Kermit, place Vendôme : le patrimoine une fois de plus parasité par l’art contemporain
Difficile d’y échapper. Un gigantesque Kermit gonflable dépare la beauté classique de la place Vendôme, à Paris. La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf — « Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ? » — devait peu ou prou ressembler à cela. Onze ans après le sapin vert de Paul MacCarthy, surnommé « plug anal » par ses détracteurs, rien n’a changé dans l’art contemporain, grand parasite des lieux patrimoniaux.
Trump dans le rôle du méchant
La présence de Kermit the Frog, Even (tel est le titre de la baudruche) s’explique par la tenue de l'Art Basel Paris, grande foire d’art contemporain où se retrouvent galeries privées et institutionnelles et qui se déroule ces jours-ci au Grand Palais (24-26 octobre). Le directeur d’Art Basel l’explique à l’AFP : c’est une façon de soutenir la chaîne PBS qui diffusa le Muppet Show. La grenouille en était une marionnette récurrente. Car cette chaîne publique connaît une coupe budgétaire de 21 %. La faute à Trump. Dans le monde de la culture, on a la résistance facile.
Le plasticien créateur de cette horreur gonflable est Alex Da Corte. Exposant à l’internationale, il exploite la veine de la pop culture, des couleurs flashy et du kitsch : rien d’original, dans un univers où plasticiens et installations sont interchangeables à volonté — n’est-ce pas le propre d’un monde fluide ? Le plasticien lui-même est un concept. Il revendique les origines vénézueliennes paternelles, se voyant comme « immigrant » et « sans racines ». Il met en avant sa sexualité, qui est fatalement hors des normes supposées du patriarcat : « Il existe une façon queer de voir le monde. » Alex Da Corte est à lui seul un personnage de série Netflix.
Depuis le 22 octobre et jusqu'au 26, une énorme installation gonflable verte fluo s’étale sur la très chic place Vendôme.
L’œuvre surréaliste, baptisée Kermit the Frog, est signée de l’artiste vénézuélo-américain Alex Da Corte. pic.twitter.com/yHsGDGZKMi
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) October 22, 2025
Le Comité Vendôme ne répond plus
D’un côté, l’architecture de la place Vendôme, modèle classique et élégant par ses volumes, ses décors sculptés et jusque dans le détail de ses modénatures. De l’autre, la grenouille gonflable verte d’Alex Da Corte. Qui gagne, sinon l’organisme parasitaire dont la laideur envahissante souille toute appréciation de la beauté du lieu — l’une des cinq places royales de Paris ?
Il existe un « Comité Vendôme » où siègent les acteurs emblématiques de la place et du quartier. Ledit comité a pour mission de préserver « le supplément d’âme de la place Vendôme ». Nous avons posé trois questions au comité : 1) Cette installation a-t-elle été validée par le Comité Vendôme ? 2) Si oui, comment est-ce conciliable avec sa mission ? 3) Sinon, le comité n’avait-il aucun moyen de s’opposer à cette installation ? Le Comité Vendôme nous répond que « Art Basel Paris bénéficie d’une convention avec la ville de Paris ».
L'art des traders contre l'art français
Le monde du luxe, de l’élégance et du raffinement n’est pas imperméable aux sirènes de l’art contemporain. Cartier a sa boutique place Vendôme et sa fondation d’art contemporain au Palais Royal. Snobisme : il faut en être. Placements, aussi : décrit par Aude de Kerros ou par Jean Clair, l’art contemporain est cet « art des traders » où collectionneurs, galeristes, foires et musées s’entendent à faire croître prix des œuvres et cote des artistes.
En 2016, Alex Da Corte faisait parler de lui parce qu’il était collectionné… par Ivanka Trump, la fille du méchant qui coupe dans les subventions de PBS. À cette occasion, Libération l’épinglait dédaigneusement parmi « tout ce que le milieu de l'art compte de jeunes prétendants branchés ». Depuis, il a fait son chemin. Art Basel le récompensera-t-il comme artiste emblématique, artiste établi ou artiste émergent ? C’est la version moderne des académiques médailles de 1re, 2e ou 3e classe. Rien n’a changé dans le cursus honorum de la médiocrité.
Moins d’une semaine après le retentissant vol du Louvre, la présence de Kermit the Frog est une nouvelle insulte au patrimoine. Les joyaux de la Couronne n’étaient protégés que par quelques vitres dérisoires, personne ne défend l'honneur des façades de la place Vendôme. Le patrimoine français, marqueur d’enracinement et d’identité, est bon à voler ou à souiller, avec la bénédiction de ce qui nous sert d’élites.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts



































90 commentaires
Combien a coûté Kermit ? Combien a coûté « l’arbre » (sic) métallique de Braun Pivet à l’assemblée ? Combien a coûté le Plug ? Etc. etc. etc.
Depuis l’arrivée de Mitterrand et de Jack Lang, l’Etat a montré « l’exemple » !!!! Comment dépenser l’argent des Français et de la France dans les projets les plus c…. ???? Puis les Zélus s’y sont mis ! C’est à celui qui aura l’idée la plus saugrenue pourvu que France 3 Région Trou Perdu parle d’eux.
Refaire les routes ? Investir dans de nouveaux IRM dans les hôpitaux ? Refaire les canalisations et amener l’eau courante à Mayotte qui n’en n’a pas ? Entretenir notre patrimoine ? Installer des alarmes incendies et des extincteurs à Notre Dame ? Mettre des caméras et armer le vigiles du Louvre ?
Construire des commissariats, des prisons ? Equiper la défense nationale des avec les armes les plus modernes ? Etc. etc. etc.
Mais ma bonne dame ! Vous n’y pensez pas ? Les incompétents que vous avez élus sont là pour dépenser ce que vous avez sué sang et eau pour acquérir !
Les Français s’étonnent que l’on ait pu s’endetter à hauter de 3 400 milliards en 40 ans. Mais si vous prenez le nombre d’élus de ce pays (600 000), le nombre de fonctionnaires ( environ 7 millions si on compte EDF, SNCF, etc.) et tous les « investissements » (sic) que je viens d’évoquer ci-dessus et que vous les multipliez par le nombre d’élus,s, on arrive à cette catastrophe.
Et ça va couter combien aux contribuables , l’installation de cette horreur ?
Obscénité, mauvais goût, laideur, qualificatifs qui conviennent parfaitement à cette chose qui défigure la place Vendôme.
Mais le pire c’est que cette chose est subventionnée par de l’argent public, argent qui a fait défaut pour mettre nos pièces historiques à l’abri du vol perpétrait dimanche dernier au musée du Louvre.
Voila où nous mènne une politique culturelle débridée.
Malheureusement, personne ne volera cette daube. Ni ne pleurera de la voir passer dans le ciel de Paris si son arrimage lache…
Le foutage de « g…. » n’a plus de limites. C’est terrible de se dire que « l’art » prend des formes à ce point grotesques . On en rirait si ça n’était pas une atteinte si grave au sens de l’esthétique qui a fait la grandeur de notre patrimoine artistique.
Sur un autre média, j’ai cru à un bobard. On nous habitue _ donc _ à ce genre d' »oeuvres » ? … Est-ce pour Halloween ? On a échappé au plug ( c’est bien ça ? ). Bref, décadence !
Le principe de la grenouille dans un bocal porté à ébullition ! …
Le prétendu « Art moderne » est d’une nocivité sournoise tout en coûtant lui aussi un pognon de dingue …
Un autre exemple de cet « art » : l’arbre encensé par la « pic vert » placé à l’Assemblée Nationale ! …
C’est monstrueux ! Ces gauchos ont vraiment un goût de m…. ! A moins que ce ne soit que pure provoc… allez savoir ce qui se passe dans ces esprits complètement déformés…
L’art contemporain est une brillante idée , qui permet de faire naître et accepter toute lubie soit-disant artistique , pouvant être choquante ou provocatrice mais toujours issue du milieu gauchiste . Une chasse bien gardée de plus pour le camp du Bien .
On fait tout pour ternir le patrimoine français et pour cela il y a de l’argent… C’est à vomir
L’horrible, la laideur immonde sont donc devenus la norme dans le microcosme du monde de » l’art contemporain »…
Comment a t’on pu laisser installer cette horrible chose, qui n’a rien » d’artistisque » au coeur de la magnifique place Vendôme, qui s’en trouve défigurée.
C’est une insulte à la beauté, à l’esthétisme. Un outrage à notre patrimoine.
J’avoue avoir un problème de compréhension, je n’arrive pas a voir de l’art dans ce truc vert place Vendôme.
Mais quand va-t-on voter une Loi interdisant le plastique inutilement fabriqué? On nous parle de notre empreinte « carbone » à longueur de journée. Combien d’ émanations de gaz toxiques pour produire cette sottise? Que devient-elle ensuite ? Liner pour piscine? Ou déchetterie? Combien de kilowattheures pour gonfler cet engin? Et la société ( dont -paraît-il- Trump a coupé de subvention) d’ où est issue la grenouille perçoit -elle des Droits d’ auteur ou Droit de diffusion de l’ image? Quelle époque !
S’agirait-il du nouveau cheval de Troie placé sur une place prestigieuse, époque ou les voyous et autres s’enrichissent d’idées farfelues mais rémunérantes.
Qualifier d’art, cette chose grotesque est pour le moins abusif, la placer devant le fronton du ministère de la justice est par contre pour le moins amusant.