Les musulmans autorisés à prier au sein de la bibliothèque du Vatican

Les universitaires musulmans ont eu gain de cause. Un tapis de prière leur a également été mis à disposition.
Capture écran Vatican News
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[Mise à jour le 18 octobre 2025 à 13h10]  Face à l’émoi populaire, le Saint-Siège a démenti l’information lancée par The Catholic Herald selon laquelle une salle aurait été aménagée au sein de la grande bibliothèque du Vatican pour permettre à des universitaires musulmans de se recueillir. Les propos tenus par le vice-préfet de la vénérable institution, Giacomo Cardinali, auraient été mal interprétés : il ne s’agirait pas d’une salle de prière, mais d’une « petite pièce », qui n’aurait d’ailleurs servi que très occasionnellement à la pratique de la religion musulmane. 

Petit à petit, l’islam fait son nid. Jusqu’au cœur même de la chrétienté. Dimanche 12 octobre dernier, le Catholic Herald nous a ainsi appris que le Vatican venait de donner son aval à l’ouverture d’un espace de prière réservé aux musulmans à l’intérieur de sa très prestigieuse Bibliothèque apostolique. La demande serait venue de plusieurs universitaires de confession islamique. « Certains chercheurs musulmans nous ont demandé une salle avec un tapis pour prier, et nous la leur avons donnée », s’est justifié le vice-préfet de l’édifice, Giacomo Cardinali, évoquant un acte de tolérance. « Nous sommes une bibliothèque universelle », a-t-il encore ajouté.

Fondée par le pape Nicolas V au milieu du XVe siècle et souvent considérée comme le cœur intellectuel de l’Église catholique, la Bibliothèque du Vatican abrite un vaste ensemble de manuscrits et de textes provenant des religions et cultures du monde entier. On y trouve des ouvrages hébreux, éthiopiens, arabes et chinois, mais aussi quelques corans « incroyablement anciens » que viennent consulter des universitaires musulmans.

Un universalisme à sens unique

Sans surprise, cette charité toute chrétienne n’a pas été unanimement saluée. « Les chrétiens n'ont pas le droit de mettre un pied à La Mecque, car l’islam les considère comme spirituellement impurs et sales. Alors, pourquoi diable le Vatican fait-il une chose pareille ? », s’est ainsi étonné le président du cercle de réflexion Vivre français, Jean Messiha, sur X. Difficile, en effet, de ne pas voir une certaine inégalité de traitement entre les communautés religieuses. Qui imaginerait l’ouverture d’une petite chapelle catholique à La Mecque, par exemple ? Si les autorités saoudiennes assurent que les chrétiens sont autorisés à se rendre dans leur pays, il est également indiqué que le culte chrétien ne peut s’y pratiquer autrement que « de manière clandestine ». « En Arabie saoudite, la religion d’État est l’islam. Toute la population est donc a priori sujette à l’islam, précise ainsi le site officiel visasaudi.sa.com. Afin d’assurer l’entretien et le respect de la religion, le gouvernement saoudien met un point d’honneur sur l’islam. » Cette absence de liberté religieuse est également spécifiée par l’administration américaine qui avertit ses concitoyens qu’en Arabie saoudite, « la loi interdit la pratique publique de cultes non islamiques ». Les chrétiens n’ont qu’à bien se tenir.

En 2017, le journal Libération lui-même faisait état de l’intolérance saoudienne envers les chrétiens. Il rappelait, notamment, l’appel qu’avait lancé le grand mufti d'Arabie saoudite à la destruction de « toutes les églises » dans la péninsule Arabique. « En fait, il n'y a aucune église, en Arabie saoudite. Le christianisme, à l'instar de toutes les autres religions que l'islam, est interdit dans le pays », observait le quotidien de gauche. Quelques années plus tôt, la BBC avait d’ailleurs fait état de négociations entre un représentant du pape Benoît XVI et le roi d'Arabie saoudite pour ouvrir une première église sur le territoire saoudien. Ces négociations n’avaient finalement pas abouti.

Une conquête en marche

Pendant que les chrétiens doivent se cacher en Arabie saoudite, le Vatican dédie une luxueuse salle à la prière musulmane… Cette générosité pourrait être assimilée par quelques esprits chagrins à une naïveté coupable. Il se trouve, en effet, que l’Italie en général et Rome en particulier sont très ouvertement convoitées par les « radicalisés ». Le désir de conquête de la Ville éternelle avait été annoncé par l’État islamique dès 2015, alors qu’il était au faîte de sa gloire. « Marcher sur Rome, avec la grâce d’Allah ! », expliquait alors un terroriste masqué, dans une vidéo où 21 Égyptiens coptes étaient exécutés. Les militants djihadistes avaient même lancé sur Twitter le mot-dièse #We_Are_Coming_O_Rome. Un an plus tard, la police italienne avait arrêté plusieurs individus suspectés de fomenter des attentats islamistes à Rome et au Vatican.

Cette haine du non-musulman sera-t-elle vaincue en ouvrant en Europe toujours plus de mosquées et de salles de prière ? Sans doute pas. On peut même penser le contraire.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

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