Marche des fiertés : un patchwork militant (presque) sans limites

Patriotisme malvenu, islamisme ignoré : la Marche des fiertés 2025 fait le tri.
©Aliénor de Pompignan
©Aliénor de Pompignan

Sous l’étendard de l’union « contre l’Internationale réactionnaire », l’édition 2025 de la Marche des fiertés, à laquelle Boulevard Voltaire s'est rendu, a offert, ce samedi 28 juin, un gai spectacle où la convergence des luttes se déploie dans toute sa splendeur : migrants, drapeaux palestiniens, GPA, écologie, luttes sociales. Toutes les causes y sont revendiquées pêle-mêle, sans hiérarchie et souvent en dépit de toute cohérence.

Du keffieh au drapeau LGBT

L’affiche officielle de cette Marche des fiertés, déjà sujette à polémique et responsable de la suppression de grosses subventions par Valérie Pécresse, avait donné le ton : autour d’un homme visiblement neutralisé, mort ou évanoui, et tatoué de la croix celtique, symbole de l’ultra-droite nationaliste, s’agglutinaient une mosaïque de figures et de causes. Femme voilée, drapeaux palestiniens, slogans syndicaux, gilets jaunes, revendications sur le handicap ou la retraite à 60 ans : une cartographie illustrée de cette convergence des luttes tant fantasmée, aussi confuse qu’idéologique. Le cortège n’a pas démenti ce méli-mélo.

Derrière les CRS qui ouvrent la marche, les migrants sont mis à l’honneur par l’association Dreams, spécialisée dans « l’accompagnement des personnes minoritaires et/ou en rupture sociale » et dans « l’accueil du public migrant LGBTQI+ ». Suit un char aux couleurs de la Palestine et de l’Algérie, porté par plusieurs collectifs dont Shams, association qui « défend les droits des personnes LGBTQIA+ issues du Maghreb et du Moyen-Orient ».

Suivent les drag-queens en djellabah ou voilées, dansant au rythme d’une musique orientale, dans une chorégraphie dont la dimension subversive contrastait avec les tenues arborées. Au sein du collectif Afrique Arc-en-ciel, un homme brandit une pancarte : « De Paris à Gaza, la résistance est aussi queer ». Nul besoin de rappeler que, dans ces régions revendiquées, l’apparence des participants, même flanqués de leur keffieh palestinien, n'aurait sans doute pas été épargné par la vindicte populaire qui, là-bas, réprime sévèrement l’homosexualité.

Une inclusivité à géométrie variable

L’inclusivité, brandie en étendard, sait aussi refermer ses bras quand il le faut. Le collectif Eros, qui se revendique homosexuel et patriote, s’opposant notamment à l’immigration massive, a fait l’objet d’une campagne de censure musclée. « Eros et ses CRS s’incrustent, on riposte », pouvait-on lire sur plusieurs banderoles, signées Pride Antifa. L’inclusivité a ses limites.

Le char israélien, en queue de cortège, a quant à lui pu avancer, non sans essuyer quelques insultes et doigts d’honneur, que certains n’ont pas su réprimer. Pas de heurts, juste assez d’animosité de la part de quelques individus pour rappeler que la tolérance est à géométrie variable, chez ce public.

Entre marketing militant et drapeaux d’entreprise

La lutte contre les « réacs » figure en bonne place sur les pancartes : « Convergence des luttes face à l’extrême droite », « pas de fafs dans nos prides », accompagnés ici ou là des trois flèches du logo antifasciste. Et pour joindre l’utile à l’idéologique, plusieurs partis ont saisi l’occasion : le NPA, La France insoumise, Renew Europe sont présents, tracts à la main, slogans bien rodés. Il ne saurait y avoir de Pride sans clientélisme.

À propos de clientélisme, quelques institutions et grandes marques ont flairé l’affaire : le Conseil national des barreaux, l’assureur Generali, la chaîne HBO ou encore la Fédération française de rugby (!) ont trouvé le moyen d’exister au sein du cortège. Une belle opération de communication pour les uns, une démonstration de vertu pour les autres. Ou les deux.

Les écologistes, eux aussi au rendez-vous, réclament « du pognon pour toutes les transitions ». Mais tandis que « écolos et pédés pédalent fièrement », les éboueurs, qui suivent de loin le cortège, s’activent sous une chaleur écrasante pour ramasser les montagnes de déchets laissées par cette bourgeoisie festive. Ni vu ni connu, les petits révolutionnaires de l’après-midi ont dormi ce soir-là sur leurs deux oreilles.

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Je croyais que les écolos étaient pour le naturel !!!… Ils ne demandent le retour au naturel que lorsque çà les arrange.

  2. Il n’y a pas de raison que la sécu.. rembourse les transitions de genre, très onéreuse. C’est avec le fruit du travail que la secu existe. Et, cela, pour retrouver dans quelques années des problèmes psychiques chez les personnes qui auront fait cette transition, et demanderont ses opérations de détransition. Avec nos sous, encore !

    • Avant de céder aux lubies de certains qui feraient mieux de voir un psy, qu’on rembourse mieux pour les lunettes, dents et oreilles car ça, c’est vraiment de la santé !

  3. Il faut reconnaître que plusieurs de ces prétendues fiertés exhibent des fondements que le bon goût de naguère maintenait dans une discrétion de meilleur aloi !

  4. Marche des fiertés ? Quelles fiertés ? Si les hétéro organisaient ce genre de manifestations, si elles n’étaient pas interdites, elles seraient immédiatement taxées de manif odieuses de fachos d’extrême droite. Cherchez l’erreur !

  5. On ne peut que se féliciter de la grande réussite de la Marche des fiertés partout dans le monde.
    En Hongrie, notamment, elle aura été un énorme camouflet pour le dictateur Orban, coupable de politiques liberticides.
    Les dirigeants d’extrême droite ne nous empêcheront pas d’exprimer notre droit à la liberté.

    • Et encore l’E D, ça se soigne cette pathologie ? Sinon je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais faites une reconversion en tant que clown car là le commentaire porte à rire !!!
      Pour finir Orban fait ce qu’il veut pour son pays, et je pense que les Hongrois sont contents, surtout s’ils font la comparaison avec notre pays !
      Et marche partout dans le monde, vraiment ? En Iran, Koweit, Qatar aussi ?

    • Pas besoin de tout ce ramdam. Il est des choses que l’on peut faire, et vivre, sans s’exposer ainsi. PourUoi vouloir se mettre toujours sur le devant de la scène, et de manière vulgaire, qui plus est.

    • C’est sur que montrer son popotin ou s’exhiber dans des positions que l’on ne pratique que dans l’intimité la plus stricte, c’est une grande réussite pour l’humanité.

Commentaires fermés.

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