Guillotine érigée place de la Bastille : le député E. Casterman saisit la Justice

L'instrumentalisation de la guillotine par une certaine mouvance de gauche prend une ampleur plus qu'inquiétante.
image BV Jean Bexon
@Jean Bexon

« On ne peut plus se permettre de laisser se propager ce type d'appel au meurtre qui pourrait se transformer en actes ! », s'insurge Eddy Casterman, au téléphone. La mise en scène macabre dévoilée par notre journaliste Jean Bexon a enflammé la Toile : en plein cœur de la manifestation du 18 septembre, place de la Bastille, des manifestants escortés par des danseurs endiablés ont porté en triomphe une guillotine sur laquelle étaient inscrits des noms « Bolloré, Arnault, Stérin, couic », accompagnés du slogan « Si t'es écolo, plante un facho ». Un véritable appel au meurtre qui n'est pas passé inaperçu - grâce au tweet de BV - pour le député Identité-Libertés de l'Aisne. Ce dernier a décidé de réagir en signalant au procureur de la République, en vertu de l'article 40 du Code de procédure pénale, ce qu'il considère comme une « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » réprimé par l'article 24 de la loi sur la liberté de la presse. 

Symptôme d'une contestation marquée par une violence croissante qui ne se cache même plus, l'instrumentalisation de la guillotine par une certaine mouvance de gauche du symbole de la sanglante période révolutionnaire de la Terreur durant laquelle des dizaines de milliers de Français ont été conduits à l'échafaud prend au sein des manifestations d'ultra-gauche une ampleur plus qu'inquiétante.

« Planter des fachos »

« Ce signalement au procureur de la République intervient dans une contexte d'augmentation de la violence qui s'exerce à l'encontre de militants, d'influenceurs et de lanceurs d'alerte de droite par une gauche qui se radicalise et peut engendrer des drames, on l'a vu aux États-Unis avec ce meurtre de Charlie Kirk par un fou biberonné aux médias et réseaux sociaux d'ultra gauche ! » L'occasion, pour le député, de saluer au passage l'importance de médias alternatifs de droite comme BV sans qui il n'aurait jamais eu connaissance de cette mise en scène : « Ce n'est pas par France Inter ni par Patrick Cohen que l'info me serait parvenue », tient-il à préciser. Il dénonce « la symbolique parfaitement étudiée de cette guillotine sur laquelle des Robespierre des temps modernes appellent à "planter des fachos", autrement dit des gens de droite, puisque c'est ainsi qu'ils les désignent et appellent au meurtre de personnalités ciblées parce que de droite ».

La guillotine, instrument traditionnellement utilisé par l'ultra-gauche

La guillotine a le vent en poupe, ces derniers temps. En France, elle est revenue sur le devant de la scène à l'occasion de la crise des gilets jaunes. L'instrument de mise à mort né en France et utilisé jusqu'à l'abolition de la peine capitale en 1981 sous l'impulsion de Robert Badinter - qui, ironie du sort, sera bientôt panthéonisé - réapparaît aux États-Unis et au Royaume-Uni dans les mains des contestataires d'ultra-gauche. Régulièrement utilisée dans les manifestations anticapitalistes des années 1990, elle est instrumentalisée par des militantss du G20 qui simulent la décapitation du prince Andrew à l'occasion du mariage du prince William en 2011. Lors de la première élection de Donald Trump, elle devient « l’accessoire privilégié des manifestants issus de la gauche radicale aux États-Unis et au Canada » qui brandissent le slogan « Make Guillotines Great Again » et l'utilisent en symbole imagé sous toutes ses formes. À Portland, en 2018, les opposants à la construction du mur mettront en scène la décapitation de leur président.

Des images qui font tache d'huile, en France, où la guillotine reprend racine en 2018, lorsqu'une frange radicalisée des gilets jaunes l'utilise sur les ronds-points et dans certaines manifestations. À Caen, en prévision d'une grève prévue le 21 janvier 2020 - date anniversaire de la décapitation du roi Louis XVI -, une vidéo de manifestants scandant « Louis XVI, on l'a décapité ; Macron; on peut recommencer », relayée par une certaine Raquel Garrido (ancienne députée LFI), crée la polémique. L'élue tente de rétropédaler, pointe « le manque d'autodérision des macronistes » et invoque « le tempérament moqueur des Français et leurs références historiques profondément républicaines » ; un certain romantisme de la guillotine est né. Il sera savamment entretenu par Antoine Léaument, député LFI de l'Essonne, adorateur de Robespierre. Le même mois de janvier 2020, l'appel à la décapitation d'Emmanuel Macron est repris lors d'une manifestation parisienne, place de la Concorde - lieu du supplice de Louis XVI -, au cours de laquelle une collecte est organisée pour le rétablissement de la guillotine.

Lors de l'épidémie de Covid-19, le hashtag #Guillotine2020 fait florès, en France comme aux États-Unis, brandi par une contestation populaire, là encore d'ultra-gauche, exaspérée par les leçons de morale distillées par les riches et les nantis pendant le confinement. Thierry Lhermitte, Juliette Binoche, Marion Cotillard mais aussi Léa Salamé, Pascal Praud, Éric Zemmour, Robert Namias, Raphaël Enthoven et Sylvain Tesson sont nommément ciblés.

Le pouvoir macroniste, en validant l'horrifiante mise en scène de la reine Marie-Antoinette tenant sa tête ensanglantée décapitée, lors de la cérémonie des Jeux olympiques, participe à sa manière à la banalisation de la guillotine dans l'imaginaire collectif.

Et la Justice ?

Eddy Casterman espère, pour sa part, que le signalement au procureur sera suivi d'effets. Au même titre qu'il attend également des réactions politiques fermes de la part de Bruno Retailleau, qu'il a récemment interpellé, avec sa collègue Anne Sicard, députée Identité-Libertés du Val-d'Oise, pour la protection des lanceurs d'alerte de droite après le meurtre de Charlie Kirk.

Deux affaires similaires ont récemment intéressé la Justice. Jocelyne Chassard, coupable d'avoir, lors d'une manifestation des gilets jaunes en septembre 2020, proféré le slogan « Macron destitution, Macron décapitation, Macron explosion ! » (la vidéo ayant été vue plus de 200.000 fois), a été condamnée à trois mois de prison avec sursis. Plus sévère, encore, aura été la sanction infligée, en avril 2025, à ce militant de 76 ans, « sympathisant d'extrême droite », pour avoir posté la photo d'une guillotine accompagnée de ce commentaire adressé à la magistrate Bénédicte de Perthuis, qui a condamné Marine Le Pen à l'inéligibilité : « Ce que mérite cette sal***. » À l'époque, dans son réquisitoire, le procureur faisait remarquer : « En France, il y a des gens qui se sont fait trancher la tête, qui se sont fait décapiter. Derrière son téléphone chez soi, bien au chaud, certes, on ne prend pas de risque, mais c’est une perche tendue à des gens violents ou qui auraient des problèmes mentaux. » Espérons que lorsque les enquêteurs s'intéresseront à la guillotine de la Bastille, il n'y aura, cette fois, pas deux poids deux mesures...

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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Petit à petit la gauche s’immunise du droit et de la loi. L’idée c’est de former la jeunesse lobotomisée et inspirée des « jeunes » des quartiers à la violence. Sans un changement radical de politique la France va connaitre le vrai chaos.

  2. Macron lui-même a encouragé ces scènes macabres depuis la séquence « Marie-Antoinette » des jeux olympiques.Quand je pense qu’on peut être mis en garde à vue pour un Opinel qu’on a dans sa poche pour
    « casser la croûte » Les panneaux à l’entrée de nos villages ne sont pas prêts d’être remis à l’endroit

  3. Les objectifs de l’Extrême Gauche une fois au pouvoir : Remettre en état les guillotines et « planter des fachos » (ça va faire du monde parce que, si on les écoute, toute personne qui ne fait pas, matin et soir, sa prière devant la photo de Mélenchon est un un « facho »). Pour les autres, ouverture de camps de rééducation. En attendant qu’ils se dévorent entre eux comme Danton, Robespierre, St Just, et les autres… se sont à leur tour fait dévorer par le monstre qu’ils avaient créé.

  4. les artisans de la terreur sont morts par la guillotine ; la violence engendre la violence attention au boomerang.

  5. Ce n’est pas comme si on n’avait pas eu récemment deux professeurs decapités. Ces gens sont la lie de l’humanité.

  6. Les gauches, où qu’elles soient ont toujours réglé les problèmes des ceux qui ne partagent pas leurs dogmes en les éliminant.

  7. Et la plainte n’aboutira jamais nous le savons tous . C’est une espèce protégée par Macron donc pas de sanctions .

  8. Habituer les gens à l’inacceptable. C’est le chemin suivi par tous les totalitarisme dès lors qu’ils veulent abattre la démocratie.
    Cette guillotine n’est pas d’une nature différente, mais d’un degré différent avec les enfants « éduqués » (sic) par leurs parents pour jeter des pavés en mousse sur les banques à Aurillac. à 15 ans, ces enfants remplaceront les pavés en mousse par des cocktails molotov et rieront de bon coeur face à un policier transformé en torche vivante.
    Depuis Mai 81 les socialo-communistes au pouvoir n’ont jamais poursuivi devant les tribunaux ces actions. Pis, le pouvoir de gauche a toujours tout fait pour qu’il n’y ait pas de sanctions mais une justification dans L’Immonde ou l’Aberration.

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