Algérie : renouer le dialogue et fermer les yeux… La méthode Nuñez
Depuis le 12 octobre, Laurent Nuñez a remplacé Bruno Retailleau au poste de ministre de l’Intérieur. De fait, il reprend ses dossiers, dont celui des relations franco-algériennes. Une thématique sur laquelle l’ancien préfet de police de Paris a d’ores et déjà montré toutes ses différences avec son prédécesseur.
Au micro de France Inter, ce dimanche, le nouveau locataire de la place Beauvau a fait savoir que sa stratégie serait tout autre que celle de fermeté adoptée par Bruno Retailleau. Il souhaite reprendre « le dialogue avec les Algériens ». À quels sujets ? Des incarcérations de Boualem Sansal et de Christophe Gleizes, du travail de sape des influenceurs algériens, des OQTF qu’Alger refuse de reprendre ? Le jeune ministre passe très rapidement à autre chose.
Adieu, fermeté
De quoi la France va-t-elle donc bien pouvoir discuter avec le régime d’Abdelmadjid Tebboune ? Des accords de 1968 qui offrent de nombreux privilèges aux Algériens souhaitant s’établir en France ? Non, car dans cette optique de dialogue, si l’on en croit Laurent Nuñez, cela ne serait pas pertinent. La remise en question du texte ou la renégociation de certains de ses termes « n'est pas à l'ordre du jour » car « il fonctionne ».
Le rapport présenté par le député Renaissance Charles Rodwell sur cette convention tend pourtant à démontrer qu’ils sont loin d’être satisfaisants pour la France, notamment parce que « ce texte s’apparenterait davantage à un engagement unilatéral de la France » qu'à un traité bilatéral. Il est également précisé que ces accords « instituent une différence de traitement entre étrangers fondée sur un critère de nationalité » problématique et « entraînent un surcoût certain » qui pourrait « avoisiner les 1,5 à 2 milliards d’euros par an ». Le rapport met en évidence une « surreprésentation significative des ressortissants algériens ou nés en Algérie au sein des dispositifs les plus coûteux pour les finances publiques […], que ce soit au regard des filets sociaux comme le RSA ou l’ASPA, de l’importance de l’immigration clandestine, du poids du traitement des demandes issues de personnes de nationalité algérienne au sein du système judiciaire et administratif français ou de la part significative des moyens mobilisés par la chaîne pénale au profit de ressortissants algériens ». À part ça, tout fonctionne à merveille.
Bonjour, lâcheté ?
Les œillères de Laurent Nuñez sont bien en place. La politique (non soutenue par Emmanuel Macron et par Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères) menée par Bruno Retailleau a indéniablement tendu les relations franco-algériennes, faut-il pour autant tout balayer d’un revers de main ?
Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, analyse pour BV : « On voit qu’il y a une inflexion de notre politique vis-à-vis de l'Algérie. Le départ de Bruno Retailleau a ouvert une brèche et la voie à un rapprochement avec l’Algérie pour ses partisans. » Il précise : « On est reparti comme avant. » Selon lui, « le gouvernement cherche à renouer, quoi qu'il en coûte, le dialogue avec l'Algérie alors que le rapport recommande la dénonciation des accords de 1968 et qu’il est écrit par des parlementaires de la majorité ». Résultat : « On va céder aux demandes algériennes et rétablir des relations de maître à élève. »
72 % des Français sont favorables à la suppression des accords de 1968, mais l’État s’entête. Dans quel but ? Xavier Driencourt a son idée : « Le président de la République ne veut pas terminer son mandat sur un blocage avec l’Algérie. Il veut être celui qui a permis de renouer. » Sa satisfaction personnelle passerait avant l’intérêt de la nation ? Nous n’osons y croire !
Comble de l'indécence, cette séquence de rapprochement a eu lieu deux jours après l’ouverture du procès de Dahbia Benkired, une Algérienne sous OQTF accusée du meurtre barbare de Lola Daviet.
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83 commentaires
Nunez : éloge de la lâcheté.
Pour pouvoir censurer il faudrait que monsieur Waukiez déchire sa carte du PS!