Et si on décolonisait France Culture et autres radios d’État ?

Les stations de Radio France sont un relais incontournable des « études décoloniales »…
Radio France décolonisation

Le 25 juin, France Culture recevait Vincent Debaene, sur le thème : « Décoloniser les littératures africaines ». Ce professeur à l'université de Genève vient de publier La Source et le Signe. Anthropologie, littérature et paroles indigène (Seuil). Il s’interroge - d’aucuns diraient qu’il se fait des nœuds dans la tête - sur « le statut des littératures africaines héritées de l’époque coloniale » puisque, selon lui, les auteurs ont écrit sous la pression des « pédagogues coloniaux » et étaient « souvent incités à se penser comme un autre ». Décolonisez-moi tout ça, et que ça saute !

Des études militantes

Deux semaines plus tôt, une autre émission s’intéressait à « notre imaginaire colonial de l’océan ». En cause, le rapport européen à la mer qui a été « conquérant, techniciste et ethno-centré ». Les adjectifs n’ont pas été choisis à la légère. Comment mieux caractériser les défauts, pour ne pas dire le péché, de l’homme blanc en ce domaine comme dans tous les autres ? Réduire des siècles d’explorations scientifiques, d’expéditions militaires et commerciales à ces trois mots est un tour de force. Évacuer le courage qu’il fallait pour se lancer sur un globe mal connu avec des cartes lacunaires, du temps de la marine à voile, est une insulte aux capitaines, matelots et mousses… Voilà des réalités, sinon « décolonisées », du moins réduites en poudre.

Ces salissures intellectuelles sur notre Histoire s’inscrivent dans le mouvement des études décoloniales. Sur le papier, les « études décoloniales » se démarquent de l’anticolonialisme et des théories postcoloniales. Dans les faits, il s’agit toujours de culpabiliser l’homme blanc. Un avatar universitaire de la théologie et de la philosophie de la libération. On débat autour de la race, de la modernité, du genre, du pouvoir… toutes choses intéressantes, n’en doutons pas, s’il s’agissait réellement d’études et de sciences. Mais les décoloniaux s’en cachent à peine : ils sont des militants politiques. D’où, en 2020, le livre de Pierre-André Taguieff L'Imposture décoloniale. Science imaginaire et pseudo-antiracisme (Éditions de l’Observatoire).

Une obsession radiophonique

France Culture, mais aussi France Info et France Inter, sont de fidèles relais des études décoloniales. Ces dernières années, ces radios ont lancé de nombreuses injonctions à « décoloniser ». Leur accumulation n’est pas dénuée de comique. Il faut décoloniser la France globalement. Ou par morceaux (la province). Il faut décoloniser ses arts, ses musées, son théâtre, la musique contemporaine, les jeux vidéo. Mais aussi décoloniser « nos imaginaires » et, non sans ambition, « le récit du monde ».

« Reste-t-il des territoires à décoloniser », a été l’objet d’une émission. Oh, que oui, il en restera toujours : « décoloniser les architectures du continent africain », les noms des rues à Abidjan et en Ouganda… Ne riez pas, chacun de ces thèmes a été un sujet d’émission. Et d’autres encore, la décolonisation vue « du point de vue des colonisés », « virilité et décolonisation », « la fin des colonies de vacances » (jeu de mots, sans aucun doute), décolonisation « des milieux culturels » et, enfin, « dynamiques communes d’une histoire plurielle » — intitulé intello qui peut servir à des tas de choses.

Quelle caisse de résonance offerte à toutes les facettes des études décoloniales ! Sans guère de contrepoint. Une fois, tout de même, une décolonialiste a été mise face à un critique, Pierre Gossens (Critique de la raison décoloniale. Sur une contre-révolution intellectuelle, Éditions L’Echappée). Ça pèse peu par rapport à toutes les émissions citées supra. Donnons d’autres idées de sujets à nos confrères de France Culture : Le décolonialisme systémique est-il une science ? Qu’est-ce qui se cache derrière le décolonialisme ? Le décolonialisme, un truc de Blanc ? Etc.

Radio France était, ces jours-ci, en grève pour défendre « ses radios, ses métiers, sa production » et n’était pas en mesure de diffuser ses « programmes habituels ». Une pause bienvenue dans la convergence idéologique entre les études décoloniales, mouvement violemment anti-occidental (anti-Blanc ?) et la radio publique française. Une pause, pas davantage : il en faudra plus pour « décoloniser » le média étatique et le libérer de la pensée woke.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

27 commentaires

  1. Dans France TV il y a un mot de trop et ce n’est pas TV ! Il faut arrêter avec ces bouffons qui capitalisent les subventions comme pléthore de pseudo-festivals faciles à reconnaître car ils ne produisent rien ! Pour les septiques j’ai des noms !

  2. Je n’écoute plus ces radios ( même France Culture ) ; elles me révulsent. Question de ton ( toujours satisfaits d’eux-même et pensant dire le bien ). Lorsqu’en cherchant une station, sans même savoir quelle est la station, je reconnais leur ton et leurs thèmes (choisis ou occultés). Il serait temps de rendre à nombre de Français qui payent, le droit d’être « aussi » représentés dans ces médias là !

  3. Notre pays a été colonisé par Rome. Grâce à Rom nous avons eu accès à la pensée grecque, à la Philosophie, aux Arts, à la Culture en somme avant la révélation des Mathématiques asiatiques véhiculée par les navigateurs d’Arabie. De tout ceci nous avons fait notre miel. La Religion aussi nous est venue du Proche-Orient et a épuré, désensauvagé le fond celto-germanique de la France, réduisant sa violence. Au Romain qui nous a colonisé, nous devons une fière chandelle. Sommes nous en mesure de bien admettre cet héritage et de nous en réjouir, nous en délecter ?

  4. Et si nous arrêtions de subventionner ces « machins », 4 milliards par an, en voilà une belle économie !

  5. France Musique est la seule radio du service public que je puisse supporter. Ce serait dommage de la privatiser.

  6. Certes décoloniser les médias de l’État. Mais il faut aussi les décoloniser des « Grands Marchands ». Presse d’information, d’opinions, de confrontation ou de conformation ?
    Le pluralisme peut n’être qu’une tromperie supérieure : Vingt ou cinquante médias ne seront pas plus libres que deux ou cinq s’ils appartiennent tous aux mêmes clans privés ou publics, gouvernés par les mêmes intérêts avec les mêmes idéologies pour les habiller. La France n’est pas loin du « Meilleur des Mondes ». Démocratique évidemment.
    Qu’elle ne soit pas la seule en Occident et encore moins dans le Monde n’est pas une consolation.

  7. La gauche est par nature hégémonique et féroce lorsqu’elle est au pouvoir de plus la rue lui appartient et les médias aussi seul la privatisation pourra supprimer ce monopole médiatique de la gauche

  8. Lorsque la gauche vient au pouvoir, elle fait le ménage. La droite a ses pudeurs. Des le retour aux affaires, il faudra nettoyer les écuries d’augias.

  9. Et si l’on commencait tout simplement à cesser de les gaver de subventions prélevées sur nos impôts …..

  10. Et si tout simplement on dénationalisait l’audiovisuel comme le préconise le RN, cela permettrait de faire des économies substantielles , ces chaînes de télévision et ces antennes sont des relaies puissant au service d’une idéologie gauchiste.
    Grassement payés par les contribuables ,les employés de ce service public,qui ne s’adresse qu’à un certain public, se sont mis en grève dernièrement pour sauver ce système de désinformation indigne d’une démocratie .

  11. France musique rebaptisé France musiqueS a dans l’ensemble échappé à ces excès. Pourvu que ça dure.

  12. Va falloir arrêter avec cette obsession. On ne refait pas l’histoire et encore moins avec les vies biaisées de malades mentaux du 21e s. C’était ainsi et il n’y a rien à changer. Occupons nous du 21e s qui est en train de devenir un monde de fous qui s’occupent plus du passé que du présent …. Et en plus de manière idéologique et dictatoriale

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