[LIVRE] Le Cardinal, un Vendéen au service de l’État
S’il est sans doute flatteur de voir publiée de son vivant une première biographie, d’y voir tracées par l’auteur les lignes d’un destin pouvant mener jusqu’à l’Élysée et d’apparaître sous la figure d’un cardinal - terme qui donne son titre au livre - , il n’est pourtant pas certain que Bruno Retailleau ressorte si satisfait de l’ouvrage qui paraît en cette rentrée pour dresser sa trajectoire et son portrait, sous la plume de la journaliste du Point Nathalie Schuck.
Sur la forme, d’abord, l’exercice est plus journalistique que littéraire, chapitrant de manière chronologique le parcours de l’actuel ministre de l’Intérieur, depuis sa Vendée natale jusqu’aux portes de l’Élysée en passant par son enfance heureuse et « enracinée », sa rencontre fondatrice puis sa rupture explosive avec Philippe de Villiers, ses présidences successives et éphémères du département de la Vendée puis de la région Pays de la Loire, avant, enfin, la montée à Paris, au Sénat, comme ensemblier d’un groupe politique et d’une haute assemblée, et comme ministre et président des Républicains, de manière inespérée à la faveur des assemblages chaotiques du bloc central consécutifs à la dissolution.
Possible destin présidentiel
Ce récit, enrichi des confidences de l’intéressé qui a accepté de se livrer sans réserve, et de nombreux témoignages - pour certains anonymes - de compagnons de route, opposants ou amis fidèles, fait bruisser le microcosme médiatique et son entourage politique d’un possible destin présidentiel.
À ce sujet — [L’INVITÉ] « La France est très, très affaiblie »
Si l’on sent que l’homme s’est affranchi de liens et de douleurs passés, qu’il a fendu l’armure pour être prêt et à faire face aux responsabilités auxquelles pourraient l’appeler le pays, il répète bien qu’il n’a pas « le virus de la présidentielle » et qu’il n’est en rien dévoré par l’ambition. Même si son entourage lui explique que ce sont peut-être les circonstances qui l’y pousseront, tant il est homme « de devoir plus que de pouvoir », selon le mot de cet entrepreneur vendéen.
Car s’il est un devoir qui le dévore, c’est « le sens de l’État ». L’on découvre qu’avant l’aventure fondatrice du Puy du Fou, par laquelle le jeune cavalier est devenu le bras droit de Philippe de Villiers, la première vocation de Bruno Retailleau n’était pas d’être « cardinal », comme la Fraternelle du Sénat le caricature parce qu’il va à la messe. Non, sa vocation, c’était de devenir préfet, serviteur de l’État, de sa stabilité, de sa continuité. Quel destin, alors, de devenir aujourd’hui le patron des préfets de France ! Mais clef de compréhension, aussi, d’une personnalité plus à l’aise dans l’exécution du pouvoir que dans l’incarnation d’un destin pour la France ?
« Et en même temps »...
Et c’est ici qu’on sent que l’image se brouille. Car s’il a la passion du dialogue, de la modération, du consensus ; s’il veut voir du bien dans l’art contemporain, le bloc central, les tableaux des JO ; s’il exècre les outrances, les extrêmes, la radicalité, se dévoile en creux une personnalité binaire : gage, pour les uns, d’un destin présidentiel, qui doit rassembler. Preuve, pour d’autres, d’une posture trop politicienne, l’art du dialogue non plus comme moyen mais comme but, emblématique d’une classe politique aujourd’hui démonétisée, tant l’état du pays est explosif. « Son positionnement idéologique peut-il séduire une majorité de Français ? Peut-on plaire aux électeurs de Marine Le Pen, sans faire fuir en courant ceux d'Emmanuel Macron ? C'est cet insolite "et en même temps" que le Vendéen ambitionne de tenter », observe Nathalie Schuck, même si ce dernier s'en défend auprès d'elle : « Les temps qui viennent n'appellent pas l'eau tiède, la demi-mesure, l'entre-deux », plaide-t-il.
Les jours qui viennent écriront le prochain chapitre du livre. « Qu'adviendrait-il si, par malchance, l'aventure Bayrou s'arrêtait net ? », s'interroge la journaliste du Point. Une question qui n'a jamais été autant d'actualité, en ce jour où le Premier ministre sollicite le vote de confiance. Une étape supplémentaire dans un destin pour la France ? Ou le retour à une carrière politique vertueuse, patiemment conduite, dont l’éphémère maroquin ministériel aura été l’une des pages ?
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14 commentaires
Quand on est impuissant à agir mais que les ambitions personnelles l’emportent sur l’efficacité,alors,on s’agite,on agite mais on ne fait rien de concret.
D’autre part,lorsqu’on sait pertinemment que le goulot d’étranglement européiste peut nous empêcher d’avoir les mains libres dans un poste régalien aussi stratégique que celui de la place Beauvau,il faut avoir le courage de dénoncer les »institutions européennes »qui obstruent toute possibilité d’œuvrer dans l’intérêt du pays.
Monsieur Retailleau ne songe qu’à sa carrière post-macroniste et ne sauve pas la France mais les apparences.Sans me montrer cruel pour autant,je me permets également de souligner que le ministre de l’intérieur est également celui des cultes.
Condamner une imaginaire islamophobie sans remarquer une délinquance anti-chrétienne quasi quotidienne et se montrer sévère envers ses auteurs ne plaide pas davantage en sa faveur.
fait bruisser le microcosme médiatique : bruire. Il faut en finisser, et bien réfléchisser pour bien choisisser sans en rougisser. Il faut laisser viver la langue française.
Mr. Retailleau a sans doute beaucoup de qualités mais son parcours ne démontre pas un homme capable d’assumer le poste de candidat à la candidature il est trop politique, la France est dans une situation aujourd’hui où on n’a plus le temps pour tergiverser c’est le temps des décisions fortes qui demandent de l’autorité et je ne le vois pas être l’homme de la situation il suffit de voir qui l’entoure depuis qu’il est devenu président du parti, c’est toujours les mêmes ceux qui ont aussi contribué à mener notre pays à cette situation, les Larcher,Pécresse, Bertrand, Barnier cette droite molle constituée de centristes qui pour beaucoup ont appelé à voter Macron ou qui ont abandonné Fillon, non définitivement Retailleau ne sera jamais l’homme providentiel il n’en a pas la Carrure.
BR : ce qu’on a envie d’entendre….mais aucun résultat puisqu’il ne pouvait rien faire et il le savait
son passage au gouvernement n’était destiné qu’à son discours qui semble à droite (l’ordre) pour se préparer à la course à la présidentielle
la place n’était nque sa campagne avant l’heure
Des opinions contradictoires ci dessous (?) Pas étonnant : « la critique est facile tandis que l’art est difficile »
Bonne journée
Je n’ai aucune confiance en ce Monsieur qui a trahi un homme à qui il devait tout Philippe de Villiers.
Profitant de ses ennuis de santé et familiaux, il a sans aucun scrupule trahit son mentor.
Cela en dit beaucoup sur l’homme qu’il est.
Beni oui oui inefficace et hâbleur. Les temps du dialogue sont terminés. Une VI ème république avec un « décideur », doté d’une bonne paire de glaouis, débarrassé des lests constitutionnels, bruxellois, judiciaires et parlementaires sera LA solution. Une tronçonneuse comme emblème… Je rêve, pardonnez-moi !
Les commentaires parfois insultants sur Retailleau émis par certains lecteurs de BV sont parfaitement injustes. C’est un homme intègre, sincère et très attaché à la France éternelle comme l’ont prouvé ses responsabilités auprès de Ph. de Villiers au Puy du Fou. Au plan politique, il serait le seul à pouvoir établir un lien entre les différentes formations de droite que sont LR, le RN, le mouvement Ciotti et Reconquête. Mais hélas le RN refuse cette union des droites pourtant souhaitée par les électeurs.
ce n’est pas le RN et l’UDR qui ont rejeté mais B RETAILLEAU lui-même qui les a exclu de sa « surface » d’ententes politiques
Visiblement,nous n’avons pas la même lecture sur ce qui touche aux relations entre le RN et Bruno Retailleau.
Encore récemment,celui-ci s’en est pris au parti de MLP avec autant de mauvaise foi que de jalousie morbide.Le journaliste de Cnews qui l’a interrogé sur le sujet n’a même pas insisté.
Retailleau accepterait volontiers les suffrages du RN mais se refuse à toute alliance ou compromis avec ses dirigeants.Telle est la réalité!
Nos voix,il ne les aura plus jamais!Nous sommes assez adultes pour faire la part des choses et vous dites des sottises sur nos intentions envers Monsieur Retailleau!
Quant à l’honnêteté de celui-ci,c’est à Monsieur de Villiers qu’il conviendrait de poser la question!
Les LR ont surtout trahi leur sympathisants,Retailleau ne fait pas exception à la règle.
Si tel n’était pas le cas,vous pensez vraiment que son électorat se serait transféré vers le RN ?
La rupture avec Philippe de Villiers lui a été fatale, aujourd’hui la France a besoin d’un chef profondément engagé pour la France pour la sauver. Retailleau a une grande gueule mais des petits bras, il ne veut pas renverser la table, son truc comme pour tous c’est mettre le couteau à droite et la fourchette à gauche de l’assiette et c’est Nicolas qui la rempli.
Déloyal, arriviste, et inefficace
Retailleau homme fort de droite, je rigole.
Je dirais un mou de goooche et complice depuis des lustres de notre descente aux enfers.
» Le ministère de l’Intérieur devient souvent les mains sales de la tête élyséenne, le serviteur abîmé laissant au pouvoir suprême sa candide probité.
L’Intérieur est un monde à part qui forge une communauté d’esprit (s) plus forte que l’appartenance politique. Elle implique un certain rapport à l’ordre et à la défense de la République. »
Marie de Gandt, » Sous la plume « .