[ANIMAUX] Aïd et abattage rituel : les associations sur le pont… mais pas trop
Promptes à dénoncer le gavage des oies, la souffrance des lapins angoras, la corrida et la chasse à courre, les associations animalistes ont la réputation d’être muettes sur la question de l’abattage halal. Qu’en est-il réellement, alors que l’aïd el-kébir débute ce 6 juin 2025 et qu’une hécatombe de moutons se prépare?
Une « cruauté », pour PETA France
Dire que ces associations sont absentes sur le sujet est un mauvais procès qui leur est fait. Sans parler de la fondation Brigitte Bardot, dont la position de la fondatrice est connue, l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA) est claire sur le sujet : elle « dénonce l’abattage rituel sans étourdissement ». Idem chez PETA France, qui qualifie l’abattage rituel de « cruauté ». De son côté, L214 affirme qu’elle « communique régulièrement sur ce sujet et diffuse des images chaque fois que c'est possible » — la preuve tout récemment avec les images de l’abattoir halal de Meaux. Quant à l’enquête menée par One Voice (« Abattage rituel : dans le quotidien des abattoirs halal »), les méfaits qu’elle décrit sont insupportables à lire.
Pas absentes, les associations, mais pas non plus hyper visibles. L’enquête de One Voice remonte à… 2009. Contactée par BV, One Voice se justifie : plutôt orientée « sur les animaux sauvages, l’expérimentation animale ou l’errance féline », « notre association considère que L214 fait un travail remarquable sur le combat pour changer la société sur le plan des animaux élevés pour l’alimentation ». Citées ci-dessus, les prises de position des autres associations remontent aussi à quelques années. Si l’on part du principe que, pour être audible, un message doit être répété, ici, l’absence d’itération en affaiblit la portée. Surtout quand la tendance est à la relativisation : « Aucune forme de massacre – religieux ou autre – ne peut jamais être éthique », dit PETA, renvoyant la faute sur tous les mangeurs de viande. De même, L214 dénonce « le plaisir de manger », « il est illusoire de penser que d'autres formes d'abattage se font "respectueusement et humainement" ». Pour cet aïd 2025, PETA France n’a rien posté, à notre connaissance. L214 l’a fait, ainsi que OABA.
L’hypocrisie du don alternatif
Dans son post, OABA, association remarquablement active lorsqu’il s’agit de sauver les animaux des abattoirs clandestins, cite les responsables d’une mosquée qui invitent à faire un don plutôt qu’à tuer un animal, une « des alternatives légales et religieusement valides » (« légales » non selon la loi française mais selon la charia). De même, « nous orientons les musulmans vers la commutation du don », a récemment déclaré l’imam de Bordeaux Tarek Obrou, dans un entretien lénifiant avec L214. Hypocrisie ? Selon tous les sites qu’on consulte à ce sujet — Secours islamique, Dignité international, Human Appeal —, de tels dons permettent à une famille pauvre de sacrifier un animal (un mouton, un bovin, voire un chameau pour vingt familles). Le don, « sacrifice par procuration », déplace la question de la souffrance animale, il ne la résout pas. Et la sur-mobilisation des préfectures françaises à l’approche de l’aïd montre que l’abattage de moutons reste la norme, dans notre pays.
Autre alternative souvent présentée comme témoignant d’une évolution des mentalités : un abattage rituel admettant l’étourdissement préalable. L’Indonésie est souvent citée en exemple (ici par L214) comme pays musulman l’autorisant. Cela semble fonctionner avec, en 2016, « 93 % du bétail désormais étourdi ou rendu inconscient avant l’abattage ». Mais l’association PETA a fait un constat douloureux, lors d’une enquête en 2021 : « Les ouvriers abattent souvent les vaches avec des méthodes bon marché et douloureuses. » Difficile de prendre l’Indonésie comme modèle. Sur le papier, un abattage halal incluant l’étourdissement est possible, mais les mentalités en sont fort éloignées.
Le chiffre mystère
Un point, enfin, qu’on regrette que les associations animalistes n’éclaircissent pas : le nombre de bêtes égorgées sans étourdissement lors de l’aïd. Un document officiel de 2016 indiquait qu’en 2015 avaient été abattus en France à cette occasion « 123.179 ovins et 6.069 bovins » (p. 17). Vieux de dix ans, ce chiffre est repris partout sous la forme vague et très minimisée de « plus de 100.000 ».
Le chiffre d’aujourd’hui est introuvable. Serait-on sous les 100.000 ? Vers 150.000 ? Atteint-on les 200.000 ? Les statistiques doivent exister quelque part, au moins les chiffres permettant de les établir. Mais personne n’a envie de mesurer l’ampleur de la souffrance animale provoquée par l’aïd, et encore moins de la révéler.
[Mise à jour du vendredi 6 juin. Depuis la parution de notre article, PETA-France a publié un post sur X à propos de l'aïd. Coïncidence?]
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42 commentaires
Et Vigilance halal ???
Inconnue ???
Il en est des moutons comme des femmes achetées contre leur gré : inadmissible !
on neparle que du halal, mais le casher C EST EXACTEMENT LA MEME CHOSE !
Je ne suis pas juif et n’ai pas de lien de solidarité avec les fidèles de cette religion, toutefois je veux croire que l’abattage rituel sous l’obligation d’étourdissement serait respecté par eux. Il n’y aurait aucun risque de soulèvement, de dégradations etc…
Je vous trouve un peu sévère surtout après les révélations de L214 sur l’abattoir de Meaux et les dénonciations de l’abattage halal. Que peuvent toutes les associations que vous citez si l’Etat admet et autorise l’abattage halal ? Seuls nos politiques sont complices et coopèrent à cette horreur.
L 214 a réussi à faire fermer l’abbatoir de Meaux.
Au XIX° siècle les abattages de type musulman ou hébraïque étaient interdits par le code rural . Nous avons progressé vers l’ignominie scandaleuse . Si le circuit des viandes abattues par un Rabin ne sont vendues qu’en milieu spécifique, celles dites halal sont en vente SANS INDICATION dans vos grandes surfaces non spécialisées : vous en mangez chaque semaine.
Ah mais non, il y a bien pire que l’abattage rituel : ce cheval de belle carrure qu’un maire écolo avait honteusement utilisé pour emmener des gamins à l’école sur une horrible cariole. C’est t’y pas de la maltraitance animale ça ?
Notre pays est devenu dégoûtant
Ce que je vois , ces associations de défense des animaux sont prompte a dénoncer des citoyens qui sauvent des animaux sauvages (cas de la petite laie sauvée par une agricultrice) ne disent absolument rien concernant cet abatage . Seule B B l’a dénoncé , mais voilà elle est de droite …
au commencement, l’écologie était « de droite ».
J’adore les animaux et cela me révolte au plus haut point. Je haïs les personnes capables de telles atrocités (aussi bien sur les animaux que sur les humains).
L’abattage halal est une horreur tant en cruauté qu’en conditions sanitaires car tout le contenu des viscères s’écoule sur l’ensemble de la viande et la contamine. Ce n’est pas un problème pour les musulmans qui mangent surtout l’avant des bêtes et la cuisent beaucoup et la font griller. Bon appétit!…
Nous sommes des omnivores et on peut élever un animal et l’abattre de façon respectueuse, en veillant à limiter au maximum son stress et sa souffrance. L’abattage hallal est d’abord religieux (avec contribution au culte) et barbare (avec souffrances supplémentaires). Il est temps de le refuser, de se rassembler pour exiger la transparence et que le mode d’abattage soit indiqué sur les barquettes et en boucherie. Au restaurant, je demande systématiquement et au besoin je pars. Beaucoup de poulet est hallal sans affichage clair.
Vous croyez encore à ce que l’on va vous répondre? Beaucoup de boucheries vous vendent du halal et vous en mangez depuis longtemps sans le savoir. Il faut INTERDIRE cet abattage, en France et fermer les abattoirs qui continuent à le pratiquer. Mais c’est vrai, il est interdit d’interdire…Nous importons aussi de la viande (comme si nous n’en avions pas de la bonne en France!) sans connaître le mode d’abattage, de transport et tout le reste…Je m’arrête là…
Toutes ces assoces sont-elles autonomes financièrement ? ou bien mes impôts servent-ils à les alimenter ? auquel cas, je refuse que l’état utilise mes « contributions » à ces fantaisies.