Écriture inclusive : les moyens de résister
Mon dernier article a suscité de nombreux commentaires, la plupart soutenant, face à l'invasion de l'écriture inclusive, une démarche de résistance. L'un de nos lecteurs est plus indulgent à l'égard de la mention des deux genres, considérant que « l'emploi de "celles et ceux" ou "toutes et tous", surtout à l’oral quand on s’adresse à tout un groupe, [...] peut être considéré comme une forme de courtoisie ! » Il est vrai que cet usage n'écorche pas la langue française, mais convenez que, lorsqu'il est systématique, il devient lassant et inesthétique.
Bientôt Proust en écriture inclusive ?
On pourrait en dire autant de la féminisation des noms de métier désignant une fonction, « autrice », « ingénieure », « professeure », « cheffe », etc., qu'une circulaire du ministre Jean-Michel Blanquer (5 mai 2021), pourtant hostile à la langue inclusive, recommande et que l'Académie française elle-même admet, dans un rapport du 28 février 2019, sous réserve que ces évolutions soient envisagées « dans le respect des règles fondamentales de la langue et selon l’esprit du droit français ». Sans doute s'agit-il de rendre le rôle des femmes plus visible dans notre société, notamment dans la vie professionnelle, mais certains néologismes sont bien laids. Je ne vois pas pourquoi un « auteur » ne pourrait être une femme, tout comme il me paraît naturel qu'une « sentinelle » soit souvent un homme.
Ce qui est le plus grave et quasi unanimement dénoncé par nos lecteurs, c'est l'usage du point médian ou l'invention de pronoms non binaires. C'est aussi la volonté militante de vouloir l'imposer dans certaines universités, aux professeurs comme aux étudiants, et de l'étendre à tous les écrits. « On lâche d'abord un bras et tout y passe », dit l'adage : à force de faire de petites concessions, on finit par en faire de grandes. J'imagine que bientôt, on traduira nos grands auteurs en écriture inclusive. Lire Balzac ou Proust dans ce type d'écriture, quel délice...
Tri des courriels par l'IA
Un de nos lecteurs m'a fait part d'une petite astuce pour rejeter les courriels contenant de l'écriture inclusive. Il s'agit d'une extension, malheureusement limitée à Gmail, qui repère les courriels contenant de l’écriture inclusive ; elle évacue le courriel de votre boîte de réception et le stocke dans un dossier intitulé « Mails Inclusifs ». Mieux encore, elle envoie à l’émetteur un courriel l’informant poliment que vous ne souhaitez pas lire les messages contenant de l’écriture inclusive et l’invitant à vous les renvoyer en écriture académique. Notre correspondant assure que cela marche. On ne peut qu'encourager les autres services de messagerie à créer des applications similaires. On ne doute pas qu'avec les progrès de l'IA, on puisse ainsi facilement faire le tri.
Loi et éducation
Cela dit, un parapluie nous protège de la pluie mais ne fait pas disparaître la pluie. Si l'on peut ainsi se protéger opportunément des intrusions de l'écriture inclusive, on ne l'empêche pas d'exister et de s'étendre. C'est pourquoi on peut rêver d'un gouvernement qui, non seulement nous protègerait de cette pollution, mais s'attaquerait aux racines du mal et sauvegarderait la rigueur et la beauté de la langue française. Cela passe par des règles fixées par la loi et véritablement appliquées, et surtout par un effort d'éducation au sein de l'école – ce qui n'est pas gagné – et des familles qui ont un rôle essentiel à jouer. Madame de Sévigné, George Sand, Colette ou Françoise Sagan n'ont pas eu besoin de la langue inclusive pour être de grands auteurs et ont pu faire valoir leur œuvre et leur personnalité sans se faire appeler « auteure » ou « autrice ».
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41 commentaires
Une extension de Gmail » envoie à l’émetteur un courriel l’informant poliment que vous ne souhaitez pas lire les messages contenant de l’écriture inclusive et l’invitant à vous les renvoyer en écriture académique. »
je n’ai pas Gmail (je boycotte Google).
mais j’envoies ce type de réponse dans ce cas.
cela ne prend pas un temps fou, toujours moins que de regarder des vidéos de plus de 20 mn, il ne faut pas exagérer.
De fait (je sais que nombre d’amis le fait), des entreprises voire des établissements publics, ont arrêté d’envoyer ces horreurs.
L’écriture inclusive possède au moins un avantage : c’est un marqueur d’extrême gauche. Ainsi, tout courrier ou questionnaire écrit de cette façon, vous renseigne instantanément sur l’orientation idéologique de son auteur. L’auteur ne peut donc plus cacher ses intentions. J’ai ainsi refusé de répondre à un questionnaire sur le racisme diffusé dans l’Université Aix Marseille. J’ai expliqué que compte tenu qu’il était écrit en inclusif, alors il était de fait biaisé idéologiquement et orientait forcément les questions et donc les réponses dans le sens d’une France et d’une Police raciste.
Il appartient à l’Académie Française de fixer les règles et à l’État de les faire appliquer dans toutes diffusions officielles y compris celles qui s’adressent au grand public. L’écriture inclusive non reconnue par l’Académie n’a pas sa place dans notre communication; il en est de même des mots étrangers non référencés surtout lorsqu’ils ont un équivalent français.
Rendre visible la femme par cette écriture dire inclusive aura pour effet secondaire l’exclusion d’une frange de la société qui ayant déjà du mal avec notre orthographe ne pourra que s’en détourner davantage. Les élucubrations d »une certaine gauche ne participent qu’à la destruction de notre société fondée sur les bases d’une langue connue et appliquée par tous les membres.
Ce devrait être interdit, purement et simplement, un calvaire à lire
Je n’imagine pas, moi qui adore lire, un livre en écriture inclusive, à vous dégouter à vie de lire !!!
Je suis bien évidemment contre cette écriture inclusive qui me « pique » les yeux à chaque fois que je suis contrainte de la lire. Mais s’il n’y avait que ça, avez-vous remarqué la disparition de la ponctuation, de la négation et des accents. Mon prénom est Michèle, et bien souvent pour l’administration l’accent grave de mon prénom est absent et je deviens Michele, de ce fait je me retrouve avec un prénom masculin italien et ça me déplaît beaucoup. Ma fille m’a dit que pour cela, dans son entreprise ils ont résolu le problème en écrivant toutes les identités en majuscule. Et voilà où nous en sommes arrivés.
Ridicule, injuste pour les dyslexiques et les personnes âgées.Au secours.
Oui, la logique voudrait qu’on trouve un masculin pour « sentinelle », et pour « personne » aussi…
Quand on dit « les élèves », on sait parfaitement qu’il y a des garçons et des filles. De mon côté, je continue de dire et écrire « ma chef », sans doubler le f, le pronom étant largement suffisant.
On voit bien aussi que malgré toutes ces gesticulations, on n’empêche pas les violences faites aux femmes, ni même les mamies de se faire violer. A un moment donné, il faudrait faire le bilan et prendre les mesures adéquates. Quand quelque chose ne fonctionne pas comme on le pensait, on change.
J’ai aussi beaucoup de femmes dans mon entourage qui me disent que dans le cas d’un pluriel, elles ne sont pas c**nnes et comprennent parfaitement qu’il y a des hommes et des femmes dans le lot et que de plus, elles ont de la chance parce que le féminin pluriel leur est entièrement consacré, contrairement donc au masculin pluriel. Je ne suis pas enseignant, mais j’ai toujours coutume de dire que ce n’est pas « le masculin qui l’emporte », mais une forme neutre qui est plus facile à écrire.
Je me demande si les hommes allemands ont le même souci avec l’emploi du « Sie » pluriel ^^ Est-ce qu’ils sont tous perturbés mentalement?
‘’sans doute s’agit-il de rendre le rôle des femmes plus visible dans notre société’’ ?
Le rôle ‘’visible’’ de la femme se résume donc à un point et éventuellement un espace dans une phrase, je pense que cela va leur faire plaisir.
Bonjour Monsieur Kerloun. Vous indiquez clairement ce qu’il serait bon de faire dans votre dernier paragraphe intitulé : « Loi et éducation ». Il faut que : Cela passe par des règles fixées par la loi et véritablement appliquées et surtout par un effort d’éducation au sein de l’école. Ceci est également valable pour la ponctuation et la grammaire. Il y a des non-sens, absurdes. À la suite de votre dernier article, j’avais préconisé d’interdire « l’écriture inclusive » dans la constitution. Je ne sais pas si cela était une bêtise.
« l’emploi de « celles et ceux », ou « toutes et tous », surtout à l’oral quand on s’adresse à tout un groupe, […] peut être considéré comme une forme de courtoisie ! » :
C’est de Gaulle qui avait exceptionnellement utilisé le « Françaises, Français » parce qu’il venait de donner le droit de vote aux femmes. Les féministes ont suivi et en ont rajouté….
« Qui peut me lire ce panneau à voix haute ? » On est vraiment chez les ânes. Il faudra combien d’années pour qu’ils le reconnaissent ? Les « socialos gauchos Hidalgo » ne reculent jamais, c’est ça qui est triste !
Vous dites que les « socialos gauchos » ne reculent jamais et que ce sont
des ânes ? C’est normal quand on sait qu’un âne ne recule jamais !
Concernant l’évolution du rapport langue parlée/langue écrite avez vous lu « écrit en 1937 » in « Bâtons, chiffres et lettres » de Queneau?
Simplement par une loi rendre l’académie française responsable de évolution de la pratique de la langue française.