Chalon-sur-Saône : cette élue LFI qui voulait venir voilée au conseil municipal

« Nous sommes donc au cœur des manœuvres islamistes, à des fins de conquête territoriale », dénonce le maire.
© Mairie de Chalon-sur-Saône
© Mairie de Chalon-sur-Saône

« La laïcité sera respectée au conseil municipal de Chalon. » Gilles Platret est soulagé. À peine réélu, avec 61,4 % des voix, le maire de la sous-préfecture de Saône-et-Loire devait faire face à une hostilité peu commune de la part des deux conseillers municipaux de La France insoumise. Damien Saley et Lamia Sabrina Sari, élus avec 10,58 % des voix, avaient saisi le tribunal administratif de Dijon dans la foulée de leur élection. Leur requête visait à demander la modification du règlement intérieur municipal pour permettre à Lamia Sabrina Sari de « porter son foulard islamique » lors des séances du conseil. Une tenue qui est la sienne par « convictions religieuses », se défend-elle. Le 14 janvier dernier, Gilles Platret, qui entame désormais son troisième mandat, avait en effet fait voter une modification du règlement du conseil municipal avec un article abordant « la tenue vestimentaire des conseillers municipaux en séance ». Celle-ci « doit rester neutre et s’apparenter à une tenue de ville » et « ne saurait être le prétexte à l’expression d’une quelconque opinion ». La réforme visait à « interdire que puissent siéger des conseillers municipaux qui viendraient avec des tenues vestimentaires qui feraient la promotion d’une religion, d’un parti politique ou de quelconque intérêt privé », défend l’édile, dans une vidéo publiée sur X.

Libawat contre l'islamophobie

Un projet permettant que « la laïcité ne puisse être attaquée par des élus qui viendraient au conseil municipal pour y faire du prosélytisme, explique Gilles Platret au Figaro, ou pour défendre un groupe plutôt qu’un autre, au mépris du principe de neutralité de la commune et d’universalité des décisions que son conseil municipal est appelé à prendre pour elle ». Une modification qui n’est que la reprise in extenso du règlement de l’Assemblée nationale.

Lamia Sabrina Sari appartient à l’association Libawat, un mot arabe qui signifie « lionnes ». Une organisation communautariste, affiliée à La France insoumise, qui rassemble des femmes musulmanes de Chalon-sur-Saône et « lutte contre les discriminations ». « Uniques dans leur genre en Bourgogne-Franche-Comté, ses membres constituent des listes d'entreprises et commerces qui acceptent les femmes qui portent le voile », peut-on lire sur info-chalon.com, un site ayant rencontré les responsables de Libawat. Dans un communiqué daté 18 mars, Libawat renouvelle ses oppositions violentes à Gilles Platret : « Depuis plusieurs années, le maire fait de la ville un terrain propice à la stigmatisation des musulmans et à la diffusion des théories complotistes islamophobes. » Libawat organisait, par exemple, une « manifestation contre l’islamophobie » à Chalon, le 31 janvier, en présence du député insoumis Raphaël Arnault.

« Islam politique »

Gilles Platret dénonce Libawat comme étant « liée à l’Alliance citoyenne de Grenoble, un autre syndicat de femmes musulmanes né à Grenoble, qui a notamment porté la campagne sur le burkini dans les piscines municipales, laquelle est elle-même liée aux Frères musulmans ».

« Que Madame Sari soit musulmane est son affaire et je ne trouve rien à y redire, expliquait l’élu, dans un communiqué avant l’audience. Mais qu'elle garde son voile quand elle siège et vote en tant que conseillère municipale, voilà qui contrarie la laïcité et nous devons nous y opposer, comme s'y oppose à juste titre le règlement intérieur de l'Assemblée nationale. »

Ce mercredi 18 mars, le tribunal administratif a donc rejeté la requête des élus LFI. Aucune femme ne pourra venir voilée au conseil municipal. « Nous avions une tentative de LFI et des islamistes pour essayer de casser la laïcité au sein du conseil municipal de Chalon. » Pour le maire de droite, le juge a rappelé une règle ferme : « Le conseil municipal est une autorité administrative qui doit assurer la neutralité de la République française. »

« Nous sommes donc au cœur des manœuvres islamistes, à des fins de conquête territoriale, au cœur des démarches de l'islam politique qui menace à terme nos libertés individuelles », s’émouvait-il, la veille de l’audience. Un mandat combatif qui débute.

Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Bigre si les juges du tribunal administratif de Saône-et-Loire donnent raison au maire de Chalons sur Saône qui ne veut pas qu’une élue du conseil municipal ne siège voilée, vont-ils être traités « d’islamophobes »? Cela dit, les Chalonnais sont manifestement contents du travail de leur maire et ils l’ont réélu avec plus de 61% des voix! C’est cela le plus important!

  2. Petit rappel, le courageux Gilles Platret a été exclu des LR .
    Il est désormais DVD .
    En 2023 , Gilles Platret, vice-président de LR, vient de franchir la ligne rouge qui sépare son parti des positions d’Éric Zemmour.

    Invité par Morandini,sur cnews .
    il a admis la validité de la théorie du Grand Remplacement.
    Il a déclaré: “Arrêtons de nous bercer de mots et regardons la réalité en face: dans certains quartiers, nous assistons à une véritable épuration ethnique, des individus de culture islamique chassant par l’insulte, la menace et la violence la population d’origine française.”

    À quoi Zemmour a répondu: “Voilà un LR courageux!”
    Du coup les LR en 2023 l’on exclu

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