitié des articles ? Pourtant cette femme n’a pour elle que d’avoir fait l’ENA et d’avoir un compagnon prestigieux et bien plus âgé qu’elle…

    • Je vous trouve bien succint sur le CV de Sarah KNAFO, en oublient au passage, ses études Panthéon-Sorbonne, Siences Po et son poste de Magistrate à La Cour des Comptes, son érudition n’est plus à prouver et sans rapport avec Anne Hidalgo …

      • Cour des comptes ce n’est pas forcément un certificat d’honnêteté intellectuelle ni d’efficacité. On peut être très intelligente et roublarde, ce n’est pas incompatible.

    • Oh lala, oh lala… « Sarah Knafo a un compagnon plus âgé qu’elle ». Quelle horreur ! Si c’est ce genre d’argument qui régi vos suffrages, pas étonnant que la France soit ou elle en est…

    • et son passage à BERCY, qui est glorieux pour elle ! et ……un compagnon prestigieux et bien plus âgé qu’elle…!!! le contraire existe aussi !

  6. Les femmes admirent sarah Knafo pour son talent, son intelligence, sa vivacité d’esprit et sa connaissance des dossiers. Et les hommes l’apprécient pour les mêmes raisons. Ceux qui la redoutent sont des médiocres.

  7. Tant que Reconquête ne pourra pas s’appuyer sur un minimum d’élus, la présidence de la République n’est pas à sa portée.
    Je suppose que c’est pourquoi Sarah Knafo, qui n’est pas née de la dernière pluie, se présente à la mairie de Paris et pas à la présidence. Il est évident qu’il aurait mieux valu une union entre le rassemblement national et reconquête, mais le RN est le premier parti de France et, depuis la trahison de Maréchal et de ses copains, Reconquête n’a plus qu’une seule élue au parlement européen et quelques ralliements dans des conseils municipaux. Construire une légitimité en démocratie, en partant de zéro, prend du temps. Raison de plus pour voter Z !

  8. Le RN a très peu de chances à Paris, ville constituée de quartiers très pauvres et de quartiers très riches. Les pauvres ne voteront pas RN car ils l’accusent de racisme et les riches ne voteront pas RN car ils désapprouvent (fortement) son programme économique (c’est la principale raison qui fait percer Knafo).

  9. Le parti de zemmour n’a été créé que pour faire perdre des voix au RN, S. Knafo qui veut supprimer tous els comités Théodule, oublie de dire qu’elle ne touchera pas à la cour des comptes, vu qu’elle y est encore.

  10. Mais que va faire Mariani à Paris ? La présupposée droite (mais qui a un programme de gauche de LR au RN) se tire dans les pattes. Ils ont encore envie de perdre.

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