Drogue : les salles de sport, nouvelles plaques tournantes du trafic

Le milieu du sport, et particulièrement de la musculation, est désormais infiltré par les dealers.
Photo de Denys Gromov: https://www.pexels.com/fr
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L’information a été révélée par le compte X de la préfète déléguée auprès du préfet de police des Bouches-du-Rhône, Corinne Simon. Une salle de sport marseillaise a été fermée pour quatre mois en raison de la découverte de « stupéfiants, psychotropes et traces de cocaïne » sur place.

La préfecture de police précise à BV : « Un contrôle d’établissement classique mené en décembre dernier par la préfecture des Bouches-du-Rhône accompagnée de la DIPN a été diligenté dans cette salle de sport du Xe arrondissement. » Lors de cette opération, un chien dressé pour la recherche de produits stupéfiants accompagnait les enquêteurs. Quelques instants après avoir pénétré dans les lieux, l’animal s’est mis à l’arrêt. Par ce signe, il a indiqué avoir senti un produit illicite. Il ne s’était pas trompé.

Développé touché

Des analyses ont été réalisées. Elles ont démontré la présence de traces de cocaïne. Les policiers ont ensuite trouvé de la diméthylamylamine (DMAA), une substance chimique stimulante qui aide à la perte de poids et permet d’augmenter les performances sportives de ses consommateurs. Un produit dopant dont l’usage est strictement réglementé et qui n’a aucunement sa place dans une salle de sport lambda.

Cette découverte n’a pas conduit au placement en garde à vue du gérant de l'établissement car les enquêteurs doutent encore de son implication dans le trafic. Elle a cependant engendré l'ouverture d’une procédure pour « trafic de stupéfiants » et la fermeture de l’établissement, conformément à l’article L. 333-2 de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, dite loi Narcotrafic. La préfecture ajoute : « Cette fermeture effective jusqu’à fin juin permet de faire cesser ces troubles à l’ordre public et ces risques avérés. »

Ce n’est pas une première. En octobre dernier, une salle de sport d’Arles a été fermée administrativement durant six mois après qu’un homme est mort d’une overdose en revenant de l’établissement. Quelques mois plus tôt, à Tarbes, des milliers de gélules de stéroïdes ont été saisies lors du démantèlement d’un important trafic d’anabolisants dans le milieu du fitness et du culturisme local.

Dans ces lieux, la recherche de la performance physique est telle que certains sont tentés de prendre des produits illicites pour se surpasser. Les trafiquants l’ont bien compris et ont trouvé là de nouvelles chances de business. Ils ne se contentent plus des points de deal classiques et font désormais entrer leur marchandise dans des établissements ayant pignon sur rue. À l’automne, Corinne Simon déclarait, dans les colonnes de ici Provence : « Le trafic de drogue est présent dans des établissements qui présentent une façade d'activité légale, qui, en apparence, sont totalement anodins. »

Le deal, un sport national

Le trafic de drogue a pris une telle ampleur qu’il est désormais partout. N’importe quel lieu peut aujourd'hui devenir un point de deal. Après les bars, les épiceries de nuit, les magasins de CBD, les snacks et les barbiers, c’est au tour des salles de sport d’être des plaques tournantes du trafic de stupéfiants.

La pieuvre étend inexorablement ses tentacules. Pas sûr que de simples fermetures administratives de six mois maximum puissent réellement endiguer le phénomène, mais c’est un pas de plus dans le bon sens.

Pour rappel, selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publiée en décembre dernier, « en 2023, le marché français des drogues illicites (hors outre-mer) est évalué à 6,8 milliards d’euros en moyenne (fourchette comprise entre 3,8 et 9,7 milliards d’euros), contre 2,3 milliards en 2010 et 4,4 milliards en 2017 ». En treize ans, le marché du stupéfiant a connu une croissance de 189 %.

Vos commentaires

18 commentaires

  1. Vu les peines indigentes encourues .
    Allez voir dans les pays du golfe ou en asie .
    20 – 30 ans voir la peine de mort.
    Le trafic de drogue est considéré comme un délit criminel et non pas pénal.
    On devrait déjà déchoir de la nationalité française les binationaux délinquants dealeurs.
    Comme on le fait pour les terroristes islamistes.

  2. J’ai fais six ans de muscule entre midi et quatorze heures , j’ai arrêté parce que je fumais aussi un paquet de cigarette par jour. Ce n’était pas la bonne came ! Depuis j’ai arrêté ! La cigarette et la musculation !

  3. Es-ce qu’il ne faudrait pas aussi contrôler le chargement de ces camionnettes blanches sans marques qui foncent dans les rues pour livrer jusqu’à 80 colis par jour avec des horaires de dingues, à livrer des petits colis partout. C’est une question.

  4. Cet article est lunaire ! …
    « La prise de produits pour améliorer les performances sportives » est vielle comme le SPORT ! …
    Il faut savoir qu’il n’y a pas que dans les salles de fitness que c’est connu ! … Le milieu des joggeurs amateurs est tout aussi exposé ! … il n’y a pas que les « bonnes chaussures » qui améliorent les temps de courses par exemple ! …
    Actuellement, les « performances » de certains sportifs sont étonnants de prouesses ! …
    Bientôt, certains seront « descendus » de leur piedestal comme un « super cycliste » américain ! …
    La BD « Astérix aux Jeux olympiques » donne une parfaire vision de la problématique des « potions magiques » ! …

  5. souvenirs.. souvenirs…
    la salle d’haltérophilie de l’ASLIE, à Lille (Jean Debuf, médaillé à Melbourne en 1956),
    c’était bien plus « rustique », mais je ne crois pas qu’un petit dealer aurait osé se montrer…

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