[Point de vue] Les premiers « chercheurs réfugiés » arrivent en France : qui sont-ils ?

On récupère des chercheurs américains qui ressemblent à nos chercheurs français et, bien sûr, c’est Nicolas qui paie.
Brian Sandberg - Capture écran Georgetown University History Department
Brian Sandberg - Capture écran Georgetown University History Department

« Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche » : on connaît la phrase du général de Gaulle, qui n’a pas cessé de s’appliquer depuis. La recherche, en France, est de plus en plus consacrée aux sciences dites humaines, par opposition aux « sciences dures », comme les maths, plus difficiles à politiser. Il nous manque des cerveaux, et nos plus brillants chercheurs s’expatrient aux États-Unis depuis des lustres. En mars, toutefois, surfant sur l’élection de Donald Trump, plusieurs universités françaises avaient annoncé qu’elles étaient prêtes à accueillir les chercheurs américains que la nouvelle administration américaine se refusait à financer ou ceux qui, tout simplement, ne se reconnaissaient plus dans ce gouvernement qui avait le malheur d’être patriote. Eh bien, ça y est, ils viennent d’arriver.

Quand le prof se fait un film

BFM TV consacre donc un reportage à cette première cargaison de génies. C’est « Aix-Marseille Université » (AMU, charmant mélange acronymique entre l’AME et la CMU, au passage) qui ouvre ses portes aux journalistes pour faire découvrir les résultats de cette belle initiative. Le professeur Brian Sandberg, qui enseigne à l’université de Northern Illinois, livre un témoignage qui ressemble à ceux des transfuges sous le régime soviétique : « Je me demandais si j'allais être arrêté. » Et alors, l’a-t-il été ? « Ça n'a finalement pas été le cas mais m'a amené à réfléchir à ce qu'est mon statut en tant que chercheur. » Bref, il s’est fait son film.

Nos confrères annoncent que M. Sandberg a pris la décision de se porter candidat au programme « Safe place for science » en revenant d’une conférence organisée en France, c’est-à-dire en mars 2025. Ce que ne dit pas BFM TV, c’est que M. Sandberg, ainsi que nous l’apprend une rapide recherche sur Internet, a consacré ses travaux à l’histoire des sociétés européennes, et singulièrement à celle de la France. Ses travaux portent, entre autres, sur la question du genre dans la violence des combats ou sur la place du conflit au sein de la noblesse française, et notamment la participation de celle-ci aux guerres de Religion en Méditerranée au XVIe siècle. M. Sandberg donne aux aristocrates qui prirent part à ces guerres le titre de « migrants militaires ». On s’aperçoit également que M. Sandberg n’a pas eu le coup de cœur pour un pays qu’il connaissait mal, puisqu’il est « chargé de cours résident » à l’Institut d’études avancées de Paris depuis au moins dix ans. Par exemple, en 2015, il était à quelques centaines de mètres de la rédaction de Charlie Hebdo et, dans cet article, il dit qu’il se sent beaucoup plus en sécurité à Paris qu’aux États-Unis.

Un « réfugié » qui vivait déjà en France !

En d’autres termes, le profil le plus emblématique qu’ait trouvé BFM TV pour montrer que ce programme d’accueil est un appel d’air, c’est un prof d’histoire qui enseigne la violence religieuse comparée dans les sociétés européennes (apparemment entre le Moyen Âge et le XVIe siècle), qui s’intéresse à la France depuis longtemps et a même l’habitude d’y vivre depuis des années. On ne peut pas dire que ce monsieur ait pris sa décision sur un coup de tête. On ne peut pas dire, non plus, que la France manque de ce genre de professeurs d’université.

Où sont-elles, les candidatures d’astrophysiciens que l’université prétend avoir reçues ? Peu importe. Le président de l’université, dans un souffle à la Malraux, déclare : « Sauver nos collègues américains, accueillir nos collègues américains, c'est aussi accueillir et favoriser la recherche mondiale. » On apprend deux choses, pour finir : 1) ce programme coûte 15 millions d’euros et 2) ces dernières années, les autres chercheurs accueillis étaient ukrainiens, palestiniens ou afghans. Vous avez compris le truc : on va récupérer des chercheurs américains qui ressemblent à nos chercheurs français ou des universitaires de pays du tiers-monde… et, bien sûr, c’est Nicolas qui paie.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

44 commentaires

  1. Ces chercheurs qui ne viennent pas chercher du boulot et vivre des aides, c’est bon on affiche complet !
    Sinon récupérer des « woke » c’est bon on affiche complet aussi
    Donc tout ce beau monde va encore nous couter une blinde ça suffit non ?

  2. Des chercheurs en wokisme je présume, car chez-nous on a pas encore atteint les sommets! Nous étions pourtant les précurseurs, et, quand on commencé à clamer « Françaises et Français » avant tout discours, on avait coupé le ruban inaugural de cette nouvelle voie; mais il y a encore de la marge : les socialistes sous Mitterrand n’avaient-ils pas imaginé qu’au 21ème siècle les enfants pourraient divorcer de leur parents dès l’âge de 10 ans, ou encore, les hommes pourraient être enceints avec leur poche abdominale (émission socialiste 1985 sur antenne 2 avec participation de me Badinter). Alors, bonnes recherches…avec nos sous!

  3. Le système international progresso-wokiste est une machine à avaler , machouiller et recracher ses disciples qui sont mis hors d’état de nuire , dans les pays où le bon sens a repris ses droits . La France est un de ses réceptacles .

  4. J’ai beaucoup d’amis universitaires surtout dans les domaines dit de science dure, ayant moi même fait des mathématiques, beaucoup c’est vrai sont partie à l’étranger, les salaires en France sont misérables et il faut vraiment avoir la foi surtout si vous êtes bon et publier beaucoup. Donc généralement on fait l’inverse on part de France vers d’autres destinations, de plus au Canada et aux USA encore plus vrai maintenant on vous prend que si on a besoin de vous! Si vous êtes susceptibles d’amener une pierre à l’édifice.

  5. Chercheurs en fusion nucléaire ou en ordinateurs quantiques, d’accord. Si c’est pour ramasser d’autres glandus qui vont végéter au CNRS à nous pondre des thèses-plagiats en sociologie. histoire, anthropologie ou autres sciences molles, non merci, on a déjà ce qu’il faut !…

  6. En fait on récupère les wookes que les Etats Unis ne veulent pas et surtout dont ils ne veulent pas imposer le financement au contribuable américain ??

  7. De fait, la France va payer à la place de Trump (budget américain) des chercheurs qui vont retourner chez eux dès que possible (salaire, amour du pays, installations et labos à l’américaine, etc…), comme font déjà de nombreux chercheurs français qui vont bosser aux USA. On peut donc dire que la France est devenue « l’Idiot Utile » des USA.

  8. Les colons américains ont découvert la richesse culturelle des « indiens » qui erraient sur ce vaste territoire , pratique du scalp , variétés de tortures inventives , une richesse culturelle comme on les aime de nos jours , mais aujourd’hui cette richesse culturelle vient chez nous avec l’immigration .

  9. Accueillir des chercheurs wokistes est une opportunité pour grossir la vague de submersion de cette idéologie qui détruit nos valeurs au profit d’un effacement de la nature humaine…
    Cette trumpophobie basique n’élève pas le débat…

  10. Sauver les chercheurs américains … on croit rêver ! Le boboisme des pseudo-universitaires français les pousse à dire des âneries .

  11. Consternant ! Après les faux étudiants chinois pilleurs de nos données, attirés par Raffarin et Sarkozy, gageons que ces nouveaux chercheurs ne seront pas là pour nos beaux yeux !

  12. « Safe place for science » à Marseille. Est ce une galéjade.. Marseille une « safe place » surtout le lieux choisit par l université. Ni kss étudiants, ni les prof à Marseille ne veulent y aller. Mais l université va envoyer des américains. Dans cette en francaus  » zone de non droit » en américain  » safe place »

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