François Bayrou dénonce des contrôles au faciès : une « gifle » pour les policiers

L'entretien accordé par François Bayrou à Brut provoque la "colère froide" des forces de l'ordre.
© Capture écran YouTube - Brut
© Capture écran YouTube - Brut

À 24 heures du vote de confiance, était-ce bien utile ? Ce 7 septembre, quelques heures avant de faire face aux députés, François Bayrou a choisi d’accorder un ultime entretien au média Brut. Une dernière confession médiatique pour le locataire de Matignon qui aurait presque pu passer inaperçue, si la question des forces de l’ordre n’avait pas été mise au cœur de l’interview. En effet, moins de 15 minutes seulement après le début de l’entretien, Rémy Busine, journaliste de Brut, interroge le Premier ministre sur une vidéo diffusée par un député insoumis - sans aucun contexte - dans laquelle un policier gifle un jeune homme. Une enquête est en cours pour déterminer le contexte et la réalité des faits. « Ça vous suscite quelle réaction ? » lui lance d’emblée le journaliste. François Bayrou s’enferre alors dans un argumentaire compliqué et finit par accuser les forces de l'ordre…

Un Premier ministre « inaudible »

La première réponse fournie par le Premier ministre se veut prudente. « Je n’ai aucun détail [sur cette affaire, NDLR], assure-t-il. Si tout cela est vérifié, c’est inadmissible et il va y avoir une sanction. » Ceci dit, le locataire de Matignon ajoute immédiatement : « Je n’oublie jamais la situation des policiers chez nous, la manière dont ils sont regardés, traités, parfois agressés, parfois assassinés. […] Je fais attention à ne créer de généralités pour ne pas participer à la montée des tensions. » François Bayrou aurait pu s’arrêter là. Mais, sans même avoir été relancé par Rémy Busine, le Premier ministre décide de digresser et ouvre une brèche : « C’est vrai qu’il y a souvent des contrôles, selon la situation, le quartier, la couleur de peau. Je ne dis pas le contraire » commence-t-il. Le journaliste de Brut saisit l’occasion et demande au maire de Pau de préciser son propos sur les « contrôles au faciès ». « Oui, je n’ai pas de doute qu’un certain nombre de jeunes dans certains quartiers sont contrôlés plus souvent que d’autres jeunes dans d’autres quartiers » lui répond François Bayrou. L’hommage du Premier ministre aux forces de sécurité « vitales pour sauver des gens tous les jours », déclamé quelques secondes plus tôt, se trouve alors totalement éclipsé. « Son hommage est rendu totalement inaudible par ces accusations », abonde Michel Corriaux, délégué national d’Alliance Police Nationale, contacté par BV.

La réaction des forces de l’ordre ne s’est pas faite attendre. Peu de temps après la diffusion de l’entretien, Matthieu Valet, ancien policier devenu député européen du Rassemblement national, ne cache son indignation. « Honte à vous François Bayrou ! Vous salissez l’uniforme de la France. Nos anges gardiens n’ont pas de leçon à recevoir d’un homme qui a giflé un gamin dans une cité », s’emporte l’élu au Parlement européen.

Le syndicat Alliance Police Nationale partage ce sentiment. « Chez les policiers, il y a un sentiment de colère froide qui domine. Quand le Premier ministre accuse les policiers de réaliser des contrôles au faciès, ce n’est pas une petite erreur de communication, c’est une gifle infligée aux policiers. Il abîme l’intégrité et la probité des policiers alors même que mes collègues n’ont qu’une seule boussole dans l’exercice de leurs fonctions : protéger quelque soit la couleur de peau, l’origine ou l’orientation sexuelle. » dénonce Michel Corriaux.

Une fake news de l’extrême gauche ?

« Ce discours sur les contrôles au faciès, on le connait pas cœur. Mais habituellement, il est porté par des militants, des associations et des élus d’extrême gauche. Là, on franchit un cap, c’est le Premier ministre qui reprend cette rhétorique » poursuit le délégué national d’Alliance PN. Avant François Bayrou, Emmanuel Macron, également invité par Brut en 2020, avait lui aussi dénoncé des contrôles discriminatoires qui seraient menés par la police. A quelques jours du 10 septembre, le policier s’inquiète : « Les policiers seront exposés en première ligne et ils sont dorénavant fragilisés par le Premier ministre. »

Alliance PN dénonce par ailleurs une « fake news » de la gauche. « Les contrôles au faciès n’existent pas », assure Michel Corriaux. Si la France a récemment été condamnée pour des contrôles d’identité jugés « discriminatoires » par la CEDH et si une étude réalisée par le Défenseur des droits prétend révéler des contrôles discriminatoires sur la base de déclarations, Michel Corriaux rappelle que « les contrôles d’identité effectués par des policiers sont strictement encadrés par la loi ». En effet, pour pouvoir contrôler des individus, les policiers doivent agir en flagrant-délit sur la base d’un signalement (ils ne sont donc pas responsables du signalement donné par d’éventuels témoins), sur réquisition du procureur dans certains quartiers à certaines heures (là encore, ils ne sont pas responsables si, dans un quartier visé, vit une importante population issue de l’immigration) ou enfin sur la base d’un comportement suspect qu’ils doivent justifier. « Évidemment, les contrôles ne reposent pas sur la couleur de peau mais sur des faits » résume Michel Corriaux.

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

54 commentaires

  1. Ils commencent doucement avec prudence pour aller en suite dans le sens du journalistes d’extrême gauche qui ne doit sa connaissance des cités uniquement lorsqu’il va y faire ses emplettes …
    Le gars qui se balade avec sa capuche sur la tête en plein été , il est normal qu’il se fasse contrôler , surtout quand les caméras fleurissent et les possibilités de reconnaissances faciales. Après que le gars soit d’une ethnie ciblée politiquement par mélenchon ne change rien à l’affaire pour le policier qui fait de la prévention . C’est à dire ,qui empêche le passage à l’acte !

  2. Que pense Bayrou des contrôles au faciès effectués par la RATP et la SNCF ? Seulement pour les voyageurs blancs, bien entendu, comme je l’ai vu faire sur une ligne de bus traversant les beaux quartiers de Paris !

  3. La France n’a vraiment pas de chance, elle collectionne tout les politiques les plus catastrophiques pour la gérer et ce depuis au moins 50 ans. Elle est quand même bien esquintée aujourd’hui, pas facile d’être français fier de son pays.

    • le problème c’est que « les politiques » doués d’une certaine intelligence et du sens de l’Etat, n’y vont surtout pas

  4. « Oui, je n’ai pas de doute qu’un certain nombre de jeunes dans certains quartiers sont contrôlés plus souvent que d’autres jeunes dans d’autres quartiers » ,,, BEN OUI, heureusement !

  5. Comme quoi, il est complètement paumé.
    Va-t-il rentrer à Pau dans son bus au colza ?
    Finalement, en geste écologique et d’économie, ce sera en Mystère 20.

  6. À Tourcoing dans le quartier de la Bourgogne entre autres , la quasi totalité des habitants sont d’origine africaine…si la police veut contrôler un blanc ( ce qui serait un contrôle au faciès) et bien c’est quasi impossible…

    • Le grand remplacement provoque cette situation mais Bayrou ne veut pas le reconnaitre comme il ne veut pas reconnaitre que l’immigration de masse coûte chère aux français qui ne sont pas responsable des dépenses émises par les politiques qui aggravent de 37 pour cent l’immigration existante par des rentrées de 500000 immigrés de plus, puis en leur accordant , vite fait la nationalité pour ne pas que les français puisse se réapproprier leur pays .

  7. Il a tout reusi ce pauvre Bayrou : Augmenter les impots au lieu de réduire les dépenses, opposer les jeunes aux vieux, les riches aux pauvres, les chomeurs aux travailleurs et maintenant se mettre la police à dos. Quel talent dans le ratage ! Enfin, il a gagné son véhicule avec chauffeur à vie, un bureau, un collaborateur, un garde du corps, payés par Nicolas… Encore une économie sur les dépenses de l’État.

  8. Pitoyable personnage qui ne brille pas par sa communication laborieuse et en plus il prend le parti des factieux de LFI.
    Honte à lui et à celui qui l’a mis à ce poste pour protéger la rue arabe, à laquelle il doit, en partie, sa réélection par défaut.

  9. Il est évident qu’on perd un temps précieux quand on examine le cas d’une grand mère qui s’est perdue face à celui d’un délinquant en fuite.. l’aspect le comportement comme l’âge entrent en ligne de compte et on s’attend moins à une réaction dangereuse de la part d’une octogénaire. Que la police fasse une différence c’est non seulement logique mais c’est souhaitable..

  10. Démonstration inepte de la part d’un des plus grands soutiens d’Emmanuel Macron. Cela rejoint les « propos » qu’avait prononcé le locataire de l’Elysée en faveur du jeune Nahel.

  11. Jusqu’au bout ce vieux sénile aura fait du mal . Quand ce n’est pas les retraités, ce sont les français qui ont creusé la dette mais pas lui et ses acolytes, maintenant les FDO mis en cause alors que leurs fonctions aujourd’hui demandent du courage et de la volonté . Non soutenues souvent par leur hiérarchie voilà que le gouvernement s’en mêle pour donner raison à un Melenchon et sa clique LFI. Il est temps qu’une maison de retraite admette le béarnais.

  12. Le Bayrou aurait, une fois de plus, mieux fait de se taire. Suppôt de la macronie et de la gauche bien pensante il est incapable de prendre le recul que sa fonction aurait mérité.

  13. Pauvre Bayrou… Il était temps qu’on lui enlève sa pelle pour l’empêcher de creuser notre tombe.
    Après Gaston, François-la-Gaffe, sans qu’il se force, spontanément.

  14. Tous ces Macronnistes changent d’avis sur tous les sujets, à tous moments, et on s’étonne que la France va mal. Terminer son mandat en insultant des serviteurs de l’Etat, c’est une première.

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