[ENTRETIEN] « Le climat ne doit pas devenir un prétexte à limiter la liberté d’expression »
Du 1er au 5 décembre, la France a accueilli à Saint-Denis le Groupe d'experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), 600 experts de l’évolution du climat qui doivent travailler à la rédaction d’un nouveau rapport sur le dérèglement climatique. À cette occasion, BV a interrogé Mathilde Androuët, députée RN au Parlement européen et membre de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI) au sein de ce parlement.
Yves-Marie Sévillia. Que peut-on attendre des travaux du GIEC ?
Mathilde Androuët. Compte tenu de l’impact de leurs travaux sur nos législations environnementales, il est nécessaire d’avoir des mises à jour sur les données scientifiques. Le seuil fatidique, fixé par l'accord de Paris, de 1,5 °C ayant été dépassé, en 2024, oblige également à une réanalyse des bouleversements enregistrés.
Seulement, il ne faut pas donner au GIEC une place qu’il ne doit pas avoir dans une démocratie qui se défend d’être une technocratie. Les scientifiques accumulent les données, les interprètent et doivent offrir divers scénarii pour éloigner les bouleversements annoncés. Et les politiques doivent, eux, s’emparer de ces travaux et comparer les analyses d’impact des éventuelles décisions suggérées pour enrayer ce réchauffement climatique tout en prenant en compte les autres équilibres en jeu, à savoir le maintien d’un développement économique et humain solide.
J’ose la scientifique fiction : les travaux du GIEC seront alarmistes, compte tenu de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre et un réchauffement continu.
Le débat ne se situera donc plus là mais plutôt sur l’acceptation, par les sociétés, des solutions les plus décroissantes qui pourront être préconisées. Or, je pense que la décroissance est passée de mode, vu la violence sociale qu’elle engendre. Énième symptôme de cette inflexion : la dernière COP au Brésil a été l’occasion d’appuyer la notion d’adaptation aux changements climatiques contre celle de mitigation, toujours vendue par les « Green Dealers » acharnés.
Y.-M. S. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, en ouverture de ce grand raout, s’est émue de la hausse des températures et de la « montée de la désinformation liée au climat ». Quelle est votre réaction ?
M. A. La ministre est dans son rôle quand elle s’inquiète du climat. Mais là encore, ce qui est préoccupant, c’est qu’elle dénonce, en ouverture d’une réunion scientifique, une prétendue « montée de la désinformation ». Au lieu de s’interroger sur les atouts de la France pour juguler les bouleversements climatiques – comme la solidité de son mix énergétique articulé autour de la puissance nucléaire – ou sur les moyens de faire baisser nos émissions carbone nationales, qui sont pour moitié dues à nos importations, Mme Barbut poursuit la logique du lobby de l’ONG WWF qui l’a fait connaître. Il faut taper sur ceux qui produisent de la richesse et ceux qui interrogent leur logique, lesdits désinformateurs.
Alors que les nations se réunissaient au Brésil dans le plus grand rendez-vous de diplomatie climatique au monde, Mme Barbut n’avait pour seule intervention programmée, au sein du Pavillon France, qu'un mot de conclusion d’un panel d’ONG prônant la rééducation des enseignants en enfants pour éviter cette désinformation. Voilà le niveau de crédit de notre gouvernement : passer après des ONG biberonnées d’argent public, clairement idéologiques, et emboîter le pas à l’éternelle dérive de la Macronie obsédée par la censure, la labellisation des propos et le contrôle de la parole publique. La science n’avance que par sa ré-interrogation permanente. Au lieu d’agiter l’étiquette infamante de « désinformation », de faire des procès en hérésie, le gouvernement devrait accepter que l’on discute librement des modèles, des prévisions, des coûts économiques ou des politiques climatiques. En France, le climat ne doit pas devenir un prétexte à limiter la liberté d’expression. La responsabilité d’un ministre est de garantir le débat, pas d’en fixer les limites !
Y.-M. S. La lutte contre le changement climatique est « la plus grande arnaque du monde », a déclaré Donald Trump, en septembre. Quelle est la position du RN, à ce sujet ?
M. A. Je ne vais pas faire preuve d’une grande originalité en notant que le sens de la nuance n’est pas toujours la marque des déclarations de Donald Trump ! Le président américain a d’ailleurs tenu une ligne de défense de la production des énergies fossiles (« Drill, baby, drill! ») tout au long de sa dernière campagne électorale, comme réponse à cette « arnaque ».
Ce n’est pas notre conception. Objectivement, le climat évolue, les activités humaines y contribuent et une partie du débat porte, justement, sur la part de celles-ci dans ce changement, mais il faut s’y adapter intelligemment.
Sous prétexte d’écologie, on demande des sacrifices énormes aux Français, on désindustrialise l’Europe, on taxe, on interdit. Chacun sait, pourtant, que les diktats imposés à nos compatriotes comme aux autres Européens, sous prétexte de lutte contre le dérèglement climatique, pollueront, car on devra tout importer, faute de pouvoir produire. Et cette décroissance n’aura qu’une incidence marginale au niveau mondial.
Permettez-moi de vous rappeler simplement quelques ordres de grandeur : la Chine est responsable d’environ 34–35 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l’énergie, les États-Unis à peu près 12 %. Quant aux 27 pays de l’Union européenne, ils se placent en quatrième position, derrière l’Inde, avec environ 6 % des émissions mondiales en 2023–2024. Grâce au nucléaire, la France pèse pour 0,8 à 1 % des émissions mondiales.
Y.-M. S. Faut-il sauver les engagements pris par les États lors de l’accord de Paris en 2015 pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
M. A. Ce qu’il faut sauver, ce sont nos pays européens de la folie décroissantiste et du dogmatisme du Pacte vert (Green Deal). Ils sont en train de tuer notre compétitivité, nos emplois, notre tissu industriel ; en un mot, nos économies et, donc, notre avenir en tant que nations libres et souveraines. Et sans puissance, vous ne pourrez jamais avoir de politique environnementale forte. Quand il n’y’a plus d’argent pour l’investissement dans l’agronomie, la science des matériaux, l’énergie… tous ces secteurs au cœur des préoccupations environnementales, vous ne pouvez offrir qu’une défense de l’environnement décroissante, contraignante et appauvrissante. La stratégie n’est pas pérenne.
L’accord de Paris avait été présenté comme un tournant historique. Dix ans après, quel est le constat ? Les émissions mondiales n’ont eu de cesse d’augmenter, tirées par l’Asie. Et les COP se multiplient sans aucun progrès majeur. Cessons de rêver : les méfaits de la mondialisation ne pourront pas être stoppés par la mondialisation.
Pour nous, l’enjeu n’est pas de « sauver » un texte pour le symbole, et encore moins pour conforter des trajectoires politiques et économiques que nous estimons nuisibles. Non, il s’agit de sortir d’une logique irréaliste du la neutralité carbone fixée par la Commission européenne pour 2050 et toujours articulée sur notre décroissance.
Il faut changer la stratégie plus que l’objectif. Nous sommes favorables à des engagements raisonnables, compatibles avec notre réindustrialisation et la protection du pouvoir d’achat, fondés sur le nucléaire, le localisme, l’innovation et l’adaptation locale. Ce que nous refusons, c’est un système où les Européens s’autoflagellent pendant que les grands émetteurs poursuivent leur développement en dépit de la destruction alarmante de la biodiversité et des espaces naturels sauvés artificiellement par de la finance verte et des crédits carbone qui nous coûtent « un pognon de dingue » sans résoudre aucunement le problème ni du climat ni des peuples européens.
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58 commentaires
Si le GIEC était un Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat il s’appellerait le GEIEC.
Or ce n’est absolument pas le cas : le vrai nom (acronyme) à l’international du GIEC est l’IPCC pour Intergovernmental Panel about Climate Change. Il n’y est absolument pas fait état d’experts. C’est une escroquerie sémantique franco-française qui arrange le coup de nos écolos car cela donne du crédit scientifique à leurs élucubrations. Avec le succès que cela nous vaut…
M. Sevillia, pour votre information, le E de GIEC ne signifie pas « expert » mais « étude ». GIEC est ainsi un groupe intergouvernemental d’étude du changement climatique. Intergouvernemental, c’est-à-dire que chaque pays membre de l’ONU à le droit de participer. Et la majorité de ces pays n’ont pas d’expert en climatologie. Donc les 600 experts sont loin d’en être tous. On ne doit donc vraiment pas laisser accroire à l’expertise du GIEC…
Il faut en finir avec cette légende du carbone nocif ! Nous sommes seuls européens à vouloir « sauver » la planète ! Assez de cette dictature des écolos !
Questions :
– Qui paye les gens du GIEC ?
– Quand il fait froid, si je dis ‘’je me gèle les co……s’’ est ce que cela fait de moi un climato-sceptique ?
La planête, c’est un peu comme les frites, c’est ceux qui en parlent le plus qui s’en préoccupent avec le moins de sérieux. Quel est notre poids dans l’évolution du climat ?
Autrement dit, non à l’escrologie !
Précisions: Association des climato-réaliste présidée par Benoît Rittaud .
à François 47: Excellente analyse. Je recommande à tous ceux que cela interesse d’aller sur le site des climatoréalistes (que vous connaissez probablement) et de lire les livres de François Gervais (editions l’Artilleur) entre autre.
A. Maury évoque les dérèglements climatiques avec raison, il est évident que la surpopulation engendre des catastrophes climatiques et les agissements des humains en sont responsables. Notre ami évoque les négationnistes du climat, mais personne n’est pointée ou montrée du doigt. Pourtant, des gens qui continent à urbaniser sans limites, construisent des complexes hôteliers n’importe où, « dans le respect de la nature » et » se fondent dans le paysage » , des compettes de Formule 1, une guerre en Europe sans évoquer la « planète », il me semble qu’il y bien beaucoup de nétationnistes. En plus aussi, les fakes des médias officiels avec leur réchauffement climatique n’aide pas à une bonne perception. Montrer une photo du col du Galibier, » en ce moment » et « tel qu’il était au même moment il y a 20 ans avec une photo genre garrigue provençale en été et une autre avec des skieurs en hiver m’a fait bien rire, et en plus j’ai retrouvé la photo exhibée par le bon Gilles à son JT, mais les cyclistes en bas de la photo n’étaient pas montrés pour l' »info » vraie et véritable. Quand il y a complot il y a complotisme, c’est logique.
Lisez le livre de Christian Gérondeau » les 12 mensonges du GIEC » et vous comprendrez tout en 160 pages ! Lui, c’est un expert, un vrai… Le rapport du GIEC comporte 40 000 pages que personne ne lit, même ceux qui l’approuvent et qui sont tout sauf des experts en climatologie !
Entre autres :
– le CO2 n’est pas un polluant : c’est le carburant qui fait pousser les plantes qui le transforment en oxygène
– au cours de l’existence de la Terre, c’est toujours l’augmentation de température qui a précédé l’augmentation du CO2, jamais l’inverse comme on veut nous le faire croire
– on nous bassine avec la production humaine de CO2 mais celle-ci ne représente qu’une infime partie du stock de CO2 de la planète dont on ne parle jamais : agir sur ce qu’on génère ne changera rien au stock naturel existant
– la France ne génère que 1 % du CO2 mondial et les gros émetteurs s’en foutent
– les pays sous-développés savent très bien que l’énergie sauve des vies : les miséreux qui font la cuisine en brûlant des crottes de chameau ne passeront pas à des plaques de cuisson à induction alimentées par des panneaux solaires
Etc…