[LE GÉNIE FRANÇAIS] La belle histoire (française !) oubliée de la Louisiane
« Et si Trump restituait la Louisiane à la France ! », se demandait Didier Jacob, pour qui l’acte de vente du territoire louisianais aux États-Unis semble pouvoir être aisément contesté (Le Nouvel Obs 17 janvier 2026). Au moment où les discussions sur le Groenland et sur les colonies en général battent leur plein, il est intéressant de revenir sur cet épisode de la grande Histoire de France. Rétablissons quelques vérités face aux idées reçues, aux idéologies et surtout à l’inculture d’une minorité qui, affamée de révolution, malgré l’amour du monde pour la France, veut toujours sa déconstruction ou sa chute.
La moitié des États-Unis étaient français !
Combien de Français le savent ou s’en souviennent s’ils l’ont appris à l’école ? La Louisiane, qui représentait plus du tiers du territoire actuel des États-Unis, a été française de Louis XIV à Napoléon.
La France est la première à y planter son drapeau blanc à fleur de lys. C’est un grand voyageur explorateur de Rouen, René-Robert Cavelier de La Salle (1643-1687), qui parcourt la région des Grands Lacs des États-Unis et du Canada actuels, puis le fleuve Mississippi. Il découvre les territoires situés entre ces lacs au nord et le golfe du Mexique au sud. Sur deux millions de kilomètres carrés, ils recouvraient vingt et un États américains d'aujourd'hui. En l’honneur de Louis XIV, notre brillant pionnier donnera à l’immense territoire le nom de Louisiane, qu’il placera sous l’autorité du roi.
L’État actuel de Louisiane est resté, après le Canada, le plus français des territoires américains ; par ses coutumes et son mode de vie ; par le nom de ses villes : La Nouvelle-Orléans, qui compte avec sa région 1,3 million d'habitants ; Bâton-Rouge, Lafayette… ; par ses auberges et cabarets ; par son architecture à colonnades ; ses rues à angle droit dues au précurseur de Haussmann, Leblond de Latour ; et leur désignation : rue Royale, de Bourbon, de Chartres, de Toulouse…
Louisiane française, un siècle d’Histoire
L’histoire de la Louisiane française a duré plus d’un siècle, de 1682 à 1803. Cette colonisation était fondée sur la coopération. Contrairement aux colonies britanniques, qui refoulaient les populations amérindiennes, la présence française reposait sur un faible nombre de colons, de commerçants et de missionnaires.
Les Français ont très tôt œuvré pour des alliances durables avec les nations indiennes. Selon l’historien américain Francis Parkman (1823-1893), « la civilisation hispanique a écrasé l'Indien, la civilisation britannique l'a méprisé et négligé, la civilisation française l'a adopté et a veillé sur lui ».
Une colonisation tissée d’alliances et de coexistence
Les relations sont fondées sur le commerce, notamment de la fourrure, mais aussi sur un respect relatif des mœurs, des structures sociales et des territoires. Le métissage, culturel autant que biologique, y est courant.
Rien de très nouveau : en 1550, déjà, sous Henri II, fils de François Ier, Indiens et Normands fêtaient ensemble la venue du roi de France à Rouen. Les Rouennais avaient prié un chef indien Tupinambas de traverser l’océan avec sa tribu afin d’offrir un spectacle en l’honneur du roi de France.
De Louis XIV à Napoléon
Mais nous sommes maintenant en 1803. Napoléon, Premier consul, juge ces colonies indéfendables contre la Couronne britannique et il y a fort à faire en Europe contre l’Angleterre. Cela l’amène à vendre la Louisiane au grand homme d’État Thomas Jefferson, troisième président des États-Unis et l’un de ses principaux Pères fondateurs.
Bien sûr, aucune colonisation n’est idyllique. On ne peut empêcher les conflits comme dans n’importe quel groupe humain. Mais celle-ci s’inscrit dans une logique d’équilibre et de coexistence. La Louisiane française témoigne ainsi d’une autre manière de coloniser, plus diplomatique, plus souple et profondément différente des schémas simplificateurs souvent projetés sur l’ensemble de l’Histoire coloniale européenne.
La France a quitté l’Afrique parce qu’elle lui coûtait trop cher
Autre idée reçue solidement ancrée : celle d’une Afrique prétendument pillée par la France au détriment de sa richesse et de son développement. Cette thèse a été très sérieusement remise en cause par de nombreux historiens, au premier rang desquels Jacques Marseille, grand spécialiste de l’Histoire économique coloniale.
Ses travaux montrent que l’empire colonial africain, dans sa globalité, a coûté plus cher à la France qu’il ne lui a rapporté. Infrastructures, administration, armée, santé, éducation : l’État français a massivement investi dans des territoires souvent peu rentables, sans jamais parvenir à en tirer les profits que l’imaginaire militant lui attribue. Alors que la France était en reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, elle s’est rendu compte que la colonisation africaine lui coûtait trop cher.
Comprendre le colonialisme
L’histoire de l’humanité est, depuis l’Antiquité, une succession de colonisations, de conquêtes et d’intégrations culturelles. Là encore, il ne s’agit pas de nier les erreurs, les violences ou les injustices des périodes coloniales, mais de refuser une lecture simpliste qui transforme l’Histoire en procès permanent. Comprendre le colonialisme exige de l’inscrire dans son contexte historique, économique et géopolitique, et non de le juger exclusivement à partir des sensibilités contemporaines. Sans parler de l’esclavage en Afrique, où tout un chacun était esclave ou esclavagiste depuis toujours, avant qu’aucun Européen n’y mette les pieds.
Vive la France...
qui s’est illustrée sur toutes les mers et les continents, par ses grands explorateurs qui y ont planté notre drapeau et laissé dans le monde une marque d’admiration indélébile !
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37 commentaires
Déconstruire l’histoire est une façon de la gauche à détruire la République pour imposer ses visions du monde. L’emprise de ce parti dans l’Education Nationale joue ce rôle de « décérébration » chez les enfants. De même, les médias, en particulier la télévision, ne jouent pas leur rôle d’éducation sinon de restitution de la vérité qui devrait calmer les esprits.
Merci monsieur De Quelen de remettre les choses à l’endroit concernant le prétendu colonialisme sanguinaire des Français.
Et si la France devenait un état américain?
L’église remise au centre du village. Merci monsieur de Quelen.
Excusez ce vieux réflexe d’enseignant invétéré : on ne dit pas » Ils ou elles battent leur plein » mais » Elles ou ils battent son plein « .
Poischiche, très bon pseudo, car contrairement à une idée répandue, il ne s’agit pas du bruit mais de l’article possessif, donc « son » devient « leur ».
Pas tout à fait…
Emmanuel, courage, dites-en plus pour qu’on comprenne…
Si on ne l’avait pas vendue, ces satanés Anglais nous l’auraient volée et pillée.
Vous voulez rétablir des vérités ? Le pluriel de « son » n’est pas « leur » vous ne dites pas » j’aime les leurs de leurs cors au fond des bois », la fête bat son plein « son » veut dire bruit, musique….
Désolé, Coelenbier, si vous vérifiez bien, le pluriel de « battre son plein » est bien « battre leur plein ».
Ici il s’agit bien du possessif selon l’Académie f….
J’ai deux « collégiennes »… et la façon dont l’histoire leur est enseignée me sidère. J’interfère un peu pour redresser leur trajectoire mentale; mais c’est un sacré boulot.
Bon courage
La France est le premier pays, à ma connaissance, à avoir aboli l’esclavage sur son territoire : en 1315 par Louis X.
J’en suis fier en tant que français (même si je n’y suis pour rien ).
Excellent article; on peut en prolonger la lecture avec les ouvrages de Bernard Lugan, un africaniste réputé et loin des délires actuels
Article intéressant et utilement provocateur, mais qui gagnerait en solidité historique à davantage distinguer faits établis et thèses débattues. Oui, la Louisiane française fut immense et la présence française y fut souvent fondée sur des alliances plutôt que sur un peuplement massif. Mais parler de « moitié des États-Unis » ou présenter la colonisation française comme essentiellement coopérative relève de la simplification. De même, la thèse selon laquelle la France aurait quitté l’Afrique parce que la colonisation lui « coûtait trop cher » est loin de faire consensus parmi les historiens. Enfin, rappeler l’existence d’esclavages précoloniaux en Afrique ne saurait relativiser la rupture majeure qu’a constituée la traite atlantique. L’histoire gagne à être comprise dans sa complexité, non mobilisée comme un plaidoyer à charge ou à décharge.
Relisez bien Jacques Marseille dans le détail. C’était même un homme de gauche au départ, socialo-communiste… Il a évolué grâce à son énorme travail sur l’Afrique et ne s’est pas prononcé par idéologie, mais sur des faits et des chiffres. D’ailleurs, Emmanuel 1234, voyagez en Afrique et vous verrez le nombre de gens qui regrettent et aiment la France, ne serait-ce que dans le respect qu’ils auront pour vous. A la différence de plusieurs Africains français qui nous disent encore très injustement que nous avons pillé l’Afrique.
Napoléon (la Louisiane), Louis XIV (le Canada) : deux gros nuls.
Théorie de la nation, pouvez-vous développer svp ? Cela pourrait être intéressant, alors que les insultes pures ou gratuites sont souvent des éloges pour ceux qui les reçoivent !
encore beaucoup de ses habitants parlent Français et eux aiment toujours notre pays.
La capitale est Bâton-Rouge, pas La Nouvelle-Orléans.
Oui
Tarick Dali, il faut vérifier avant de corriger.
Nouvelle‑Orléans a été la capitale pendant plusieurs périodes (coloniale, espagnole, puis depuis 1846). Bâton Rouge a été la capitale uniquement de 1816 à 1846.
Erratum. OUI TARICK DALI, c’est aujourd’hui Bâton rouge !
Bon après pas de regret vu ce que devient la France. Les politiques à la française auraient laissé exsangue ce grand pays qu’on appelle les USA. Le pays où le courage est encore l’adage des brave.
Merci Mr Antoine de Quelen. Cet article devrait être lu dans toutes les Écoles, de la 6ème à l’ENA. Comme vous le dites si bien il s’agit d’apprendre l’Histoire dans son contexte, vécu par ceux qui l’ont écrite. La France a toujours eu de très bons historiens ; vous en faites partie.