[ÉDITO] Bayrou : ce que révèle sa vraie-fausse attaque contre l’Observatoire de l’immigration

Pour la Macronie, le désastre de l'immigration est tabou et doit le rester.
Capture d'écran
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Indispensable. L’Observatoire de l’immigration et de la démographie, dirigé par Nicolas Pouvreau-Monti (nous l’avions reçu en Grand Invité, le 12 juillet dernier, pour un entretien passionnant), aligne les chiffres sérieux, puisés aux meilleures sources, fouille les statistiques, éclaire l'effarant dossier de l’immigration en France avec une compétence et une pertinence inédites jusque-là.

Évidemment, cet organisme référent gratouille les tenants du pouvoir, jusqu'à notre Premier ministre finissant, François Bayrou. Dans son entretien du 31 août, il livre la pensée « globalisante » dans sa version la plus pure, avant de s’interrompre brutalement… « Sur l’immigration, il y a infiniment moins d’argent que le Rassemblement national ne le dit… », commence Bayrou. Sonia Mabrouk l’interrompt pour lui demander s’il est prêt à jouer cartes sur table sur le coût que l’immigration occasionne pour les Français : AME, aides non contributives, aides aux migrants…. Bayrou se révèle aussitôt plus macroniste que son Président : « Je n’aime pas qu’on présente la situation du pays comme étant la conséquence de la présence des immigrés. » Si Monsieur le Premier ministre n'aime pas, alors...

Nuage d'encre

L’épouvantail en forme de bouc émissaire ressort ainsi du placard, usé tant il a servi… Selon l’Observatoire de l’immigration, toujours précis, l'immigration coûte exactement 3,4 points de PIB, répond une Sonia Mabrouk imperturbable, suscitant le réflexe éternel de nos mondialistes apeurés aux effrayants bilans : il faut de toute urgence… casser le thermomètre ! « Mais je ne suis pas sûr que l’Observatoire de l’immigration n’ait pas une… » On ne saura jamais la fin de la phrase envisagée par Bayrou, qui embraye. On peut imaginer qu’il souhaitait dire « une objectivité sans faille » ? Il a dû réaliser en cours de route qu’il lui faudrait appuyer cette attaque par des arguments. Pas simple. Il aura reculé.

Dans l'océan, la pieuvre attaquée jette un nuage d'encre vers son ennemi pour avoir le temps de se cacher. « Je suis d’accord pour qu’on regarde », lance Bayrou. Ah bon ? Espoir. « S’il y a pour des étrangers des avantages, comme le dit le Rassemblement national, dont les Français ne profiteraient pas, ça ne serait pas juste et je suis d’accord pour qu’on les regarde. » Un simple regard, donc, l'espoir est timide... et vite contredit : « Mais je ne suis pas d’accord pour qu’on fasse de l’immigration la cause de la situation du pays, car quand le pays va bien, l’immigration est une machine à intégrer et cela marche mieux. » Chacun mesurera l’inanité de l’argument. Le pays va mal largement du fait des dégâts occasionnés par une politique d’immigration folle, mise en place par les gouvernements que François Bayrou a soutenus à bout de bras, notamment ceux d’Emmanuel Macron. L’Observatoire de l’immigration rappelle, justement, que l'immigration impose à la France l'énorme facture de 3,4 points de PIB… « La productivité apparente du travail en France, mesurée comme le rapport du PIB à l’emploi exprimé en personnes physiques, a reculé de 3,5 %, entre 2019 et 2023, alors qu’elle progressait de +0,5 à +0,6 % en moyenne par an, entre 2011 et 2019, écrit précisément l’Observatoire, qui s’appuie sur les chiffres de l’INSEE. En comparant le niveau de la productivité en 2023 à son niveau tendanciel, c’est-à-dire celui qui aurait été atteint si le ratio avait évolué depuis 2020 au rythme annuel moyen observé entre 2011 et 2019, le déficit de productivité est donc de l’ordre de 5,5 points. »

Le travail de la Cour des comptes

Marine Le Pen, comme pas mal de Français, ne semble pas prête à se payer de mots. Parlant de Bayrou, « les Français souhaitent son départ et on les comprend », tranche la présidente du groupe RN à l’Assemblée, qui votera le refus de la confiance. « Il n’a mis en œuvre que la politique macroniste », rappelle-t-elle, en la résumant en trois D : « Déni, Déconnection et Déresponsabilité ». On ne peut abuser éternellement des gens et des peuples.

En tentant en vain de saper la légitimité de l’Observatoire de l’immigration, Bayrou fait d’une pierre trois coups : il montre l'utilité de l'organisme de Nicolas Pouvreau-Monti, sa crédibilité et son utilité. Bien vu ! L’Observatoire fait en effet, sur fonds privés, le travail que ne font pas nos fonctionnaires ourlés de la Cour des comptes. L’institution présidée par Pierre Moscovici coûte, selon son propre site, 254 millions d’euros au contribuable et emploie 1.821 personnes. Fin 2024, Pierre Moscovici avait décidé de son propre chef de décaler la publication d’un rapport de la vénérable institution sur l’immigration clandestine pour que ces éléments n’interfèrent pas dans les débats de la loi Immigration... On peut avoir des doutes sur la lucidité future d'une institution qui vient de faire entrer Najat Vallaud-Belkacem, grande prêtresse de l’immigrationnisme en France, au cœur de ce cimetière des éléphants socialistes… La démocratie française fonctionne-t-elle normalement ? Heureusement, il reste l'Observatoire de l'immigration, n'en déplaise à Bayrou.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

116 commentaires

  1. Quand on nous dit 3,4 points de PIB, ou 500 000 nouveaux arrivants ( avec visa ), on ne voit pas trop ce que c’est vraiment. Alors voilà : 500 000 personnes, c’est 2X la population de Bordeaux, c’est Toulouse, ou Lyon. Chaque année. Imaginons donc que CHAQUE ANNÉE, nous devons reconstruire intégralement LYON ou TOULOUSE. Des logements, des infrastructures : routes, parkings, transports, hôpitaux, services de secours, écoles, facs, crèches, maison de retraite, distribution et épuration de l’eau et de l’énergie, ramassage des ordures, administrations : caf, sécu, mairie, tribunal, prison, gymnase, médiathèque et stade de foot, lieux de culte et cimetière, commissariat, services fiscaux. Et tout ça, il faut 1) le construire 2) mettre des professionnels dedans ! Des médecins, des profs, des pompiers, des électriciens, ETC. Sachant que sur 500 000 personnes, 10% environ sont une immigration de travail, le reste du regroupement familial ou des étudiants à qui on fournit logement, enseignement, allocations bourses et primes diverses, soins sans limite et ( parfois ) transport gratuits. Et ça, c’est sans compter les clandestins et autres OQTF jamais respectées qui atteindraient selon m. Retailleau himself le million d’individus. Mais m. Bayrou « n’aime pas » qu’on puisse suggérer que, peut-être,notre situation actuelle aurait un léger et lointain rapport avec une éventuelle submersion migratoire…

  2. Bayrou n’est même plus de secours tellement il affiche une inconséquence grave , accusant les français de la dette et sa préférence pour l’immigration .

  3. attention Mr NPM…..vos analyses sont trop justes……comme pour C8, ils sont capable de vous couper « le sifflet »….

  4. Je m’interroge sur le devenir de tous ces faux-culs… Que deviendront-ils quand le château de carte s’effondrera ?… Le bon sens reprendra en effet tôt ou tard ses droits et tous ces faux-culs qui ont choisi le déshonneur plutôt que le courage devront rendre des comptes. Les Français ne les oublieront pas !

    • Si j’avais a leur choisir un destin c’est leur enlever la légion d’honneur en place publique,supprimer toutes leurs retraites( ils se sont suffisamment payés sur la bete)et expatriation a Mayotte..ou st pierre et
      miquelon puisque pour c’est la solution applicable aux délinquants…

  5. C’est à celui qui racontera le plus de bêtises. Les sommets demeurent enneigés même en plein été , nos grands hommes devraient se méfier on y congèle.

  6. Bayrou se permet de mettre la dette sur le dos de l’ensemble des français . Une dette c’est un différentiel entre recettes et dépenses .Parlons des recettes , elles sont constituées par les contributions et cotisations des producteurs de richesse , entrepreneurs et salariés, sous forme de prélèvements , impôts , taxes , charges patronale et ouvrières .
    Elles sont parmi les plus élevées du monde occidental.
    Les dépenses qui créeraient la dette, que nous reproche monsieur Bayrou , par quoi sont- elles constituées en dehors du fonctionnement normal de nos institutions et le système de solidarité social , retraitez et santé ?
    Par le doublement du nombre de fonctionnaires du tertiaire en quelques décennies , voir par exemple le nombre de fonctionnaires dont a besoin madame hidalgo ; 50000 fonctionnaires pour servir Paris avec les résultats que l’on sait , les doublons dans l’administration , les communautés de commune , les agences telles celle des ARS qui pendant le COVID , ont fait apparaitre l’incongruité de démontrer qu’il manquait un nombre considérable de soignants sur le terrain et beaucoup de gens au chaud dans leurs bureaux à ne rien faire mais à imposer des restrictions . Les associations tellement subventionnées par l’état, qu’elles en deviennent leurs affiliées .
    Et les dépenses de l’état .
    Les français, au contraire, voient leurs services publics disparaitre , ainsi que les places dans les hôpitaux , la désertification médicale se répandre , l’armée dans l’impossibilité de tenir plus de trois jours dans une guerre conventionnelle, une éducations nationales premier budget de France mais incapable de remplir son rôle , qui voit un nombre croissant de parents la financer mais payer une seconde fois pour mettre leurs enfants dans le privé , des institutions sclérosées , une culture de la médiocrité assumée , des gendarmeries voir leurs effectifs diminués de 25 pour cents pour les années à venir, dans les provinces, alors que le nombre d’habitants ne fait que croitre et les incivilités de même dans les campagnes avec le « dispatching « migratoire, imposé.
    Et le meilleur pour la fin, parce que, ce qui ne diminue pas en France mais au contraire progresse de façon inquiétante, c’est l l’immigration de masse, avec ses couteux dommages collatéraux qu’il serait fastidieux d’énumérer, … Cela se rajoutant au 45 milliards annuels de déficit entre rapport de ‘l’immigration et coût . Chiffre fourni par l’observatoire de l’immigration .
    Monsieur Bayrou, éléphant de la politique, ne voit pas l’éléphant dans le couloir , IL est bien le seul .
    Déconnection totale avec le principal sujet d’inquiétude de la population française et j’espère qu’il sera bientôt déconnecté de toute responsabilité politique ,

    • Que de vérités ! Limpide mais tellement limpide que nos gouvernements préfèrent faire l’autruche en refusant le réel.

    • Soyons encore plus simple : La dette c’est l’accumulation des déficits. Et le déficit c’est quand on dépense plus qu’on gagne. L’Etat et les collectivités dépensent trop, beaucoup trop. On ne va pas ici refaire pour la 100 ème fois la liste des gabegies. Mais on va tordre le cou à un mensonge ; l’idée que ces dépenses seraient de l’argent « donnée » aux Français. C’est un mensonge MONSTRUEUX. Ce que l’Etat donne au Français c’est de l’argent qu’il prend dans la poche des Français. A près de 60 ou 70 % des ménages il donne plus qu’il ne prend. On appelle ça la redistribution.
      Deux causes majeures de déficit à signaler : 1/ Trop de fonctionnaires. Si la France avait proportionnellement le même nombre de fonctionnaires que l’Allemagne nous aurions plus d’un million de fonctionnaires en moins. 2/ Un coût exorbitant des retraites des agents de l’Etat : Pour faire simple 26 milliards (valeur 2021) à charge du budget général pour couvrir le surcoût des retraites des agents de l’Etat par rapport à des cotisations salariales et patronales du régime général.
      Conclusion pour Monsieur Bayrou : la dette c’est l’accumulation des dépenses inconsidérées de l’Etat qui, en plus, emploie trop de fonctionnaires et leur octroie des retraites dont le coût par euro de pension versée est exorbitant. Et ces dépenses inconsidérées, Monsieur Bayrou, vous les avez votées.

  7. Nous le savons maintenant, évoquer le coût de l’immigration (même submersive, dans un pays plus qu’endetté) relève du « brainwashing »…

  8. La France n’est plus une démocratie, elle est entrée dans la forme d’illibéralisme la plus dure. Illibéralisme , forme de régime autoritaire utilisant les formes et les lois de la démocratie avec par exemple, des juges aux ordres du régime ou qui gouvernent eux-mêmes ou contestent les lois ou directives officielles. Autre exemple, les lois ne viennent plus du parlement mais de la présidence ou de l’exécutif. D’autres exemples pourraient être avancés.

  9. 3.4% du PIB: qu’est que cela représente?
    Le PIB 2024 était de2919.9 milliards d’euros (je ne sais pas si l’argent de la drogue est inclus; mais ce n’est pas vraiment le problème)
    Réponse: ça fai t99.28 milliards. Soit 2.5 fois le montant que cherche désespérément le premier ministre.

  10. copain pour ne pas dire complice (il n’y a pas d’amis dans ce machin) avec Narcisse PIPEAU, président immature, fourbe et vaniteux, on ne peut pas s’attendre à autre chose que mensonges et entourloupes, avec le même dénominateur commun : la soupe !

  11. Il me semble que nous sommes plus à même de souscrire sur le sujet de l’immigration à ce qu’avance M. Nicolas Pouvreau-Monti (directeur de l’observatoire de l’immigration et de la démographie) que des allusions approximatives de M. Bayrou , le chantre de l’évitement sur tous les sujets, mais ne soyons pas dupes et une fois de plus l’immigration n’est pas aussi de la faute des français.

  12. A quand un chef d’état et un premier ministre en phase pour redresser le pays et redonner de la fierté d’être français.

  13. Bayrou attend-il qu’on soit en Francistan pour réagir face à cette immigration qui nous coûte « un pognon de dingue » ? Qu’une députée voilée nous demande de dégager si on n’est pas contents ? Le mirage de l’immigré qui bosse quand le Français refuse certains jobs, c’est juste du pipeau et il faut le dire ! Un immigré qui arrive en France n’a pas besoin de travailler une seule journée pour toucher les aides sociales et, à terme, le minimum vieillesse – quand de nombreux « boomers » vivent très petitement après avoir effectué des carrières complètes. Cet observatoire se pose (et il était temps) comme une sorte de contre-pouvoir d’utilité publique qui démystifie l’enfumage permanent des officines gauchistes (Conseil d’Etat / Conseil Constitutionnel / Cour des Comptes – la sainte trinité socialiste). Je crains malheureusement qu’on ne déterre quelconque « affaire » imaginaire pour décrédibiliser le président de cet observatoire et le faire taire… un classique du « camp du bien »…

  14. Bonjour, cet art de contourner les obstacles par des phrases non achevées et sans cesse reprise, pour mieux assoir ses mensonges. Cela me fait penser a une personne dans un labyrinthe en verre , qui se cogne sans cesse dans les parois en cherchant la sortie. Mais lui il est deja sorti….

    • effectivement, cela dénote un certain « talent » de bretteur roublard qui embrouille et enfume ! Dans ce genre, il est loin d’être le seul. ( Darmanin, Aubry, Guaino, même Retailleau s’y exerce…)

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