Vous reprendrez bien une taxe sur les billets SNCF ? À ta santé, Nicolas !
On connaissait les aventures du Petit Nicolas, voici les (més)aventures du Gros Nicolas(-comme-devant). « Gros », il faut le dire vite, car en réalité, la vache à lait est exsangue. Dernière idée lumineuse ? Une taxe sur chaque billet de train pour rénover les voies. C’est ce qu’a proposé un expert de la conférence « Ambition France Transports » lancée en mai dernier par François Bayrou. Elle permettrait de rapporter 800 millions d’euros, à raison d'« un euro par billet sur les TGV, Intercités et les trains régionaux ». Cette « contribution à la rénovation des voies » serait temporaire. Mais bien sûr, on connaît le sort des impôts réputés provisoires au montant dérisoire : une fois que le principe est acté et la pilule avalée, il suffit de déplacer le curseur vers le haut. Rappelons que les péages ferroviaires français - censés financer l’état des rails - sont les plus chers d’Europe et représentent jusqu’à 40 % du prix d’un billet. Il se trouve que ledit prix - opaque, fluctuant, soumis à l’algorithme du yield management - a augmenté de 1,5 %, début 2025, après une hausse de 2,6 % en 2024 et de 5 % en 2023… pour un service qui se dégrade à vue d’œil : moins de train, en particulier le soir (quasi-impossibilité de réserver à la dernière minute), maillage territorial défaillant.
Gaïa plutôt que Nicolas
La SNCF est une société anonyme dont l’État est l’unique actionnaire. À ce titre, elle reste - et revendique être - une entreprise publique avec une mission de service public.
En cette matière comme dans tant d’autres, les Français ont vocation à payer toujours plus, pour un service toujours moindre.
Sur son site, à l’onglet « Découvrir le groupe », la SNCF s’engage sur un objectif chiffré écologique : « Nous diminuerons de 26 % nos émissions de CO2 à l’horizon 2030 », mais pas le moins du monde sur une baisse des prix ou une meilleure desserte du pays, et notamment de sa diagonale du vide. Au service de Gaïa, mais surtout pas de Nicolas. Il n’est pas certain que le gouvernement emboîte le pas de cet « expert » et agrée cette taxe hautement inflammable. Reste qu’elle est sur la table.
Ces tarifs prohibitifs visent-ils à inciter les Français à reprendre leur voiture ? Certainement pas. De ce côté-là, c’est matraquage à tous les étages. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône vient, par exemple, d’annoncer l'arrivée de voitures radars dans le département. Circulant incognito, déjouant les Coyote et les appels de phare complices, elles verbalisent à tout-va.
Il existe aussi un autre type de sulfateuses à PV, bêtes noires des automobilistes en ville. Équipées d’un logiciel de lecture automatique des plaques d’immatriculation (LAPI), elles sillonnent les rues payantes des grandes villes et font de l’abattage : elles seraient capables de contrôler environ 1.500 plaques par heure… Depuis huit ans environ, Paris, Bordeaux, Marseille, Metz, Nancy, Rouen ou encore Strasbourg ont fait appel à des sociétés privées pour sous-traiter cette manne pour la municipalité. Dès l’été prochain, une voiture du même type devrait circuler dans la ville de l’ineffable Édouard Philippe, et les commerçants grincent déjà des dents. Il faut dire que cette verbalisation est stakhanoviste et déshumanisée : pas de place au subjectif. Exit les pervenches plus ou moins aimables, mais dotées d’un cœur et d’un cerveau, capables de comprendre les raisons impératives d’un arrêt momentané ou de tolérer cinq minutes de « warning » pour récupérer un enfant avec une jambe dans le plâtre ou une personne âgée.
Implacables, on vous dit !
Tout cela est terminé.
À présent, les pouvoirs publics sont « implacables ». Comme on attendrait qu’ils le soient avec les délinquants. C’est d’ailleurs une Justice « implacable » avec les émeutiers en marge du match du PSG qu’avait promise Emmanuel Macron. Mais lorsque mardi, dans le Nord, il a poussé un coup de gueule, ce n’était pas pour s’étonner des peines très légères dont avaient écopé les premiers condamnés passés en comparution immédiate, mais pour s’indigner qu’en matière d’écologie - de suppression des ZFE en réintroduction, à titre dérogatoire, d’un insecticide néonicotinoïde -, on rétropédale : « Faut pas revenir en arrière, faut pas détricoter ça ! » Et le détricotage d’un pays tout entier, jusqu’au bout de la pelote et dans tous les registres, qui pour en parler ?
Il y a eu autrefois des jacqueries, gare aux « nicoleries » !
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58 commentaires
Excellent article bravo !
Petites mises au point :
1) les français ont choisi, comme pendant la crise covid, de se laisser emboucaner à l’écologie punitive et à la détestation du carbone. Aucun pour crier que le « réchauffement climatique » dû à l’activité humaine est un leurre.
2) Dans les autres modes de transport, celà se passe pareil : pour les autoroutes, ce sont les voitures particulières qui payent pour les camions (qui pourtant dégradent le plus). Rappelons-nous que la fameuse écotaxe, prévue par le gouvernement Fillon et qui a occasionné tous ces portiques, a été annulée par Ségolène Royal et le gouvernement suivant alors qu’elle existe en Allemagne ou en Suisse. Pour les canaux pareil, les mariniers ne paient pas tout l’entretien des canaux (que pour le passage des écluses), ce sont les plaisanciers et nos impôts qui paient. Il n’est donc pas étonnant que, pour les installations ferroviaires, ce soit SNCF-Voyageurs qui cotise le plus.
3) Il faut savoir que, pour l’instant, les « nouveaux entrants » (Trenitalia, Renfe, Transdev,…) ne paient rien pour l’entretien du réseau.
Donc, entre un écolo-hérétisme, une sécurité maximum et un trafic fret (quelque soit le mode) qui ne paie pas le vrai coût de son utilisation des infrastructures, …………
Il y a encore beaucoup de citoyens français qui n’ont pas réfrigérateurs et congélateurs vides le 15 du mois , qui peuvent remplir le réservoir de leur automobile , qui sont abonnés internet , Netflix , qui partent en vacances et l’Etat le sait . Tant que cette situation perdurera , la grande jacquerie nationale ne sera pas déclenchée et l’Etat le sait trop bien…..
Pendant ce temps, les délinquants qui ont cassé dans Paris continueront à ne pas payer leur du à la société et leurs amendes parce qu’elle seraient insolvables !
Les parents ne toucheraient ils pas des aides sociales conséquentes, souvent issues des cotisations du Nicolas au boulot ?
Et il faudra aussi payer les conséquences du grand défoulement et les augmentations d’assurances ,
Et Nicolas devrait payer pour rénover les voies de chemin de fer , pour que les » djeuns » puissent voyager gratis , tout en continuant à se défouler sur le matériel urbain?
Ce n’est plus la double mais la triple peine du dhimmi !
Pendant cela le gouvernement se défoule sur les Nicolas ou Jordan à coup de taxes, de restrictions ,et de lois plus coercitives les unes que les autres quand les services publics disparaissent dans le même temps .
Si il y a bien quelque chose qui semble avoir un semblant de logique , c’est bien celle qui consiste à se débarrasser une fois pour toute de ce peuple de Nicolas et ce ne sont pas les lois sur l’IVG à terme , et celles sur l’euthanasie qui pourront me convaincre du contraire.
Une taxe d’un montant fixe sur chaque billet est d’une absurdité sans nom. Elle pourrait se concevoir en % du prix du billet ou calculée proportionnellement au nombre de km parcourus.
Le gros problème est la justification de cette taxe. Moi je ne prends jamais le train mais curieusement je paye des taxes sur le carburant, taxes qui servent à financer le réseau ferré
Merci chère Gabrielle pour votre billet d’humeur et d’humour quotidien.
Il me permet d’appréhender ce monde cruel avec moins de noirceur.
Surtout, ne changez rien.
(J’aime bien votre « sulfateuses à PV)