Meurtre de Lola : perpétuité incompressible pour sa tortionnaire

À l'heure de condamner la coupable, la France n'aurait-elle pas oublié d'autres responsables ?
©Jean Bexon
©Jean Bexon

Parce que la Justice française l’exige, parce que c’est le droit d’une société civilisée - la nôtre -, il a fallu défendre Dahbia Benkired, ce vendredi 24 octobre, alors que le verdict pour le viol et le meurtre de Lola Daviet était attendu après six jours d’un procès accablant.

La remarquable plaidoirie de la défense

Malgré l’effroi que cette femme a jeté sur la France, Me Alexandre Valois s’y est attelé en fin de matinée. Pendant plus d’une heure, il a livré une plaidoirie sans notes, remarquable de maîtrise et de conviction. Ce qu’il a plaidé, pourtant, nous a glacés : il a demandé à la cour d’écarter les notions de torture et de barbarie, seules susceptibles de justifier la peine de réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

Pour cela, il est revenu sur la définition même de ces actes, qui suppose une volonté que la victime ait été vivante au moment où la « douleur aiguë » lui a été infligée. L’avocat a donc remis en cause cette intention : selon lui, les coups portés au dos et au cou de Lola - au moins trente-huit - auraient pu être donnés sur un corps déjà inerte, évanoui, « considéré mort » par l’accusée, alors qu’en réalité, l’enfant était encore en train d’asphyxier.

Me Valois a ensuite tenté d’invoquer la vie de son accusée comme circonstance atténuante, « car, ne vous en déplaise, elle en a eu une », a-t-il déclaré.

Le mal, c’est les autres

« Le mal, c’est Annisse, le mal, c’est Mustapha, le mal, c’est Fatah. C’est ce père qui frappe sa femme devant ses enfants. Ce sont ses tantes qui se prostituent devant elle. Le mal, c’est cet environnement nauséabond. C’est ce mal-là que je vous demande d’examiner pour comprendre Dahbia. »

Selon lui, sa personnalité s’est construite à travers un parcours traumatique, révélé par un détonateur : ces SMS « particulièrement déshumanisants » reçus d’un ex-compagnon, Mustapha.

« Ces dégradations, dans le cadre de violences intrafamiliales, finissent souvent en suicide. Mais ça, c’est pour les femmes entourées, celles qui ne sont pas seules, pas en errance », a-t-il plaidé. Dahbia, elle, après les humiliations infligées par son ex-compagnon, après les abus d’hommes profitant de sa précarité pour obtenir des faveurs sexuelles, après les fréquentations qui l’ont entraînée dans la drogue et la haine d’autrui, a fini par s’acharner sur Lola. Alors, oui, si elle est coupable d’avoir tué et violé l’enfant, « elle n’est pas coupable de son existence, de son exploitation sexuelle, de son enfance », a insisté son avocat.

Il suffit de regarder Lola

Pourtant. Pourtant, il suffit de regarder le corps de Lola pour connaître Dahbia Benkired. Son petit corps lacéré, nu, enfermé dans une malle sombre. Son visage scotché, dans un geste de déshumanisation totale. Dahbia Benkired l’a reconnu : elle « ne voulait pas voir son visage ». Il suffit, aussi, de revoir ces images de vidéosurveillance montrant son cynisme, d’abord exhibant son « butin », puis traînant la malle qu’elle cherchera à « faire disparaitre » pour « sauver sa peau ».

Il n’y a qu’à voir les rapports des psychiatres : Dahbia Benkired n’est pas folle. Elle n’est pas malade. Elle était consciente, tout comme Lola, des coups portés. Il n’y a qu’à constater la « réelle rationalité dont elle a fait preuve », comme le dira l’avocat général, depuis le moment où elle a décidé de refermer son piège sur l’enfant.

Son parcours l’a marquée, certes. Il a façonné une personnalité troublée. Mais ses choix - la drogue, la « prostitution », les relations déshumanisantes - lui appartiennent. Et elle seule a choisi d’exercer sa rage sur Lola. Pendant une heure et trente-sept minutes.

C’est pour toutes ces raisons que la cour a prononcé, ce 24 octobre, jour anniversaire des trois ans de l’enterrement de Lola, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible. Pour le « véritable supplice » infligé à Lola. Pour le « préjudice psychologique indicible » subi par sa famille. Et pour la « dangerosité criminologique très élevée » observée chez l’accusée.

Coupables d'avoir créé une criminelle ?

Reste un point sur lequel on peut rejoindre Me Valois : la responsabilité de l’entourage de Dahbia Benkired. Aucun d’eux ne sera jamais jugé pour le meurtre de Lola. Mais, dans un monde idéal, pourrait-on les rendre comptables de ce qu’ils ont contribué à fabriquer ? Si l’on prend pour vrai le récit de Dahbia Benkired, si l’on écoute la plaidoirie de son avocat, alors oui, « le mal, c’est Mustapha, Fatah, Karim, Annisse, son père et ses tantes ». Et l’on pourrait dire que la responsabilité, le mal véritable, ce n’est pas la pauvreté, comme certains commentateurs ont pu le dire et dont beaucoup souffrent sans torturer de petites filles, mais bien ces dealers, ces drogués, ces proxénètes, ces humains violents issus d’une culture de la violence.

Vos commentaires

95 commentaires

  1. Où sont les féministes pour soutenir la maman de LOLA ! il est vai que la petite victime est blanche, ça dérange ! Quelle honte, aucun courage ! Il faut rappeler que les émeutes pour le délinquanr NAHEL ont coûté plus de HUIT CENT MILLE EUROS ! CQFD !

  2. « incompressible »! J’aimerais bien voir ça. Je parie que dans 10 ans elle sera remise en liberté et reprendre une vie normale, alors que la famille de Lola ,eux, on réellement pris perpète. Et la pauvre petite , elle, n’en n’aura jamais eu une.

  3. Perpétuité incompressible; mais elle devrait être au « pain sec et à l’eau » avec un sac de couchage en toile de jute, style sac à patates de notre jeune temps.

  4. Dites-moi ce qu’est ce « perpétuel incompressible » :
    – La perpétuité, peut donc être -suivant les cas- compressible ou non ? Cela dure alors combien de temps ?
    – Et si la perpétuité est incompressible, dans certains cas, cela devient donc comme une sorte de pléonasme ! Une durée permanente qui serait permanente ou pas.
    (On nous expliquerait aussi que le perpétuel ne serait pas permanent dans certains cas!)
    En pratique, quand donc cette tortionnaire sera-t-elle libérée ?
    C’est clair ?

    • La perpétuité est soumise aux règlementations de l’UE. Après 30 ans d’incarcération le condamné peut demander un examen de sa situation pour une sortie éventuelle. ( Benguireb ayant déjà fait 3 ans de préventive, elle pourra faire une demande dans 27 ans ) ce qui ne garantit pas du tout qu’elle sorte. Il n’y a pas de perpétuité réelle en France, et sans la clause d’incompressibilité, la condamnée aurait pu sortir dans 17 ans ( 20-3 ).

  5. Vous avez tout à fait raison, il y a d’autres coupables du martyr de Lola.
    A commencer par la djustice elle-même, au sens large: président, ministres de la dite justice, parquets, procureurs, magistrats, avocats…
    Laisser les migrants arriver hors contrôle sur notre sol, dont 700.000 clandestin, chiffre de Nunez, ne pas renvoyer ceux qui n’ont rien à faire en France; ne pas sanctionner immédiatement les étrangers délinquants et criminels en les transformant en OQTF, des personnes protégées par la même justice; laisser des députés LFI, élus de la République, défendre des hordes de hors la loi, au nom d’un électoralisme scélérat…
    cela en fait des coresponsables de la barbarie dont sont victimes NOS Lola.
    Ph De Villiers a, cette semaine sur CNEWS, stigmatisé ces « responsables » irresponsables!
    Les élus du centre macroniste-PS-LR se sont reconnus mais ils s’en fichent.
    Lecornu se félicitait hier de la décision unanime de ses députés groupies EM-LR-PS , d’éviter à tout prix la dissolution. Tout « baigne » en macronie!

  6. De l’horreur absolue de la nature humaine…Vraiment humaine?
    À la charia appliquée par des OQTF, qui n’ont rien à foutre sur le sol de NOTRE FRANCE!
    Mais par tous les Saints,quand nos dirigeants vont-ils enfin réagir?
    JAMAIS!Nous le savons,hélas.Lorsqu’un crime de sang se produit,(dans des conditions dites malheureusement »normales » nous le déplorons et nous condamnons celui qui en est l’auteur.Pourtant,il est rarissime que nous puissions à la fois l’anticiper et,par chance,le contrecarrer.
    En revanche,concernant les crimes commis par des étrangers en situation irrégulière,nos responsables n’ont AUCUNE EXCUSE.
    AUCUNE!Car ils connaissent la dangerosité de l’individu et qu’il ne tient qu’à eux de le renvoyer d’où il vient.
    Par voie de conséquence,ni l’état et encore moins les ministères régaliens ne peuvent se dérober et se chercher des excuses lorsqu’un assassinat est accompli par une personne dont la présence est illégale sur le sol de France!
    Je veux bien croire que je défonce des portes ouvertes,mais il me semble,pour le moins,que si chaque citoyen lambda exprime ce point de vue avec détermination auprès de son député,quelle que soit sa circonscription et sa région,la future session parlementaire devra en tenir compte!

  7. « ces humains violents issus d’une culture de la violence ». Non. A ce stade, désolée, ils ont perdu toute humanité. Juste des « bêtes », et encore le mot reflète mal la barbarie qui les caractérise. Certains animaux sont plus « civilisés ».

  8. Remontons la chaine des causalités.
    La justice a fonctionné de façon impeccable pour condamner la meurtrière porteuse d’une barbarie moyenâgeuse venue d’ailleurs. ,
    Mais , cette même justice avait laissé en liberté cette future meurtrière alors qu’elle présentait un danger évident pour la société , et , hélas ce n’est pas un cas isolé , de futurs meurtriers du même calibre circulent librement chez nous , toujours à cause de la justice .
    Et enfin, à l’origine , ces futurs meurtriers sont venus avec l’immigration , que les politiciens refusent de limiter sévèrement .
    Les politiciens et les juges ont-ils une conscience ? ils sont responsables devant qui ? ils se confessent à qui ? Dieu étant parti selon certains philosophes .

  9. Les garants de la loi , gouvernants, ceux qui doivent la faire appliquer, et le gardien des Institutions vont-ils être poursuivis pour manquements à la loi ( non appliquée ). Cette question est ( devrait en tous cas ) de première importance ! Il va de soi que pour le quidam ( appelons le Nicolas ), s’il dépasse le temps de stationnement avec sa voiture, la puissance publique agit sans faille…

  10. La justice est passée, la tortionnaire, meurtrière d’une petite fille a été condamnée. Par qui ? Des magistrats ?
    Par un jury populaire composé de Français. Et là, la justice a fait son travail. Merci.

    • O U I ! c’est le jury populaire qui a fait pencher la balance du bon côté, car il ne faut pas compter sur les juges … rouges !

  11. Il y en a un qui va être content, c’est NicolasQuiPaie car il va falloir qu’il banque pour maintenir en vie pendant de nombreuses années cette pourriture !

  12. La voilà passée du statut d’OQTF à celui de pensionnaire aux frais de la France avec même le droit de contester ses conditions d’hébergement.

Commentaires fermés.

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