Le maire et le Sacré Cœur : c’est l’histoire d’un film, et c’est une parabole
Depuis l’annonce de la sortie du film de Sabrina et Steven Gunnell Sacré Cœur, maints obstacles ont émaillé sa route, ralentissant sa marche vers les salles obscures. Sarah-Louise Guille vous en a retracé toutes les étapes, depuis l’interdiction d’affichage dans le métro et les gares, au nom du respect de la laïcité bien sûr, jusqu’à l’interdiction de sa diffusion au château de la Buzine par le maire de Marseille.
Jésuite jusqu’au bout des pantoufles
Il a un physique jovial, Benoît Payan ; jovial et intemporel. Parfois moine de la Chaussée du même nom – sans doute un héritage de sa longue scolarité chez les bons pères –, parfois comique dans une pièce de Feydeau. On imagine le maire de Marseille en redingote, moustache fine et gilet rayé sur son embonpoint naissant. Les portes claquent, le mari cocu feint de croire à la vertu de sa femme tout en coinçant la porte de l’armoire où grelotte l’amant, nu comme un ver… Qu’est-ce qu’on rigole !
C’est à cela que ressemblait Benoît Payan, l’autre matin, sous le feu des questions de Sonia Mabrouk : un jésuite rondouillard qui croit embobiner l’assistance par son ton patelin.
On venait d’apprendre, mercredi dernier, l’interdiction par la mairie de la diffusion du film Sacré Cœur au cinéma de la Buzine. La polémique enflait. En direct sur CNews, la journaliste demandait alors au maire de s’expliquer. « La diffusion du film a été annulée une heure avant sa projection. Une partie de la classe politique crie à la censure et la ville se range derrière la laïcité. Que pouvez-vous nous en dire ? », demande Sonia Mabrouk.
Il n’y est pour rien, cet homme. C’est à la loi qu’il faut s’en remettre, et la loi, lui, le clerc de notaire de profession, il la connaît jusqu’au bout de ses manches de lustrine. « La Buzine est un équipement municipal et les services juridiques, les avocats, m’ont indiqué que si je devais faire passer ce film, s’il devait être diffusé, la ville serait dans l’illégalité. Vous comprenez bien que, au regard de tout ce qui est en train de se passer, moi, je tiens à respecter la loi. Qu’elle nous plaise ou qu’elle ne nous plaise pas, Dura lex sed lex », dit l’édile fier de son latin.
Mais qu’est-ce donc, Monsieur le maire, « ce qui est en train de se passer » ? Un trouble à l’ordre public, peut-être ? Des conversions sur la Cannebière, la récitation du Chapelet sur le Vieux Port ?
Qu’on ne s’y trompe pas, l’homme n’a rien contre le Sacré Cœur : « Si j’avais eu seul à donner mon avis, probablement que j’aurais dit oui, mais je me serais mis hors la loi. Donc je me range à l’avis de ceux dont c’est le métier, et qui considèrent d’ailleurs que c’est une atteinte caractérisée à la loi, ce qu’évidemment je ne veux pas faire ». Et comme il est jésuite en l’âme, le maire rajoute un peu de sirop dans ses rondeurs : « si ce soir, si demain matin, si demain midi, si demain soir des gens veulent aller voir ce film Sacré Cœur, ils peuvent le faire, d’autant que cela résonne avec l’âme de Marseille. Vous savez que c’est une ville qui est consacrée ; LA première ville française consacrée au Sacré Cœur. Je ne reviendrai pas sur ces épisodes théologiques et historiques que vous connaissez : la peste de 1723 et la consécration de Marseille pour le Sacré Cœur. Donc il n’y a aucune censure de la part de qui que ce soit, mais le respect de la loi ».
« La laïcité n’est pas un athéisme d’État »
Mais voilà, sous ses échafaudages, la Bonne Mère a le sourire. Le respect de la loi, c’est celui de la décision rendue samedi par le tribunal administratif de Marseille, au nez et à la barbe de Benoît Payan.
Une requête ayant été déposée par le sénateur RN Stéphane Ravier et les réalisateur et producteur du film, Sabrina Gunnell et Steven Gunnell, le tribunal a jugé que « le maire de Marseille a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et à la liberté de création et à la liberté de diffusion artistiques, libertés fondamentales au sens de l’article L. 521-2 du Code de justice administrative ». Au cas où le maire aurait encore de l’urticaire, le tribunal précise non seulement que diffuser ce film ne porte aucunement atteinte au principe de laïcité, mais, bien au contraire, interdire sa diffusion est « une entorse au principe de neutralité ». La mairie, dit le juge, « aurait dû envisager ce film en tant qu’œuvre d’art, sans chercher à juger sa dimension religieuse ». Il poursuit : la laïcité, qui sert d’argument à toutes les lâchetés du jour, « n’est pas un athéisme d’État, elle ne nie pas qu’il y ait des œuvres d’art inspirées par des religions. Celles-ci doivent pouvoir être exposées dans le cadre de programmations artistiques comme celle-là ».
C’est ainsi que, grâce à la bienveillance de la Bonne Mère qui, malgré les travaux, garde les bras ouverts sur Marseille et un œil sur la mairie, le film Sacré Cœur a entamé son ascension vers le succès. Il a franchi vendredi la barre des 200.000 spectateurs, chiffre qui pourrait bien avoir doublé pour la Toussaint. Un vrai miracle !
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39 commentaires
Comme quoi, nul ne peut échapper aux insondables voies de Notre Seigneur!
Merci Madame Delarue pour votre agréable et complet compte rendu.
Bonne journée
Mais c’est tout simplement un coup de pub pour les futures municipales, pour plaire aux quartiers Nord !! En plus il prend des gens pour des imbéciles en harguant que ce sont ses avocats qui l’ont conseillé !! Au plus c’est gros au plus ça passe il faut dire que vu le niveau de pas mal d’électeurs il aurait tord de se priver !!
Payan n’est pas « lou ravi » de la crèche , mais « lou ravi » de la oumma ….
Bravo Monsieur le Maire de Marseille , car sans vous ce magnifique film n’aurai sans doute pas eu ce même succès
Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat!!!!!
Amen !!!
Je crois que ce bon payan n est maire que parce que la vraie maire s est désistée après son élection pour une histoire de maladie. Je pense que cela sentait le coup monté.
La Maire écolo lui a servi de transpontin !! les magouilles de la gauche grosses comme un camion !! seul il n’aurait jamais été élu !! et comme des électeurs nunuches bottent en touche avec le vote écolo !! Vor toutes les communes comme Grenoble, Nantes, Bordeaux ? Le vote intelligent et non nombrilique a disparu chez beaucoup d’électeurs !!
Et nos chers anti-papes …quand excommunieront-ils cette abomination qui se pretendent chretiens et ne sont qu’une usine a former des athees et des laicards ?
Dans les années des heures sombres, la loi disait qu’il fallait s’en prendre aux Juifs avec la finalité que l’on sait. Sans commentaire.Se cacher derrière la loi…
Libé déplore que « la sphère Bolloré » ( sphère ou groupe ou « le milliardaire » etc ) fasse la promo du film. En clair, en disent du bien. s’il fallait compter sur Libé , ne serait-ce que pour évoquer ce film, la « promo » serait vite faite… Ils enragent. C’est bon signe. Quant aux censeurs, que ce soit pour les films, facs, hommages… il faut tenir, malgré tout.
Laïcité ou lâchicité?
Quel lâche ce garçon ! On en crève de tous ceux là ! Un peu de sang neuf dans les politiciens ne ferait pas de mal.
Il a l’air fin Mestre Payan!
Payan le maire de Marseille est un bonimenteur menteur lâche arrogant suffisant qui essaie de nous lavercle cerveau avec sa propagande mensongère
Sous couvert de la loi dit il il aurait agit sauf que le tribunal administratif lui a dit exactement le contraire Ce type pue l arnaque l intolérance