[EXCLUSIF] Limoges : face aux associations, le maire LR refuse de loger des OQTF

« C'est une manipulation organisée, orchestrée, pour garder des OQTF », dénonce-t-il auprès de BV.
Capture écran France 3
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À Limoges, face aux associations militantes, le maire refuse de loger des familles sous OQTF. Et assume.

Le collectif « Aucun enfant à la rue » est très mobilisé, depuis plusieurs semaines, pour trouver une solution d’hébergement à 37 enfants et leurs familles, actuellement sans abri, à Limoges. Problème : ces dizaines de familles sont en situation irrégulière. La proposition de logement de la préfecture - temporaire, donc -, en attendant l’application de l’OQTF et l’expulsion, a été déclinée. Le collectif de défense des réfugiés estime qu'aucune solution durable n’a été proposée par l’État, ses membres militent donc depuis plusieurs semaines auprès de la mairie et demandent la mise à disposition d’une école fermée dont les bâtiments doivent être prochainement démolis.

« Un maire ne devrait pas dire ça », a écrit, dans un communiqué, le député LFI de la Haute-Vienne Damien Maudet. La position du maire Les Républicains et sa réponse déplaît fortement.

Associations et élus d'extrême gauche main dans la main

« Monsieur Lombertie répond "immigration" et se moque ouvertement des associations qui se démènent sur le terrain », écrit le parlementaire mélenchoniste, qui dénonce des « amalgames nauséabonds », une « défausse de toute responsabilité » de la part d’un maire qui « fait honte » aux Limougeauds. Ce n'est, bien sûr, pas la lecture du maire de Limoges. Dans un courrier écrit à sa conseillère municipale d’opposition, qui a été rendu public par le collectif, l’édile précise que les questions de logement sont de la responsabilité de la préfecture et pose un constat : « L’immigration non autorisée a progressivement amené à déborder toutes les capacités d’accueil de notre société. » Le maire n’y va pas par quatre chemins lorsqu'il invite « ceux qui sont favorables à ce type de migration » à « offrir le chaud et le couvert à ceux qu’ils ont fait venir ». Il cible en particulier les associations en les interpellant : « Elles n’ont qu’à faire preuve de générosité et de charité de la part de chacun de leur membre. Pourquoi demander aux autres d’assumer les conséquences de leurs revendications ? » Le collectif « Aucun enfant à la rue » s’étrangle et fustige des « propos inacceptables pour un élu républicain » et une « attitude particulièrement indigne ». « Monsieur Lombertie préfère se défausser en rejetant sa responsabilité sur l’État, puis en ciblant de façon fallacieuse l’immigration comme seule responsable de la situation, comme le ferait un chroniqueur de CNews. » Le collectif dénonce une « irresponsabilité et un véritable mépris de la détresse des autres ».

« Il n’en est pas question »

Contacté par BV, le maire de Limoges reste droit dans ses bottes : « C'est une manipulation organisée, orchestrée, pour garder des OQTF. » Il accuse des « associations de gauche et d’extrême gauche » d’être à la manœuvre. Émile-Roger Lombertie, qui, en juillet, faisait face à de violentes émeutes dans sa ville, insiste sur la situation irrégulière de ces familles sous OQTF « auxquelles la préfecture a fait des propositions de logement ». « Ces propositions rentraient dans le cadre de l'OQTF, donc les familles étaient logées jusqu'au moment où elles seraient expulsées. » Pour l’élu, les associations militantes se sont alors emparées de la situation. « Elles sont assez fortes pour aller chercher ces familles et pour manifester, pour dire "on a des enfants à la rue". ». Les parents, soutenus par les associations, ayant refusé la proposition de la préfecture, le maire dénonce une manœuvre « totalement organisée et manipulée » pour « lutter contre cette saloperie de mairie de droite ». Car Émile-Roger Lombertie nous l’assure : « Toutes les autres familles qui sont d'origine française et qui relèvent du CCAS [Centre communal d'action sociale, NDLR] sont accompagnées et ont bénéficié des aides suffisantes et nécessaires pour ne pas avoir d'enfants à la rue. » Mais dans la situation présente, le maire Les Républicains reste ferme : « Il n’en est pas question. » « Non seulement ce n'est pas de la compétence de la mairie, mais ils doivent soit se plier aux lois de la République et accepter les logements qui sont offerts par le préfet, soit, s'ils veulent aller avec les associations, que ces associations les logent chez eux. » Une logique de responsabilité imparable. Et particulièrement courageuse.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 21/11/2025 à 21:04.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

97 commentaires

  1. C’est une des marques de fabrique de la gauche d’être généreux avec l’argent des autres. Ce maire a parfaitement raison: que les militants de ces associations engagent LEUR argent.

  2. Limoges….Ville restée presque 100 ans à gauche. Les Limougeauds ont attendu que le ville soi devenue l’ombre d’elle même pour réagir politiquement…..Ce maire LR fait ce qu’il peut mais il doit ramer….Espérons que se sconcitoyens seront conscients des enjeux et auront à coeur de sauver la capaitale de la porcelaine….

  3.  » le parlementaire mélenchoniste qui dénonce des « amalgames nauséabonds ». Le premier d’entre eux, c’est l’amalgame entre OQTF et sans abri.

  4. Mr le maire de Limoges a raison. Pourquoi logerait-il des gens qui devraient, selon l’assignation qui leur est donnée, avoir quitté le territoire. Ils devraient être mis dans une salle d’attente dans l’aéroport de Roissy (ou international), en attente du premier avion pour leur pays respectif et ne devraient plus être ailleurs sur le territoire français…

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