La Sagrada Família souillée par des militants écologistes
Ce week-end, l’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone a été souillé au nom de la cause climatique. La Sagrada Família, chef-d’œuvre inachevé d’Antoni Gaudí et joyau du patrimoine mondial, a vu sa façade aspergée de peinture rouge par des militantes écologistes. Derrière ce geste spectaculaire, leurs motivations sont claires : alerter sur l’inaction gouvernementale face au changement climatique. Cependant, aussi légitimes que peuvent être les inquiétudes liées aux nombreux incendies qu’a traversés l’Espagne cet été, l’acte lui-même ne peut être perçu autrement que comme une atteinte inacceptable envers un patrimoine religieux et culturel, un acte de vandalisme qui ne sensibilise pas mais choque, divise et endommage l’héritage de tous.
L’attaque écologique
Dans une vidéo publiée sur Instagram, ce dimanche 31 août 2025, deux militantes du collectif Futuro Vegetal sont évacuées par les forces de sécurité, tout en clamant « justice climatique », après avoir jeté de la peinture rouge sur le bas d’une colonne de la façade de la Sagrada Família.
Le collectif explique, dans un communiqué, que cette action visait à dénoncer « la complicité de plusieurs gouvernements dans les incendies ravageurs de la péninsule Ibérique », soulignant que, « selon le ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, 70 % des incendies de forêt seraient liés à des activités d’élevage » et qu’« un puissant lobby de la viande utiliserait même ces incendies comme outil de propagande ».
Cette action s’inscrit dans la lignée d’autres protestations spectaculaires menées par Futuro Vegetal comme, en 2022, au musée du Prado où des militants ont collé leurs mains sur les cadres de certaines œuvres du maître Francisco de Goya.
Autres incidents
Malheureusement, ce n’est pas la première fois que la Sagrada Família est ciblée pour des messages engagés, qu’ils soient écologiques ou même terroristes.
Ainsi, en 2009, des militants de Greenpeace avaient escaladé la basilique, munis de banderoles pro-climat, en pleine période de négociations internationales précédant le sommet de Copenhague. Quelques années plus tard, en 2013, une dizaine d’activistes avaient de nouveau grimpé sur la façade, déployant des banderoles avec des images et le mot « Liberté », en solidarité avec des militants détenus en Russie. Luis Ferreirim, responsable chez Greenpeace, déclarait alors : « Nous avons choisi la Sagrada Família parce qu'elle est connue dans le monde entier. Nous voulons transmettre notre message de liberté pour nos camarades au monde entier. »
Sur un tout autre plan, les attentats djihadistes des 17 et 18 août 2017, qui ont causé la mort de 16 personnes et plus de 150 blessés, visaient initialement plusieurs cibles emblématiques, dont la Sagrada Família. Selon les autorités, la cellule terroriste avait identifié ce lieu comme une possible cible, avant qu’une explosion accidentelle dans leur planque à Alcanar ne change leur plan.
Un chantier éternel
Pour rappel, la construction de la Sagrada Família a débuté le 19 mars 1882, sur l’initiative d’une association de dévots de Saint-Joseph. Le projet initial fut transformé en 1883 lorsque Antoni Gaudí en prit la direction, donnant libre cours à sa vision révolutionnaire du modernisme catalan.
Gaudí, mêlant audacieusement symbolisme religieux et formes naturelles, dirigera les travaux jusqu’à sa mort en 1926, époque à laquelle moins d’un quart de l’édifice était achevé. La guerre civile espagnole en 1936 provoqua d’importants dégâts et ralentit fortement le chantier
Les travaux reprirent ensuite à partir des années 1950, guidés par des reconstitutions des plans de Gaudí. La façade de la Nativité fut achevée en 1976, suivie par la façade de la Passion, et la crypte et la Nativité furent classées patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005. En novembre 2010, le pape Benoît XVI a consacré la basilique, désormais active pour les offices religieux.
Les fonds actuels proviennent principalement du tourisme, avec près de 5 millions de visiteurs par an. La tour centrale dédiée au Christ, culminant à 172,5 mètres, doit s'achever bientôt afin de coïncider avec le centenaire de la mort de Gaudí. Une grande œuvre considérée comme un vulgaire panneau d'affichage revendicatif par une poignée de militantes.
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32 commentaires
Il y a une époque où dégrader vous valait un petit séjour en prison, une amende et le cout de la remise en état. Aujourd’hui, vous avez droit … à une couverture médiatique. Pas le même châtiment !
Ca commence à bien faire cette impunité envers ces khmers verts
Ils peuvent tout se permettent et on laisse faire, ras le bol, ils dégradent tout
« la complicité de plusieurs gouvernements dans les incendies ravageurs de la péninsule Ibérique ». permet d’éviter d’évoquer « la complicité de plusieurs organisations écologistes » dans leur interdiction de tout entretien des forêts. Place au feu!
Allez, la semaine prochaine le Taj Mahal, la Grande Mosquée de Casablanca, St Basile à Moscou, la Pierre Noire à La Mecque…non, c’est plus facile à Barcelone pour taguer la Sagrada Familia ou à St Pierre à Rome pour danser sur l’autel !
« Il y a de plus en plus de consultation chaque année mais je crois que ceux de l’année prochaine sont déjà là ». Patrick Timsit.
Plutôt que d’ « éjecter » ces deux débiles, il aurait mieux valu leur faire nettoyer soigneusement leurs dégradations !
On devrait toujours faire réparer, puis dresser amende voir prison !
Madame a cassé un verre à la table du restaurant, elle a du insister mais elle a tenu a rembourser la casse. Pourquoi ne pas faire de même ici, bien que les délinquants soient idiots, ça fait les pieds comme on disait dans le temps !