[ÉDITO] Le patron de la ruineuse aide au développement à… la Cour des comptes ?

En 2012, Rémy Rioux se qualifiait lui-même de « haut fonctionnaire de gauche ». Comme ça, on est fixé.
Capture d'écran
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Les jours de Pierre Moscovici à la tête de la Cour des comptes sont donc comptés : rejoignant la Cour des comptes de l'Union européenne, le 1er janvier 2026, il quittera son poste de la rue Cambon, le 31 décembre à minuit, ayant profité de la petite rallonge au-delà de la limite d'âge qui lui a été accordée gracieusement par Emmanuel Macron, puisqu'il aurait dû, en principe, être mis à la retraite, à son 68e anniversaire, le 17 septembre dernier.

Cour des comptes : chasse gardée socialiste ?

Avant d’évoquer la suite et la succession du Premier président de cette magnifique institution créée par Napoléon Ier en 1807 et héritière des chambres des comptes de nos rois, faisons un petit historique des personnages qui l'ont présidée durant les trente dernières années. Depuis 1993, sur les cinq Premiers présidents, on compte pas moins de trois socialistes : Pierre Joxe, Didier Migaud et Pierre Moscovici. Trois poids lourds : deux anciens ministres, un ancien président de la puissante commission des finances de l’Assemblée nationale. Sur 32 années, les socialistes ont donc cumulé 23 années à la tête de la juridiction. Presque un quart de siècle. C’est pas mal, et l’on imagine que ça doit permettre de prendre ses petites habitudes, de se sentir un peu comme chez soi. Mais ça, c’est du passé. L’avenir, maintenant. On évoque, pour remplacer Pierre Moscovici – si tant est qu’il soit remplaçable –, un certain Rémy Rioux. Pas ancien ministre, pas ancien parlementaire. Une vie professionnelle sous les radars. Quoique – on en reparle plus loin.

Certes, l’homme a une petite carrière à la Cour des comptes comme auditeur à la fin des années 90 et au début des années 2000, à la différence d'une Vallaud-Belkacem, bombardée récemment conseillère-maître, mais Rioux n’a sans doute pas eu le temps d’y user sa toge de magistrat, puisqu’on le retrouve en 2000 au cabinet du socialiste Daniel Vaillant, ministre de l’Intérieur, et, en 2012, directeur de cabinet, poste éminemment politique, du tout-puissant ministre de l’Économie et des Finances de François Hollande… un certain Pierre Moscovici. « Tout se tient », comme dirait, justement, François Hollande. « Tous se tiennent », diront les mauvaises langues et autres complotistes à la petite semaine. En 2012, rapportait Les Échos, Rioux se qualifiait lui-même de « haut fonctionnaire de gauche ». Comme ça, on est fixé.

L’éventualité d’avoir un Jordan Bardella à l’Élysée...

Au fait, son âge ? On s'en fiche un peu, non ? Non, on ne s'en fiche pas : 56 ans depuis le 26 juin dernier. Autant dire qu’il est loin d’être en fin de course. La limite d’âge d’un magistrat de la Cour des comptes étant de 68 ans (sauf prolongement pris par décret) et le Premier président, une fois nommé par le président de la République, étant inamovible, Rémy Rioux, s’il était désigné dans le courant de l’année 2026, pourrait théoriquement rester en place jusqu’en… 2037. De quoi voir venir. 2037, c’est loin, très loin. Plus près de nous, il y aura la période 2027-2032, qui pourrait s'avérer un tantinet délicate, avec - cela n'aura pas échappé au lecteur – l’éventualité d’un Jordan Bardella à l’Élysée. On ne vous fait pas de dessin… Avec l’ami Richard Ferrand au Conseil constitutionnel jusqu’en 2034 et un « haut fonctionnaire de gauche » à la Cour des comptes, il y aura moyen de moyenner afin de « résister de l’intérieur » à l’arrivée des populistes au pouvoir.

Maintenant, que fait actuellement Rémy Rioux, dans la vie ? Les lecteurs attentifs et assidus de BV le savent. Depuis 2016, il est directeur général de la fameuse et très controversée Agence française de développement (AFD), qui a fait parler d’elle ces derniers mois. On se souvient de l’entretien que Guillaume Bigot avait donné à Marc Baudriller, il y a tout juste un an. Le député RN du Territoire de Belfort, qui avait réalisé une mission d’information budgétaire sur l’usage, par la France, du budget consacré à l’aide publique au développement, dénonçait la « générosité aveugle de la France » via l’AFD. Sous la direction générale de M. Rioux, donc. Guillaume Bigot pointait notamment du doigt une situation ubuesque : « La France est trois fois plus endettée que tout le continent africain. Et, pour aider […], nous empruntons de l’argent pour en donner – ce qui est déjà assez fou -, mais on emprunte parfois de l’argent pour en prêter. » Sarah Knafo, ancienne magistrate à la Cour des comptes, avait elle aussi dénoncé le « scandale de l’aide au développement ».

« Un Bruno Le Maire en pire est possible ! »

Quelques mois plus tard, en février de cette année, le même Guillaume Bigot n’hésitait pas à parler d’un « AFDgate », évoquant un « scandale d’État à 50 milliards d’euros ». Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, s’était alors ému ou avait fait semblant de s’émouvoir en annonçant la création d’une commission chargée d’évaluer l’aide publique au développement. Alors, l'éventualité de la nomination de Rémy Rioux a de quoi « interpeller ». Guillaume Bigot n'a pas hésité à tweeter : « Le patron de l’Agence française de développement va être récompensé pour les milliards d’argent public gaspillés en obtenant la Cour des comptes. Un Bruno Le Maire en pire est possible ! » Au fait, pendant qu'on y pense, on attend avec impatience les conclusions de la commission lancée par Barrot. Tout comme un éventuel rapport de la Cour des comptes sur cette aide au développement. Signé, pourquoi pas, Rémy Rioux…

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

74 commentaires

  1. La Cour des Comptes restera une juridiction financière noyautée par la gauche , après la nomination d’une ancienne ministre de gauche complètement incompétente dans le domaine des finances publiques comme conseillere-maitre , un président qui a fait toute sa carrière à gauche qui a distribué à la fin largement l’argent public français à des pays étrangers dans le cadre de l’Agence hrançaise de développement.

  2. Un haut fonctionnaire de gauche ca veut donc dire un personnage élevé et nourri avec l’argent des contribuable et occupant un poste clef qui donc trahira son pays si le gouvernement ne lui convient pas.
    Ses aveux devraient le faire limoger d’urgence plutôt que lui offrir un poste qui fragilise encore plus notre pays que la gauche a déjà tant abimé.

  3. Quand on entend le jeune Lebret sur Cnews hier foutre la trouille aux auditeurs en disant que si MLPen était élue Mélenchon foutrait le bordel par la rue.
    Lebret avec Bonnet Thomas sont 2 petits qui roulent trop ouvertement pour les LR vous savez ces LR qui sont les acteurs et complices de l’effondrement du pays.

    • Souvenez-vous, Lebret suivait à ses débuts la campagne de Zemmour et il déversait contre le candidat beaucoup d’acidité dans ses commentaires.

  4. Et dire qu’il y a encore des gens qui croient que nous sommes en démocratie !
    Encore un tout petit pas et la France sera soviétique.
    Heureusement nos grandes entreprises telles qu’Alstom sont sauvées puisqu’elles sont américaines

  5. Agence à supprimer d’urgence, prête 13 700 milliards d’€ que nous n’avons pas et sont 2 650 employés avec des salaires en 51 000 et 60 000 €/par an en fait une moyenne à 55 000 €/an nous sommes à 145 750 millions d’€ hors frais de déplacement, logement et autre joyeuseté, des efforts demandés au français, de nouvelles taxes qui tombent tous les jours, sur le carburant, l’électricité, les transactions par CB …la TVA à 20% sur les bouteilles d’eau en plastique pour finir emprunter pour donner de l’argent pour que les autres pays se développe quand nous nous regressons

    • Nous pouvons déjà payer nos achats en espèces et ainsi supprimer les frais de transaction CB qui engraissent les banques honteusement

  6. ce président nous aura tout fait tout ces copains ont des postes clés et sont inaptes à ces fonctions. mais jusqu’où ira t-il ?

  7. Il devrait être interdit aux énarques, serviteurs de l’état mais qui ne sont que des administrateurs, de faire de la politique. Comme aux USA, on devrait pouvoir élire des « patrons » d’entreprise, qui ont, eux, le sens du pognon et de soin utilisation.

  8. Il est évident que si la France n’a plus les moyens d’antan, elle ne peut plus arroser les pays « en développement » (aujourd’hui souvent plus développés que la France !) comme avant. Dès lors, l’AFD se doit d’être dissoute ; il n’y a aucune honte à ça, ce n’est que tout à fait normal.

  9. Le PS & sbires associés : 11,5% aux élections législatives 2024…
    Mais 88,5% de pouvoir de nuisance !
    Dont un ex député à vie, puis président de la République, réélu député, et qui rêve de reprendre l’Élysée en 2027…
    Un ex « plus jeune premier ministre socialiste » scotché au Conseil constitutionnel…
    Etc.
    Le socialisme c’est la misère des peuples !

  10. Les Français ont fait une révolution. Ils ont exécuté un roi et sa famille, tué les aristocrates, massacré, brûlé, pillé… Au bout du compte, rien n’a changé. Une petite caste vit grassement sur le dos du peuple.

  11. Très bon article,il manque toutefois des exemples concrets des dépenses faites par l ‘AFD.
    Je pense que vous l ‘effectuerai colonel dans un prochain article.
    Merci

  12. Il est temps de supprimer purement simplement l’AFD .
    Qui ne sert a rien .
    De toute façon l’Afrique est aussi subventionné a hauteur de 150 milliards sur 10 ans .
    A l’UE .
    Bruxelles paye et Nicolas lui paye sur les 2 bords .

    • Cette agence qui doit disparaitre a tout pris sert uniquement a remplir les comptes en banque des potentats africains , leur permettant d’acheter un patrimoine immobilier en France et d’y vivre grand train en y venant quelques fois , alors que leur population crève la faim.

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