Changement de sexe : quand Karlee dévoilait l’horreur d’un parcours de transition

« Je me suis sentie comme poussée à l’achat par le spécialiste qui me précisait que ce n’était pas à moi de payer. »
KARLEE - LIBRE DE DROITS

Ce vendredi 30 janvier, lors de l'événement exceptionnel  « Urgence, les Françaises en danger », seront évoquées, parmi les menaces actuelles qui pèsent sur les femmes, celle de leur grand effacement par l'encouragement au changement de sexe, si cher aux wokistes. Pour en parler, deux femmes qui, après avoir « changé de sexe », ont décidé de détransitionner : Chloe Cole, militante américaine pour la première fois en France, et Janick Christen, deux témoignages inédits.

L'occasion pour BV, à la veille de ce grand événement, de republier cet autre témoignage, celui de Karlee recueilli dans ces colonnes, qui raconte l'épreuve insoutenable de la transition chirurgicale qu'elle a vécue. Elle se dit aujourd'hui pourchassée par la communauté trans.

 

« Je suis une femme trans et je regrette ma transition, je n'ai rien à perdre, je ne peux pas laisser cette propagande continuer aujourd'hui », alerte Karlee. Cette jeune trans née garçon a subi une chirurgie irréversible pour changer de sexe. « Si je n'avais pas subi cette vaginoplastie*, j'aurais détransitionné, je serais redevenue un homme, mais c'est rédhibitoire, je ne pourrai jamais redevenir un homme. J'accepte tant bien que mal mon état actuel, je reste comme je suis », nous explique Karlee, que BV a interrogée. Notre interlocutrice ne souhaite pas donner sa véritable identité et ne communique que via les réseaux sociaux pour se protéger des harcèlements dont elle se dit victime : « Je reçois des menaces de mort par la communauté trans qui n'accepte pas mes critiques et m'accusent de nuire à son travail », nous dit-elle.

L'histoire de Karlee n'a rien d'anecdotique. En France, le nombre de patients qui ont subi traitements hormonaux et interventions chirurgicales pour changer de sexe a triplé, entre 2011 et 2020. 70 % d'entre eux ont entre 18 et 35 ans. Il y aurait, selon l'association Objectif Trans, 15.000 individus intégralement pris en charge pour transidentité, en 2020. Un chiffre revu à la baisse par l'assurance maladie, qui en dénombre 8.952 pour la même année mais qui n'a, depuis, pas été réactualisé. L'effet « contagion sociale » via les réseaux sociaux et l'augmentation du nombre de jeunes touchés par ce qui s'apparente à un véritable phénomène de société font craindre une accélération.

Comme un coup de pied dans la fourmilière et quoi qu'il en coûte, Katlee veut justement « en finir avec tous ces influenceurs aux centaines de milliers d'abonnés qui se répandent sur la Toile pour propager l’idéologie transaffirmative et précipiter nombre de jeunes comme elle dans des mutilations chirurgicales qui font les affaires juteuses de spécialistes du corps médical ».

« Aucun médecin n'a demandé l’accord de mes parents »

Son histoire débute dans les années 2010. Karlee, qui se décrit comme « un garçon à tendance homosexuelle » à l'époque, découvre, comme beaucoup d'autres jeunes de sa génération, l'existence de personnes trans via les réseaux sociaux et des reportages sur YouTube : « C'est alors devenu une évidence : au fond de moi, je me sentais femme, je pensais qu’en devenant une "femme trans", je rentrerais plus dans la norme. Mais c’est tout le contraire. » Elle comprend aussi que, pour celui ou celle qui souhaite changer de sexe, l'aventure débute avec le Planning familial qui l'oriente vers des spécialistes et lui explique que « tout sera pris en charge » par la Sécurité sociale.

À seulement 17 ans, sans accord de ses parents - aucunement exigé par les professionnels qui la suivent -, Karlee débute ainsi son parcours de transition : deux années de suivi auprès d'un endocrinologue qui lui administre des bloqueurs de puberté (« une dose de cheval ! », précise-t-elle à BV) et d'un psychologue à raison d'une rencontre hebdomadaire. Des consultations peu convaincantes pour Karlee qui, avec le recul, estime avoir eu affaire à « un piètre spécialiste sans aucune compétence ni formation particulière ». Avec lui, elle parle « de la pluie et du beau temps et de [s]a transition sans qu'à aucun moment il ne cherche à savoir pourquoi [elle] souhaitait entamer ce parcours ni ne remette une seul fois en question [s]a décision ». Au point que, « dans le fond, c’était pour lui le moyen d’arrondir ses fins de mois », juge-t-elle.

Pourtant, Karlee souffre de nombreux désordres psychologiques proches de la dépression chronique et de l'anxiété sociale : « J'ai été diagnostiquée borderline », tient-elle à préciser à BV. Cet aveuglement des spécialistes laissant de côté les pathologies des demandeurs de transition pour les précipiter dans des opérations de changement de sexe est régulièrement dénoncé. Psychiatre de l'enfant et de l'adolescence, le Dr Vincent Rouyer, régulièrement interrogé dans nos colonnes, déplore « ces diagnostics non posés de ces jeunes souffrant souvent de troubles de la personnalité, de traumatismes complexes ou du trouble du spectre de l'autisme, et plus rarement de schizophrénie », que l'on précipite dans des parcours de transition sans les soigner réellement. C'est par ailleurs un des reproches majeurs faits aux professionnels du fameux Tavistock Centre en Angleterre qui, après enquête, a été fermé.

« On se croirait vraiment dans une industrie »

Quelques années après, Karlee subit trois opérations mammaires à l’hôpital de Lille : « Toutes étaient prises en charge, j’étais plutôt contente, ma transition avançait », explique-t-elle. Lorsqu'elle est acceptée pour un suivi à Lyon par l'équipe du GRETTIS [Groupe de recherche, d'étude et de traitement des troubles de l'identité sexuelle, NDLR], spécialisée dans les traitements de changements de sexe, Karlee découvre un monde bien particulier. Victimes de leur succès, les membres de l'équipe médicale sont confrontés à un afflux de demandes. Les salles d'attente sont bondées de « personnes trans défigurées par des chirurgies poussées à l’extrême », mais la jeune femme trans est bien accueillie par une « équipe bienveillante, un peu trop, même », qui lui « explique qu'elle est très jolie, qu'elle coche les bonnes cases et l'encourage à enchaîner les interventions ». Mais Katlee n'en pense pas moins : « On se croirait vraiment dans une industrie. Je me suis sentie comme poussée à l’achat par le spécialiste qui me précisait que ce n’était pas à moi de payer. »

« J'ai été bien naïve »

Une première chirurgie de féminisation faciale, intégralement remboursée par la Sécurité sociale, est donc réalisée. Les choses se corsent lorsque Katlee subit une vaginoplastie. « Le chirurgien m’a bien vendu le truc en me disant que ce serait très réussi et que j’allais vraiment devenir une femme. J’ai été bien naïve. Dès les premières heures de mon réveil de l’opération, je souffrais beaucoup et c’est comme si j’avais une révélation : j’ai commencé à regretter, j’étais allée trop loin, je me suis demandé ce que j’avais fait et pourquoi. » La réaction d'une infirmière à qui elle se confie reste à jamais gravée dans sa mémoire : « Ce n'est rien, elles disent toutes qu'elles regrettent, au début. »

Les suites de l'opération sont indescriptibles, le suivi post-opératoire « catastrophique » et les dommages corporels irrémédiables : « J'ai une plaie béante à vie entre les deux jambes », nous explique-t-elle. Elle raconte des souffrances permanentes (parmi lesquelles des épreuves de dilatation subies jusqu’à quatre fois par jour pendant toute une vie) et des effets secondaires difficiles à décrire ici (écoulements de liquide nauséabond et risques d’infection permanents). Un calvaire qui précipitera Karlee dans trois tentatives de suicide, dont l'une l'a plongée dans le coma pendant quinze jours : elle a bien failli ne jamais revenir.

« Si je n'avais pas vécu la vaginoplastie, j'aurais détransitionné »

Karlee a désormais décidé de donner un nouveau sens à sa vie : faire passer un message via ses réseaux TikTok et Instagram. Parce qu'un « homme reste un homme et qu'une femme reste une femme », elle est déterminée à apporter son contre-témoignage à « ces influenceuses et youtubeuses qui vendent du rêve en faisant croire qu'on peut devenir des femmes et des hommes et dont les messages cartonnent sur les réseaux sociaux. Et pour toutes les personnes qui se sont suicidées parce qu'elles regrettaient leurs opérations et leur transition et dont personne ne parle. » Elle n'hésite pas à évoquer ce « lobby pharmaceutique, l'argent qui est derrière toute cette industrie ». Un message comme un cri d'alarme, sincère et à contre-courant.

https://www.tiktok.com/@actufaitdivers24/video/7571451896309861654?q=karlee%20monster%20reaction&t=1763367106160

*vaginoplastie : création d'un vagin

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30/01/2026 à 12:22.

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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

46 commentaires

  1. J’avais déjà lu son témoignage
    Déjà je ne comprends pas déjà que ce soit reconnu comme une maladie alors que les vraies, en ALD soient de moins en moins remboursées , et cette transition coute entre 100.000 et 150.000 euros, quand on nous demande toujours plus de sacrifices, les cancéreux doivent payer certains traitements fort onéreux de leur poche, alors pourquoi devrions nous payer une « lubie » de certains, qui regrettent après, la preuve !
    En effet des chirurgiens peu scrupuleux, au lieu de les inviter à consulter un psy, poussent à la roue, pour toucher toujours plus de fric, « bah oui c’est gratuit », oui pour eux mais pas pour nous qui cotisons !!
    Pour moi , ce ne devrait pas couter un centime aux cotisants, qu’ils fassent ce qu’ils veulent avec leur corps, je m’en moque, mais pas à nos frais

    • Exactement, la réflexion peut être très positive et ne pas changer de sexe, comme une boutade. On ne change pas de sexe, comme change de vêtement, c’est une vie qui s’engage pour le PIRE.

  2. hier après-midi sur l’émission « ça commence aujourd’hui » de la 2, deux jeunes sont venus parler de la même chose, disant que les médecins les avaient pratiquement encouragés à faire ces transitions, et tous les deux le regrettaient amèrement n’ayant pas auparavant été suivis pour simplement un problème psychologique. Malheureusement ces opérations sont irréversibles, quant aux hormones administrés on peut les arrêter mais tous les changements ne reviennent pas forcément comme avant, notamment la voix. Le nombre de médecins qui doivent s’enrichir avec ça aux frais des français puisque c’est gratuit pour ceux qui le font. Donc c’est tous les français qui paient pour enrichir ces charlatans qui n’ont plus rien à voir avec des médecins.

  3. Comme la chirurgie esthétique il y a 50 ans, la transchirurgie n’est que du bizness, rien que du bizness. Le scandale est que c’est remboursé par la Sécu….. à cause de Bachelot et du gouvernement de droite, je crois.

  4. Les médecins coupables de ces horreurs devraient lire ou relire « Frankestein ». Ça finit toujours mal quand on se prend pour Dieu.

  5. Qu’en pense ses parents ? Ces médecins, psychiatres devraient être poursuivis pénalement
    Je ne peux m’empêcher de penser à ce gamin-gamine de 8 ans avec sa maman fière de le présenter comme un « animal de foire » dans l’émission de Quotidien, mais qu’adviendra t-il lorsqu’il-elle aura l’âge de raison ?

  6. Je ne plains pas ces gens qui regrettent leur changement de sexe. Ce que je déplore, ce sont ces chirurgiens qui pratiquent ces opérations qui contrarient la nature ! Que ne ferait-on pas pour de l’argent ! Et la Sécu qui rembourse, voire encourage ces actes est proprement scandaleux alors que certaines personnes hésitent à changer de lunettes ou se faire soigner les dents pour cause du surcoût à leur charge ! La France est vraiment devenue une pétaudieère !

    • Vous avez entièrement raison.
      Mais que dire de ces chirurgiens qui ne sont pas sanctionnés pour les dommages qu’ils créent, et qui feraient mieux de s’occuper des grands malades qui eux, en ont vraiment besoin.
      Pauvre France.

  7. Les questions soulevées par un mal être n’obtiennent pas de réponse à grands coups de scalpel. C’est la psychologie, voire la psychiatrie, qui doit traiter ça. Et accessoirement ça nous coûtera moins cher que le développement de ce business !

  8. Je suis toujours surpris du nom de ces associations qui se dissimulent derriere des noms qui leurs donnent une sorte de respectabilité humaniste et qui en fait ne font que poursuivre des objectifs militants, je pense au Planning Familial , à la Ligue des droits de l’homme, associations féministes, …

  9. La sportive franco sénégalaise diouf halba transgenre très déçu (e). d’avoir perdu son procès contre la fédération française d’athlétisme. Qui refuse qu’il participe aux compétitions féminines

  10. Les chromosomes déterminent le sexe. La nature fait bien les choses . Quoi qui en est le problème le contribuable n’a pas a prendre les frais médicaux de la transition de genre .
    C’est pas une maladie

    • En accords total certaines personnes ne peuvent plus se soigner les dents et on rembourse de telle qui est un choix pas une obligation

    • Tout à fait, s’il n’y avait pas de remboursement, ces personnes réfléchiraient à deux fois avant de franchir le pas

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