Euro : la Bulgarie adopte la monnaie européenne et met en valeur la chrétienté
La zone euro s’est élargie. Le 1er janvier 2026, la Bulgarie est devenue le 21e État à abandonner sa monnaie nationale, en l'occurrence le lev, pour adopter la monnaie européenne. Pour aller à Sofia, il est désormais inutile de passer par la case change. Cela étant, si l’information est intéressante, ce n’est pas uniquement pour cette raison pratique, mais bien parce que la Bulgarie a fait un choix remarquable en matière de pièces. Sa petite monnaie a été frappée de saints.
Sur les pièces de un et deux euros, là où la France fait la part belle à un insignifiant arbre de vie, la Bulgarie met en valeur saint Jean de Rila, le saint protecteur de la nation, auréolé et tenant une croix, et saint Paisius de Hilandar, un moine local. Pour couronner le tout, sur la tranche de ces deux pièces est inscrit : « БОЖЕ ПАЗИ БЪЛГАРИЯ », ce qui signifie « Que Dieu protège la Bulgarie ». Ainsi, la nation bulgare ne fait pas seulement référence à son Histoire mais inscrit dans le présent son attachement au christianisme pour ne pas dire sa dévotion.
Fides et Euro
En septembre dernier, Ilyana Yotova, la vice‑présidente de Bulgarie, a d’ailleurs rappelé l’importance de la foi chrétienne pour son pays. À l’occasion d'un forum scientifique à l'Académie des sciences bulgare, consacré au 1160e anniversaire de la conversion du peuple bulgare au christianisme, au 1170e anniversaire de l'invention de l'alphabet cyrillique et au 1140e anniversaire de la Dormition de saint Méthode, elle a déclaré : « Grâce à l'adoption de la religion chrétienne, de l'alphabet et de la langue, le peuple bulgare et la Bulgarie ont su rester dans la mémoire de l'Europe même lorsque l’État bulgare a disparu de la carte politique du Vieux Continent pendant des siècles. La conversion au christianisme et l'invention de l'alphabet bulgare sont le socle de l’État bulgare et de son peuple. »
Pour l’Union européenne, qui a tendance à oublier, voire à renier ses origines, c’est une véritable leçon. Outre ce pays des Balkans, seuls trois autres États européens ont des figures religieuses sur leur monnaie : le Vatican, Saint-Marin et la Slovaquie. Le Vatican a représenté les papes, Saint-Marin son saint patron, et la Slovaquie la Vierge des Sept Douleurs.
Une leçon pour l’Europe
La Roumanie, Malte, la Pologne, la Croatie, la Serbie ou encore la Grèce, dont les populations sont à près de 90 % chrétiennes, ne sont pas allées sur ce terrain numéraire. La France, qui compte à peu de choses près autant de chrétiens que la Bulgarie (environ 70 %), n’en parlons pas. Évidemment, il aurait été impossible de voir les pièces françaises ornées de ses saints patrons, saint Denis et Jeanne d’Arc, sans provoquer l’ire des défenseurs de la laïcité. Les mêmes qui critiquent aujourd’hui la Bulgarie pour ce choix. Sur X, un internaute qui a vraisemblablement peur de voir des pièces bulgares arriver dans l’Hexagone commente : « La laïcité française ne dit pas merci à cette pièce de monnaie. »
Pour rappel, dans la zone euro, seules les pièces peuvent comporter une spécificité nationale. L’État propose un design qui est ensuite validé par la Commission européenne. Les billets sont, eux, identiques dans tous les États. D’un côté, ils présentent une fenêtre, de l’autre un pont, symboles de l’ouverture et de l’unité européennes. Les motifs sont représentatifs des styles architecturaux présents sur le Vieux Continent (gothique, baroque, roman…), mais sont des bâtiments imaginaires. Ces grosses coupures sans histoire sont désormais complétées par de petites bien ancrées et identitaires.
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40 commentaires
Petit pays mais grand symbole.