Lola, Philippine, Thomas : des portraits devenus des emblèmes

Laurel, l'illustratrice, assure avoir perdu « un quart de ses revenus » après avoir réalisé le portrait de Lola.
© Compte X Laurel
© Compte X Laurel

Un visage enfantin auréolé de cheveux blond, de grands yeux innocents et un léger sourire. Ce portrait de Lola, diffusé plusieurs milliers de fois sur les réseaux sociaux et placardé aux quatre coins du pays, est désormais connu de tous. Ce 24 octobre, alors que s'ouvrait le dernier jour du procès de la meurtrière de Lola, la famille de la fillette de 12 ans arborait ce même dessin sur des tee-shirts, en signe d’hommage. Derrière ces traits délicats qui ont ému une grande partie de la France se cache Laurel, une illustratrice connue pour ses nombreux albums de bande dessinée édités chez Dargaud, Lombard ou Glénat. Passée par les États-Unis au milieu des années 2010, l’illustratrice est désormais de retour en France où elle n’hésite pas à se servir de ses crayons pour réagir à l’actualité. Ce 18 octobre, alors que le procès de la meurtrière de Lola s’ouvrait, elle n’a ainsi pas manqué d’adresser à nouveau son soutien à la famille : « On n’oubliera jamais. Disons que Lola sera toujours là. »

Des portraits devenus des symboles

Avant Lola, Laurel avait déjà rendu hommage par un modeste dessin à Samuel Paty, le professeur d’histoire-géographie assassiné par un terroriste islamiste en 2020. « C’est dérisoire. Je ne sais franchement pas quoi faire… », écrivait-elle, en légende de ce portrait. Deux ans plus tard, la jeune femme reprenait ses crayons pour croquer, cette fois-ci, le portrait de Lola, violée, torturée et assassinée le 14 octobre 2022. « Je n’ai pas les mots pour Lola. Mais j’ai mon crayon. Alors, voilà un minuscule hommage à cette petite. […] Au passage, j’aimerais savoir pourquoi ça ne fait pas la une de tous les journaux », s’émouvait-elle, sur son compte X. Rapidement, le portrait devient viral. Des comptes anonymes accusent l’illustratrice de récupération et la taxent de « raciste » voire « fasciste ». Une journaliste de France Info va jusqu’à dénoncer des « portraits qui n’ont rien d’innocent » car inspirés de « faits divers [qui] ont été récupérés par l’extrême droite ». Mais Laurel n’en a cure. Son dessin se veut seulement une « goutte d’eau dans l’océan de soutiens, de prières et pensées qui ont été envoyées à la famille de Lola ». L’illustratrice, qui s’est rendue à la manifestation en soutien à la famille Daviet, rappelle par ailleurs que « la famille a imprimé mon dessin sur des tee-shirts. […] Ça montre qu’ils ont apprécié l’hommage. » Et sur X, un jeune homme qui assure être l’un des frères de Lola la « remercie du fond du cœur pour le dessin ». La mère de Lola dévoilera même, en novembre 2024, s’être fait tatouer ce dessin de sa fille sur le bras.

En réaction aux actualités sombres, Laurel choisit par la suite, à de nombreuses reprises, de sortir ses crayons. Après le meurtre de Thomas à Crépol, en novembre 2023, elle publie un dessin solaire du jeune homme. Sa publication dépasse les 1,2 million de vues. Et à nouveau, le dessin est placardé sur de nombreux murs de France.

L’année suivante, Laurel ressort ses crayons pour rendre hommage à Philippine, violée et tuée dans le bois de Boulogne. Le dessin est, cette fois-ci, visionné plus de 2,6 millions de fois, sur X. Viendront, ensuite, les portraits de Lina, retrouvée morte en octobre 2024, et de Louise, 11 ans, poignardée à mort en février 2025. « Pendant que je dessine, j’ai le sentiment (certainement infondé) d’envoyer des ondes positives vers ses proches », explique l’illustratrice. Ces portraits sont devenus le symbole d'une France innocente tuée par la barbarie.

Perte d’un quart de ses revenus

Ces dessins ne sont pas sans conséquence pour l’illustratrice. Outre les insultes et le harcèlement, d’autres l’accusent de seulement chercher le buzz. « J’ai toujours dessiné pour moi et toujours de façon sincère, rétorque-t-elle alors à l’un de ses détracteurs, en 2023. Et justement, parler de ces sujets m’a fait perdre un quart de mes revenus depuis octobre [2022]. Ce n’est pas par appât du gain que je dessine ces hommages. Le gain est inexistant. J’ai au contraire beaucoup à perdre… »

L’activité de l’illustratrice ne se limite pas à des réactions sur l’actualité. Bien au contraire. Outre un blog qu’elle alimente régulièrement avec certaines de ses planches ou dessin personnels, Laurel, qui a contribué au Journal de Spirou, est l’illustratrice de nombreuses BD : Carmilla, Un crayon dans le cœur, Les Enquêtes de Violette, Cerise…

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

40 commentaires

  1. « Une journaliste de France Info va jusqu’à dénoncer des « portraits qui n’ont rien d’innocent » car inspirés de « faits divers [qui] ont été récupérés par l’extrême droite ». » Honte à ces journalistes qui voient le mal là où est le bien et refusent de voir le mal là où précisément il se trouve, ce n’est pas du journalisme, c’est la plupart du temps de la politique anti-France. Un meurtre n’est pas un fait divers comme l’est un chat écrasé par mégarde.

  2. C’est merveilleux ce que fait Laurel. Justement je me demandais qui faisait ces portraits si doux, si simples, si naïfs et pourtant si proches de la réalité. Bravo Laurel. Merci Laurel

  3. Tous ces abominables et ignobles gauchistes savent très bien que c’est l’immigration massive qui est la cause de ces drames,et pour détourner l’attention, ceux-ci appuient sur le bouton de la « récupération » par « l’extrême-droite » car ils n’ont pas d’autres arguments que de dire que ce n’est que de simples « faits-divers », un peu comme si ça devait uniquement être cantonné dans la rubrique des chats écrasés. Jamais je n’ai entendu de propos aussi infâmes, ces gauchistes ne reculent devant aucune horreur, j’espère très sincèrement qu’un jour ils paient pour leurs forfaitures à répétition. Comment peut-on être aussi méchant tout en essayant de faire croire le contraire, cependant,la vérité a fini par émerger et mettre en lumière le vrai fond de ces gens là. Dernièrement, j’ ai évoqué avec une de mes connaissances l’histoire du viol de milliers de jeunes filles anglaises par les gangs de pakistanais en Angleterre et dont la police, les médias et la justice avaient volontairement occulté ces faits pour ne pas nuire au « vivre-ensemble » version outre-manche,la réponse que j’ai eue a été celle-ci : » Tu sais, moi , ça me passe au-dessus de la tête » , textuellement. Voilà comment raisonnent nombre de personnes en France. Alors…

  4. Effectivement impossible d’oublier le visage de ces malheureuses victimes ce sont en général des français donc pas besoin de crier au scandale et bien sur la gauche se porte bien

  5. Cette censure morale politique digne de 1984 s’insinue dans des recoins insoupçonnables de notre quotidien. S’en devient irrespirable.

    • Je sais que Laurel ne fait pas ça pour l’argent, mais si elle déposait ses dessins et demandait, je ne sais pas, 10 euros par reproduction commerciale ça pourrait peut-être compenser une partie de ses pertes de revenus.

  6. L’indignation devrait être unanime mais voilà ce ne sont pas les bons coupables ni les bonnes victimes pour toute la Gauche. Une Gauche vraiment écoeurante qui est incapable de compatir au supplice d’une gamine de 12 ans, a l’accablement de sa famille, au désespoir des parents. C’est quoi cette Gauche ? C’est juste un siège de député l’objectif ? Avec des électeurs qui seraient sans valeurs ? Je ne comprends pas.

  7. Je ne connais pas Laurel, mais quelle belle personne !
    D’abord, j’ai été séduit par le style de ses dessins, magnifiquement naïfs et purs, puis par le fait qu’elle continue malgré la perte d’un quart de ses revenus. Peu en auraient le courage.
    J’aimerais vous connaître.

    • « magnifiquement naïfs et purs ».
      C’est exactement ça qui rend les portraits de Laurel aussi émouvants.

  8. Merci à Laurel digne et courageuse, avec son crayon pour seule arme, de faire vivre la mémoire et les noms de ceux, si nombreux, tombés sous les coups de barbares sans âmes. Et la honte, éternellement, sur les décérébrés qui dénigrent son hommage, ces crétins puants qui arrachent ces dessins pleins d’amour et les photos des bébés assassinés.

  9. magnifiques et subtils dessins, grande âme… Honte à ceux qui la critiquent… je suis Charlie, et désormais Laurel.

  10. MERCI à cette illustratrice qui met son « talent » au service de « la mémoire des victimes » …
    Elle écrit : « Je ne sais pas comment on peut se remettre d’une chose pareille, ni si c’est possible » …
    Ceux qui parlent de « résilience » ne doivent pas savoir ce qu’est la disparition tragique d’une enfant ! …
    Je vous garantie que c’est pire que de se « faire amputer » un membre …

  11. D’aucun à gauche n’aiment pas que l’on rappelle aux Français ces « faits divers » qui sont loin d’être anecdotiques , mais bien emblématiques de ce que devient notre pauvre pays!

    • @cidcampeador

      Pour la gauche et les bien pensants immigrationnistes invétéré les victimes des « diversitaires » sont des « dommages » collatéraux qui doivent être minimisés pour ne pas dire occultés. Ceux qui établissent des liens avec une politique insensée sont accusés de « récupérations » car ils brisent l’omerta que les bien-pensants veulent imposer! Ceux qui hurlent à la récup ne se rendent pas compte à quel point ils sont ignobles! Pour ces tordus, briser leur tentative d’omerta est plus grave que le crime! les hululements de haine de ces tordus qui ont suivi l’évocation de l’assassinat de Lola ont été à cet égard édifiants. Les bien pensants sont dans l’inversion des valeurs jusqu’à la nausée!

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