M.-C. Mosimann-Barbier propose à l’Algérie le partage de la repentance historique

« Et si l’on demandait réparation à Alger pour les milliers de Français qui y furent réduits en esclavage ? »
Esclavage au Sud Soudan, XIXe siècle. © Wikipedia
Esclavage au Sud Soudan, XIXe siècle. © Wikipedia

Dans une tribune publiée dans Le Figaro Histoire, Marie-Claude Mosimann-Barbier ose poser la question taboue, celle qui dérange presque autant les autorités algériennes que les autorités françaises : « Et si l’on demandait réparation à Alger pour les milliers de Français qui y furent réduits en esclavage ? » Quand l’Algérie ne cesse de demander des comptes, voire de crier vengeance, pourquoi la France continue-t-elle de faire le dos rond et de battre sa coulpe, d’enseigner à ses élèves que l'Occident est le bourreau historique du reste du monde ?

Justes rappels historiques sur les razzias barbaresques

L’historienne Marie-Claude Mosimann-Barbier revient, dans sa tribune, sur l’histoire de l’Algérie, avant que la France ne s’y intéresse et ne la construise, en mettant l’accent sur un chapitre que le pays d’outre-Méditerranée préfère oublier : sa part active dans la traite négrière et l’esclavage. Pourtant, « les spécialistes évaluent à près de 18 millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabo-musulmane du VIIe au XXe siècle », explique-t-elle, sans compter « la capture et l’asservissement des chrétiens ». L’historienne précise ainsi que l’intensification des razzias, des enlèvements et de la traite des Européens par les pirates barbaresques porteraient à « un million le nombre d’Européens de l’Ouest enlevés par les Barbaresques au cours de batailles navales et de razzias sur les côtes européennes, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, et près de trois millions en Europe de l’Est. Notons que ces raids dépeuplèrent des régions entières, en particulier en Provence et en Italie, où certaines zones côtières de Calabre et de Sicile furent vidées de leur population. » La bataille de Lépante en 1571 est la réponse occidentale la plus connue à ces exactions, mais il n’empêche qu’à leur arrivée en 1830, « les Français purent encore libérer 128 esclaves chrétiens qui croupissaient dans les geôles d’Alger ». En clair, l’Afrique du Nord et ce qui devient l’Algérie avec la colonisation française sont loin d’être l’innocent agneau oriental dévoré par le cupide loup occidental.

Toute vérité n'est pas bonne à dire ?

Pourquoi, alors, ne pas en parler et ne pas l’enseigner ? Toute vérité ne serait-elle pas bonne à dire ? L’examen de conscience est, il vrai, une pratique chrétienne et l’Algérie ne semble pas encline à délivrer d’absolution ; pourtant, ce n’est pas faute de pratiquer, à outrance, la repentance. Dans son livre Repentance et victimisation, la maladie auto-immune de l’Occident ? (Éditions de l'Aube, 2025), Pierre Conesa explique qu’« en Afrique, la mémoire publique ne retient que la traite atlantique, qui est mieux connue que la traite transsaharienne ou arabo-musulmane pour des raisons nationalistes liées à la décolonisation et à la politique ». C’est sûr, c’est plus pratique et l’Algérie entretient cette victimisation, une stratégie payante sur le plan politique en désignant un ennemi commun unique et extérieur, et peut-être même sur le plan financier, si l’Algérie obtient de la France les 100 milliards d’euros qu’elle réclame en remboursement de dommages coloniaux « mémoriels » !

La France, éternel bourreau repentant de l'Algérie ?

La France peut-elle refuser ? Rien n’est moins sûr, puisqu’elle entretient, justement, cette dichotomie manichéenne du bourreau et de la victime. Il n’y a qu’à lire les programmes de l’enseignement national, sur Éduscol : la colonisation est présentée comme une « générosité autoproclamée de la République, couplée avec un discours d’affirmation de puissance [qui] masque l’asservissement violent des peuples et le racisme inhérent à l’entreprise » et l’esclavage est, quant à lui, enseigné avec une attention toute particulière et bien insistante sur la traite transatlantique et négrière. Une version manichéenne et à charge qui oublie les Français qui ont souffert de l’Histoire algérienne : les captifs des razzias barbaresques mais aussi des pieds-noirs comme Francine Dessaigne qui écrit, dans son Journal d’une mère de famille pied-noir : « Qu'y avait-il en 1830 ? Des sentiers, pas de ponts, pas de routes, des criques abritant des nids de pirates. Qu'y a-t-il aujourd’hui ? Vingt-cinq mille kilomètres de routes, cinquante-cinq mille kilomètres de chemins, cinq mille kilomètres de voie ferrée, vingt et un ports, dont trois de gros tonnage, trente-deux aérodromes à trafic commercial, dont quatre de classe internationale, onze grands barrages, une réserve d'eau d'importance primordiale, un réseau téléphonique, des installations électriques ultra-modernes... Tout ceci existe à cause des premiers colons et grâce à eux. » Et, quoi qu’il en soit, « à l'époque coloniale, l'Algérie coûtait plus cher à la métropole qu'elle ne lui rapportait », écrit l’historienne Sylvie Thénault, dans son ouvrage Algérie, des événements à la guerre (Le Cavalier Bleu, 2012).

Alors, faut-il demander réparation à l’Algérie pour les Français qui y furent esclaves, faut-il demander à l’Algérie le remboursement de tout ce que les pieds-noirs ont laissé ? Plus simplement, il faut réclamer la fin de l’instrumentalisation victimaire de l’Histoire franco-algérienne. Est-ce un relent de colonialisme ou un fond de paternalisme ? En tout cas, la France se comporte avec l’Algérie comme une vieille mère soucieuse de laver son adolescent insolent de toute culpabilité. L’Algérie devrait d'abord s’insurger que la France continue à l’infantiliser de la sorte en lui retirant l’occasion de faire amende honorable et de se grandir en assumant toute son Histoire !

Vos commentaires

59 commentaires

  1. L’Algérie n’a pas été colonisée par la France mais un territoire pacifié et crée par la France , ce n’était qu’un morceau de désert en bord de Méditerranée repaire de pirates pilleurs esclavagistes qui écumés la grande Bleu,
    Alors qu’ils ont massacrés les colons Français qui avaient développés l’agriculture , après un très long conflit , la France trop humaine leur a laissé toutes les infrastructures construites , depuis leur indépendance nous leur versons de l’argent pour le développement et eux nous envoient toute leur racaille qu’ils refusent de reprendre ! Il est grand temps que cela s’arrête et que arrêtions de les recevoir et leur rappeler d’où ils viennent et qui ils sont pour les Africains qu’ils ont mis en esclavage !!!

  2. Et le massacre par les algériens de tout les Français tués pendant la guerre massacrés violentés atrocement mutilés par ces sauvage et demande réparation de quoi je me le demande ils sont tous des assassins en puissance méfions nous ils frappent en traitres a bon entendeur salut

  3. L’histoire de l’Algérie avant qu’elle n’existe vraiment aurait de quoi faire hurler le moindre des députés LFI d’aujourd’hui mais il est de bon ton d’occulter l’histoire quand elle dérange. Si on veut parler de racisme elle constitue une excellente référence parmi les plus ignobles.Il serait souhaitable de rappeler certaines vérités à ce président algérien qui n’a rien d’un parangon de vertu et lui demander de la rabattre un peu et de reconnaître que c’est notre pays qui a construit le sien.

  4. Le FLN a la mémoire courte, les quasi mille ans de pillages, de razzias et d’esclavage que les barbaresques ont perpétré sont effacés de leur histoire.

  5. Côté maternel mes aïeux sont arrivés au début de la colonisation venants d’Alsace, de Provence et du Lot. Côté paternel, mon grand-père béarnais est arrivé avec les cousins de son épouse vers 1900.
    Tous ont travaillé d’arrache-pied pour faire de l’Algérie ce qu’elle était en 1962.
    Mon père avait réussi à faire une une belle exploitation agricole de 800 ha en propre ( achats de terres aux indigènes) et 400 ha de terres louées aux arabes par baux notariés.
    En 62, mes parents, 48 ans, rentraient en France avec 5 gosses et 2 valises !! Un de ses ouvriers, appartenant au FLN, lui ayant dit qu’i fallait partir de suite, le FLN ayant le projet d’assassiner les 7 membres de notre famille.

    • Et oui… mais tous les pieds-noirs, et tous les harkis, n’ont pas eu cette chance !
      Que l’Algérie d’aujourd’hui reconnaisse les crimes bien réels de ses parents, avant de nous demander réparation pour les crimes supposés de nos ancêtres.

  6. Nous avons quitté l’ALGERIE en 1962 ,depuis cette date qu’a fait l’ALGERIE de nouveau ?? Ils vivent encore sur les « restes » de ce qu’avait fait la FRANCE !! Et en plus les habitants ne rêvent que de venir en FRANCE !!Cherchez le pourquoi ??

  7. Pour donner une idée de ce qui a été fait, il faut regarder vers les « frontières du nord ». Il y a là un petit territoire qui a géré l’Afrique Centrale, le Congo 80 x plus grand et en a fait un pays sinon prospère du moins riche et ordonné, tranquille, avec un tas d’infrastructures genre Algérie et ce pays joue comme la France à la culpabilisation. Il faut rendre les masques et les totems,…bon les Congolais n’ont pas l’air d’être aussi revendicatifs que les Algériens,j Algériens qui devraient rembourser le montant de ce qui a été fait dans le pays par la France. Quand je vendrai ma maison, je me rembourserai des frais que j’y ai fait, c’est aussi simple que cela !

  8. Le nombre de blancs mis en esclavage pendant la période ottomane avec l’aide des Barbaresques d’Alger et des Tatares de Crimée est plutôt proche de 10 millions. Lire « La longue nuit ottomane dans les Balkans ».

  9. Le plus simple, le plus pragmatique, est de rompre toutes relations avec l’Algérie ce peuple de racistes anti blancs, anti Français. Il n’y a rien à attendre de leur part, il n’y a aucune justesse que ce soit dans les propos que dans les actes, seulement une haine viscérale générée de génération en génération, quoique nous ferons nous serons toujours les vilains, alors laissons les se débrouiller sans nous, et refoulons de force tous ceux qui ne respectent pas notre pays

  10. Bravo pour cette analyse pleine de vérité vraie. C’est à cette honnête femme qu’il faudrait confier l’écriture de l’histoire dans nos manuels scolaires et autres publications, émissions, etc. A force de laisser la place aux islamo gochos bobo, notre histoire est dévoyée.

  11. Vous êtes bien prudente, madame, en parlant au conditionnel. D’abord les chiffres cités par l’historienne sont manifestement à prendre à minima si j’en juge à d’autres publications. Ensuite, la durée des razzias en occident est aussi longue qu’en Afrique. Enfin, il n’y a pas à s’interroger sur la lègitimité à dévoiler tout cela.

  12. Il faut leur dire le mot de Cambronne , et mettre fin immédiatement tous les accords qui donnent aux algériens des droits supérieurs aux autres étrangers , il faut limiter au maximum les visas , fermer des consulats , limiter les transferts de fonds de particuliers entre la France et l’Algérie .
    Et si des algériens ou descendants d’algériens qui habitent en France ne sont pas satisfaits , qu’ils retournent en Algérie.
    Enfin , pour les bi-nationaux d’Algérie et d’ailleurs, interdire l’accès aux emplois administratifs et aux élections locales et nationales et aux fonctions ministérielles .

  13. D’après le récit de voyage de Mungo-Park, à la fin du 18e siècle, trois africains sur quatre étaient dans un statut d’asservissement. Les esclaves de naissance étaient moins à plaindre que ceux qui avaient été pris à la guerre. Les tribus blanches du nord de l’Afrique faisaient des razzias dans les villages noirs et emmenaient les hommes comme esclaves. L’esclavage était la règle dans la totalité de l’Afrique. Il a été aboli par les colonisateurs.
    Les infrastructures économiques étaient inexistantes. Tout bien pesé, la colonisation a coûté un « pognon de dingue » aux pays colonisateurs. Le cas de l’Algérie était un peu différent puisque, après avoir débarrassé la côte des pirates barbaresques, ce pays est devenu une colonie de peuplement. Les dépenses d’infrastructure étaient supposées être un investissement productif.

  14. « Qu’y avait-il en 1830 ? Des sentiers, pas de ponts, pas de routes, des criques abritant des nids de pirates. Qu’y a-t-il aujourd’hui ? Vingt-cinq mille kilomètres de routes, cinquante-cinq mille kilomètres de chemins, cinq mille kilomètres de voie ferrée, vingt et un ports, dont trois de gros tonnage, trente-deux aérodromes à trafic commercial, dont quatre de classe internationale, onze grands barrages, une réserve d’eau d’importance primordiale, un réseau téléphonique, des installations électriques ultra-modernes… Tout ceci existe à cause des premiers colons et grâce à eux. » Et, quoi qu’il en soit, « à l’époque coloniale, l’Algérie coûtait plus cher à la métropole qu’elle ne lui rapportait », il faut évaluer le prix de toutes ces infrastructures et le déduire des 100 milliards d’euros qu’elle réclame en remboursement de dommages coloniaux « mémoriels » !

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