[CINÉMA] Amélie et la métaphysique des tubes, le doux éveil de l’enfance

Humour et esthétique chargée de couleurs pastel pour évoquer l’éveil à la vie d'Amélie Nothomb au Japon.
Copyright Haut et Court
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Amélie Nothomb a souvent eu droit aux honneurs cinématographiques. On se souvient, notamment, de Hygiène de l’assassin (Éditions Albin Michel), en 1998, réalisé par François Ruggieri, ou de Stupeur et Tremblements (Éditions Babelio), porté à l’écran par Alain Corneau en 2003. Stefan Liberski adapta, quant à lui, Ni d'Ève ni d'Adam (Éditions Albin Michel) en 2014, avec son long-métrage Tokyo Fiancée. Enfin, l’Espagnol Kike Maíllo réalisa A Perfect Enemy, en 2020, tiré de Cosmétique de l’ennemi (Éditions Babelio).

Neuvième roman de la femme aux chapeaux, publié en 2000 chez Albin Michel, Amélie et la métaphysique des tubes vient à présent s’ajouter à la liste et marque la toute première adaptation de l’auteur au cinéma d’animation.

Une enfance au Japon

Lauréat du Prix du public au dernier Festival d’Annecy, ce premier long-métrage en tant que réalisateurs de Liane-Cho Han et de Maïlys Vallade raconte les trois premières années de la vie d’Amélie Nothomb au Japon, à la fin des années 60, où son père Patrick Nothomb officie en tant que consul général, à Osaka. Sur le ton de l’humour, la jeune Amélie confie en voix off au spectateur ses pensées éparses et le sentiment d’être considérée par ses proches comme un « tube digestif inerte et végétatif ». D’abord passive, la future romancière s’éveille peu à peu au contact des adultes, prononce ses premiers mots, s’enthousiasme d’un rien et découvre les lois de l’existence, parfois au détour d’un épisode douloureux. Pour l’aider dans son apprentissage, Amélie peut également compter sur sa nourrice japonaise Nishio-San, avec qui se noue une relation tendre et privilégiée sous le regard désapprobateur de la propriétaire des lieux, Kashima-San…

Un film impressionniste

Les réalisateurs Liane-Cho Han et Maïlys Vallade, qui s’étaient rencontrés sur le tournage du film Le Petit Prince, de Mark Osborne, ont mis plus de sept ans à développer leur adaptation d’Amélie Nothomb. Entourés d’une équipe créative de cent cinquante personnes, ils ont élaboré une esthétique chargée de couleurs pastel et aux contours flous, conférant à l’ensemble un aspect impressionniste fidèle au propos général : à savoir, l’éveil d’une enfant qui découvre la vie et, tel un papier buvard, aspire dans son esprit confus les sons, les couleurs, les lumières et les sensations qui constitueront plus tard ses souvenirs de jeunesse. S’il n’est pas exempt de passages gnangnan et maniérés, propres aux films sur l’enfance, le film de Liane-Cho Han et de Maïlys Vallade, à la fois délicat et nostalgique, ravira les familles.

3 étoiles sur 5

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Pierre Marcellesi
Chroniqueur cinéma à BV, diplômé de l'Ecole supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) et maîtrise de cinéma à l'Université de Paris Nanterre
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