À l’occasion de la Gay Pride, les « saints transgenres » sont à l’honneur…
« Le christianisme a longtemps vénéré des saints "transgenres" » ! À l’approche de la Gay Pride ce 28 juin, le site progressiste theconversation.com a cru bon de publier ce texte d’une doctorante de l’université de l’Iowa, Sarah Barringer. Sa démonstration ? Il existe « 34 récits documentés sur la vie de saints transgenres ». Documentés, vraiment ? Au XVIIe, les moines Bollandistes passèrent au crible l’historicité des récits, par souci de vérité. Au XIXe, les positivistes s’y mirent à leur tour, motivés par leur haine du catholicisme. Ici, pour la commodité de sa thèse, Sarah Barringer fait comme si les récits étaient parole d’évangile, historique et religieuse.
Le travesti comme ressort dramatique
Données en exemple, sainte Eugénie, sainte Euphrosyne et sainte Marine (dite « la déguisée ») répondent-elles à la définition de « transgenre » ? « Tous trois sont nés femmes, explique Sarah Barringer, mais se sont coupé les cheveux et ont revêtu des vêtements masculins pour vivre comme des hommes et entrer dans des monastères. » Mais c’est pour échapper au mariage, alors qu’elle s’est vouée à Dieu, que sainte Euphrosyne s’habille en homme — pas par dysphorie de genre.
Quant à sainte Eugénie et sainte Marine, elles se retrouvent accusées d’agression sexuelle en tant qu’« hommes ». Devant le tribunal, Eugénie dévoile sa poitrine et le juge ne peut que s’incliner devant sa féminité et, donc, son innocence. On découvre le sexe réel de sainte Marine lors de sa toilette mortuaire : ce n’est donc pas elle qui a mis enceinte la fille de l’aubergiste. Quel rebondissement ! Ces deux récits emploient le même ressort dramatique, qui ne fait que ressortir la justification de ces deux femmes pures.
Transition et martyre
La poitrine de sainte Eugénie prouve qu’elle n’avait pas entamé sa « transition ». On chercherait en vain dans les hagiographies une ablation ou une reconstruction liées au genre. Sainte Agathe a eu les tétons puis les seins arrachés par le bourreau, mais il s'agit d'un martyre. Cela n'a rien à voir avec l’ablation de poitrine de jeunes femmes mal dans leur peau et que l’on convainc de « s’hominiser » — sauf à mettre en parallèle le bourreau et le chirurgien. Au lieu d'invoquer sainte Marine, les hommes trans pourraient invoquer sainte Agathe, qui déclarait à son tortionnaire : « Oublies-tu ta mère et les seins qui t'ont allaité ? »
Contrairement à ce que sous-entend Sarah Barringer, ce n’est donc pas en fonction d’un quelconque transgenrisme que « le christianisme honorait la sainteté de ces saints transgenres » mais en raison de leur sainteté. Leur transgenrisme n’est qu’un travestissement. Ça n’est pas le bois de Boulogne pour autant, plutôt une décision hors normes qui témoigne de la volonté de la sainte de couper avec le monde. Cela nourrit le caractère merveilleux des vies de saints, dont étaient si avide nos aïeux.
Cette fichue « masculinité romaine violente »
Mentionnant avec raison le mépris des conventions sociales, notre universitaire cite encore sainte Agnès, saint Sébastien et saint Georges comme modèles… dans la lutte contre « les stéréotypes de genre ». Doutons-en. Agnès choisit le martyre plutôt que le mariage, non par féminisme mais parce qu’elle a voué au Christ sa virginité. Saint Sébastien et saint Georges, de leur côté, auraient « rejeté leur masculinité romaine violente au profit du pacifisme chrétien ».
Cette « masculinité romaine violente » est une trouvaille, et rigolote, la seule originalité dans un texte qui ramasse des choses qui traînent partout dans les études gender, à l’image de la Jeanne d’Arc travestie ou transgenre… De telles « études » ont pour but de faire accepter la cause transgenre en dénaturant au passage le christianisme. La méthode de Sarah Barringer mêle anachronisme et incompréhension, inculture et idéologie ou mauvaise foi… On attend sans hâte la thèse qu’elle prépare : « Récits transmasculins dans la littérature médiévale », révélant un « troisième genre ». À ce niveau d’obsession, à quels saints se vouer ?
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23 commentaires
« sainte Agathe, qui déclarait à son tortionnaire… »
Sainte Agathe qui déclara … !
Mon meilleur ami , qui est en SSR, avait une permission hier pour aller manger en ville, taxi à l’aller 15 euros, pour revenir, coincé dans un embouteillage, il ne savait pas qu’il y avait ce défilé de « fiertés », du coup au lieu de 15 minutes de trajet, une heure et demie et 54 euros, il était furax et moi aussi d’ailleurs, le chauffeur, apparemment maghrébin n’a pas apprécié non plus, en disant qu’il n’y avait qu’en France qu’on voyait ça là je lui donne raison ! Je ne préfère ne pas dire ce que je pense de ces « fiertés »
Les Ordres étaient une manière dans la société d’autrefois de caser les minorités « indécises ».