[CINEMA] Lady Nazca, une vie dévouée à une civilisation disparue
C’est un film que l’on n’attendait pas, qui est sorti confidentiellement sans trop de publicité. Un film à petit budget qui évoque l’archéologie et l’histoire des civilisations disparues ; des préoccupations, de nos jours, qui n’attirent plus tellement le grand public.
Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, Lady Nazca, le comédien Damien Dorsaz s’intéresse à la figure de Maria Reiche, cette archéologue allemande qui consacra sa vie à la compréhension et à la préservation des fameuses « lignes de Nazca », au sud du Pérou.
Les mystères d’une civilisation disparue
Le récit débute en 1936, à Lima, où la jeune femme enseigne encore les mathématiques. Lors d’une soirée mondaine entre expatriés, Maria Reiche fait la connaissance de Paul d'Harcourt, un archéologue français qui a besoin d’une traductrice pour l’aider dans ses recherches sur les anciens systèmes d’irrigation du Pérou. Très vite, Maria se passionne pour la civilisation précolombienne de Nazca, qui se développa au troisième siècle avant Jésus-Christ sur un territoire semi-désertique. Tout particulièrement, ce sont les géoglyphes qui suscitent son intérêt, ces lignes et figures tracées dans le sol, sur 3.900 km2, dont elle s’efforce de chercher la signification. Au fil de ses travaux, sa théorie prendra forme : les géoglyphes constitueraient une sorte d’immense calendrier astronomique permettant de prévoir le cycle des étoiles. Théorie largement due, disons-le, à l’anthropologue américain Paul Kosok, et toujours sujette à controverses.
Néanmoins passionnant, le film nous montre que Maria Reiche eut toutes les peines du monde à faire comprendre à ses contemporains l’intérêt historique de ses recherches : d’abord aux entrepreneurs locaux, qui jusque-là exploitaient les terrains sans se soucier de porter atteinte à l’intégrité des géoglyphes, puis aux politiques péruviens qui ne s’étaient jamais interrogés sur la valeur patrimoniale et scientifique de ces formes. Grâce à Maria Reiche, nous dit-on, les « lignes de Nazca » ont été inscrites en 1994 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Un récit initiatique
Mûri depuis dix-sept ans, ce projet cinématographique de Damien Dorsaz fut précédé, en 2006, d’un documentaire du même réalisateur sur le sujet : Maria Reiche, la dame de Nazca. Tourné en vingt-huit jours seulement, Lady Nazca, qui met en vedette Devrim Lingnau et Guillaume Gallienne, est à appréhender non pas comme un biopic traditionnel – tant le récit prend des libertés avec les faits et les personnages – mais comme le parcours initiatique d’une jeune femme qui va trouver sa voie en se perdant aussi bien dans l’espace que dans le temps. Car fasciné par l’immensité désertique et par l’histoire de cette civilisation disparue, le personnage de Maria nous embarque avec elle dans une ode à la contemplation et à la sauvegarde du patrimoine de l’humanité. Un sujet bien trop rare au cinéma ; le cinéaste nous livre un film unique en son genre.
4 étoiles sur 5
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