[LE GÉNIE FRANÇAIS] Le Rafale de Dassault : le chasseur sachant chasser
Marcel Dassault (1892-1986) est un génie de l’aviation et un héros de la guerre. La vie de Marcel Bloch, qui a adopté le pseudonyme de Dassault, est aussi courageuse qu’extraordinaire, en péripéties et rebondissements. Cet homme exemplaire a connu l’adversité et les déconvenues, autant que le succès, sans jamais désespérer.
Le premier avion de sa vie
Passionné d’électricité dès son enfance, il a 17 ans quand, dans la cour de son école, il voit le premier avion de sa vie. Nous sommes en 1909, au tout début de l’aviation. C’est le comte Charles de Lambert, un pionnier, qui vole dans un appareil des frères Wright. Marcel est carrément subjugué quand il voit l’avion faire une boucle autour de la tour Eiffel. Sa vocation est née. Il ne sera pas médecin, comme l’aurait voulu son père, mais ingénieur aéronautique. Marqué par son premier stage d’ouvrier chez Panhard, il découvre de l’intérieur ce qu’est une usine. Dans sa tête, le visionnaire dessine sans doute ses futurs locaux.
Il crée une hélice plus efficace
Il doit faire son service militaire et s’inscrit au laboratoire aéronautique de l’armée. Il remarque que les hélices des avions ont un rendement médiocre. Il en dessine et en fabrique une en bois. Le centre d’essai en vol lui en commande cinquante. Elle équipera, en 1916, l'avion de l'as français aux cinquante victoires, Georges Guynemer.
Il installe alors sa marque, Éclair, puis sa propre fabrique. Cela l’oblige à connaître la morphologie de chaque aéronef et l’incite à créer bientôt son propre avion. Il loue une petite usine pour son nouveau prototype : un biplace de chasse.
Nous sommes encore en guerre. L’armée lui réserve 1.000 avions ! Mais c’est bientôt la paix. La commande est annulée. Peu importe. Il se lance dans l’immobilier pendant… douze ans.
En 1930, le gouvernement s’aperçoit que les Allemands sont menaçants. L’État commande à Marcel un prototype d’avion postal qu’il n’achètera pas. Celui-ci se lance alors tout seul dans la construction de plusieurs types d’appareils qui attirent toujours l’attention. Le Front populaire nationalise l’entreprise. Peu importe, du moment qu’il peut construire des avions. Il mettra même un point d’honneur à être un bon payeur pour ses ouvriers.
Le génie juif doit se cacher
Juin 1940, il file dans le midi avec sa famille. En 1942, le génie juif est arrêté à Lyon par les Allemands, qui lui proposent de travailler pour eux. Grand patriote, il ne cédera jamais, jusqu’à être envoyé à Buchenwald, au risque de sa vie. C’est la Libération, quelque temps après, qui le sauve, avant qu’il ne devienne le géant de l’industrie aéronautique que l’on connaît. Désormais, sa famille est catholique et il s’appelle Dassault, avec un L. À sa mort en 1986, son fils Serge lui succèdera.
Bilan de l’entreprise : constructeur d'avions militaires et d’affaires, créateur de plus de 100 prototypes en un siècle, Dassault Aviation a livré plus de 10.000 avions à 90 pays.
La naissance du Rafale
Revenons aux années 1980. Après les avions Mirage IV et Mirage 2000, voici le Rafale, un bijou de technologie. 1.900 km/h, Lille-Marseille en 28 minutes, il vole à 50.000 pieds, soit 15 km d’altitude.
Ses concurrents directs perdent toutes les compétitions face au Rafale de Dassault. Mais l’avion français ne se vend pas. C’est une longue traversée du désert qui commence. En attendant, il intègre la marine, puis l’armée de l’air française où il remplace progressivement le Mirage.
C’est pourtant « le couteau suisse » de l’aviation de chasse. Supériorité aérienne, reconnaissance, dissuasion nucléaire, frappes air-sol… l'avion « multirôle » made in France sait tout faire. Il est plus petit que son équivalent américain et ne pèse que dix tonnes, au lieu de vingt. Il peut cependant emporter jusqu'à 9,5 t d'armement et/ou de carburant sous ses ailes, au lieu de 5 tonnes pour son concurrent.
Seul le Rafale obtient une note excellente en tout
Le problème de sa mévente à l’étranger demeure. En 2002, le Rafale est en compétition avec le F-15 de Boeing, l’Eurofighter d’Airbus et le Soukhoï Su-35 russe. Critères considérés : la fiabilité, les capacités au combat, les fonctions générales, les compétences en matière de guerre électronique et les armements disponibles. Seul le Rafale obtient « excellent » partout.
Le Rafale se trouve commercialement confronté d’une part aux États-Unis, qui fabriquent des milliers d’appareils, ce qui leur permet de produire à moindre coût, d’autre part à des avions moins performants mais moins onéreux, comme les MiG et les Soukhoï. Le temps passe et le Rafale, qui coûte 70 millions d’euros, obtient le surnom d’invendable. En 2013, le Brésil hésite à l’acheter, puis renonce. Il n’a, finalement, pas besoin d’un avion si puissant, il ne souhaite que protéger son territoire.
Et l’invendable devient best-seller
Après quinze ans d’échec commercial, Dassault Aviation, avec son Rafale qui est intervenu en Afghanistan, en Libye, au Mali et en Irak, séduit l’Égypte, qui a besoin de défendre ses frontières. Elle acquiert, en 2015, vingt-quatre appareils, puis trente et un, en 2021. Ce n’est qu’un début. Le Qatar, à son tour, commande trente-six Rafale pour 7, 4 milliards d'euros. L’Inde suivra, avec trente-six avions pour 8 milliards. Elle choisit l’avion français plutôt que le F/A-18 américain, grâce à une excellente relation avec les industriels français. Et, bientôt, elle double la commande pour s’offrir le Rafale Marine, car elle possède un porte-avions. Or, le Rafale est doté d’un armement dernier cri et surtout d’un système adapté à la piste très courte du porte-avions Charles-de-Gaulle. L’avion ne prend plus son envol, il est catapulté sur les 80 mètres de pont et envoyé dans les airs.
La Grèce, la Croatie, la Serbie, l’Indonésie suivent… Le carnet de commandes de Dassault Aviation totalise, depuis le début du programme Rafale, 507 appareils. C’est historique. Dassault Aviation a engrangé 43 milliards d'euros, en 2025. Chaque mois, trois Rafale sortent de la chaîne de Mérignac-Bordeaux de Dassault Aviation. Et ce sont, en tout, 7.000 professionnels de 400 entreprises qui fournissent les quelque 300.000 pièces du Rafale.
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66 commentaires
J’ai connu un vieux employé qui vénérait « Marcel ». Il faisait le tour de ses usines avec les poches pleines de billets de 500 Francs. Il les distribuait au passage pour montrer combien il les appréciait.
L’un de nos derniers sujets de fierté ! Faisons confiance à nos dirigeants et/ou à l’Europe pour couler ou s’approprier ce bijou Français qu’est la firme Dassault et son merveilleux Rafale. (Combien j’aimerais avoir tort !).
C’est une très bonne chance pour la société Dassaut Industrie et pour l’industrie de défenses Françaises ! Maintenant il serrait aussi temps, de reprendre aux Américains ! La société au départ Française, qui fabrique les Micros Puces et les Micros Processeurs, qui équipent l’Avion de Chasse Rafale et d’autre avions ! Va ont être capable de remettre en fabrication, des canons César vue qu’on les a tous donné à l’Ukraine et que des Ukrainiens qui avaient besoins de se faire un peux sous, en ont vendue deux à la fédération de Russie , pour 250 Milles Dollars ! Alors qu’un Canon César vaux 1 Millions de Dollars ! Les Russes ont été ravis de cette acquisition, puisque ils les ont étudiés et ils y ont des modifications pour amélioré ses performances et son efficacité ! Tout ceci est lunaire Hervé de Néoules !
« » »Revenons aux années 1980. Après les avions Mirage IV et Mirage 2000, ….voici le Rafale, ????? » » » »
STOP, NON ,la liste est fausse . il manque le « »MIR 4000 « »,que ,Pépé *et nous avons fait pour prouver aux Zidiots Zénarques ,de giscard que Nos ARMEES
voulaient en ces combats modernes un avion bi moteur et bi place.
*avec ses propres deniers .
je me souviens avoir enlevés ,
cravate et blouse blanche pour descendre aux manivelles faire des copeaux afin de le sortir pour salon.
En 81 le Mitterand voulait présenter les mirages aux salon sans leurs armes ?, et le quinquin voulait nationaliser la Maison et nous faire devenir des fonctionnaires .
( si cela avait été ,les 5 protos de Rafales D ne seraient pas encore terminés en ces jours).
Article assez complet bien qu’il soit limité à quelque quarante lignes. Merci.
Macron pour favoriser l’entrée de la Serbie dans l’UE lui a vendu des Rafale.
La Serbie orthodoxe et slave est un fidèle ami de Poutine (d’ailleurs présent à Moscou pour le défilé du 9 mai).
Le 1er Rafale sur le tarmac de Belgrade sera immédiatement accueilli par des russes pour étudier toute ses forces et faiblesses.
Bravo Macron.
Soyons sérieux. C’est fait depuis longtemps en Inde et en Egypte, qui ont de très bons rapports avec la Russie.
Même s’il convient d’attendre les résultats de l’enquête que ne manquent pas de conduire l’armée de l’air indienne, il semble que le Rafale ne soit pas en cause en tant que tel. En effet, le raid aérien indien, auquel participait l’avion, n’a pas quitté son territoire national pour effectuer ses tirs de riposte à grande distance sur les cibles civiles pakistanaises. Ce qui a sans doute surpris, c’est la quasi instantanéité de la réponse aérienne pakistanaise avec des appareils et missiles de qualités, chinois en l’occurrence, et le pilote du Rafale indien n’a pas su ou pu réagir face au missile qui a détruit son appareil. Tout cela n’est certainement pas une affaire d’avion mais plutôt une affaire de formation et d’entrainement des pilotes et tout porte à croire que dans ce domaine les pakistanais, avec l’aide des chinois, ne sont pas moins bons que les indiens.