[VIVE LA FRANCE] Bouquets éternels
Camille est heureuse, elle va enfin pouvoir réaliser le projet qui lui tient tant à cœur : inonder de fleurs les lieux de soin et apporter la joie de ses compositions auprès de ceux qui en ont le plus besoin ! La campagne de financement participatif proposée sur la plate-forme CredoFunding qui vient de s’achever va l'aider à concrétiser son activité Soyeuse.
4.000 euros récoltés lui permettent de s’équiper afin de laisser libre cours à son imagination et réaliser sur mesure couronnes, treilles, bouquets et compositions, tout en proposant des contrats de location. « Les fleurs apportent de la gaieté et de la beauté, souligne-t-elle. N’importe quelle personne à qui vous offrez des fleurs aura spontanément un sourire très instinctif. » Et s’il y a autant de plaisir à donner qu’à recevoir, chez Camille, « il y a une vraie joie à composer des bouquets ».
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par SOYEUSE- Artiste Fleuriste (@camille.soyeuse)
Après avoir testé les fleurs fraîches et les fleurs séchées, cette mère de trois enfants a plutôt opté pour les fleurs en tissu. « Je les manie dans tous les sens, ça se tord, ça se déplie, ça se passe sous l’eau pour les nettoyer », ce qui règle par là même la question d’hygiène inhérente aux structures de soin : « Le sec prend la poussière, il n’y a pas les mêmes couleurs, les mêmes formes… » De plus, les fleurs fraîches et les fleurs séchées restent périssables, à l’inverse des fleurs artificielles qui durent des années.
Alors, une fois les enfants partis sur le chemin de l’école, Camille s’adonne à sa passion et se lance avec la plus grande attention : « Mes fleurs, je prends le temps de réfléchir à la place de chacune, pour qu'elles soient là où elles révéleront le mieux leurs couleurs et leurs formes, là où elles seront les plus lumineuses, là où elles ne risqueront pas de cacher une autre tige qui elle aussi mérite d'être vue. »
Apporter « beauté, réconfort, et joie »
Une nouvelle activité qui synthétise, in fine, le parcours de cette jeune femme dont l’appétence pour les personnes fragiles s’est manifestée, d’une part, dès sa formation d’origine en soins infirmiers - mais dont le rythme s’est vite révélé incompatible avec celui de son époux militaire - et, d’autre part, par des cours du soir en bioéthique. « Récemment, la triste réalité de la loi sur la fin de vie m’a montré comme il est important et urgent d'apporter beauté, réconfort, et joie. »
La beauté est omniprésente dans le parcours de celle qui a « un peu touché à tout », jusque-là : d’abord une petite brocante avec de beaux objets chinés en salles des ventes, porcelaine et argenterie de qualité, puis de la confection, là encore avec des tissus précieux, souvent de vieux rouleaux d’ameublement jamais utilisés. Mais toute cette créativité s’essoufflait, car devenait limitée. Ne cousant pas elle-même, Camille ressentait la frustration de devoir passer par une couturière « qui travaillait très bien, mais j’avais besoin des mains de quelqu’un d’autre pour mettre en forme mes idées », confie-t-elle. Alors, au gré des mutations de son mari, la jeune femme en profite pour relire sa vie et choisit de se lancer dans un CAP fleuriste. Après un stage chez une agrifleuriste, c’est une révélation ! Elle composera des bouquets : bouquets de mariées, bouquets d’églises, bouquets dans les hôpitaux, les maisons de retraite, voilà son appel. Il se confirme par la rencontre avec deux Brigitte, deux bonnes fées marraines qui ont œuvré pour l’aider à se réorienter. La première, au moyen d’un bilan de compétences, et l’autre, en lui transmettant sa passion pour les fleurs éternelles. « J’ai travaillé les tissus, puis les fleurs ; maintenant, ce seront les fleurs en tissu ! », sourit-elle.
Camille aurait pu se lancer dans l’événementiel et décorer des bords de piscine ou des grands hôtels, mais « cela ne me correspondait pas, glisse-t-elle. J’ai besoin de quelque chose qui ait plus de sens, avec une dimension plus profonde que de la déco pour la déco. » Et c’est ainsi que, creusant cette idée, elle aimerait privilégier le fleurissement de ces lieux consacrés aux soins du corps ou de l’âme. Et, ce faisant, elle confirme cette célèbre citation de Dostoïevski : « La beauté sauvera le monde. »
Voir cette publication sur Instagram
Une publication partagée par SOYEUSE- Artiste Fleuriste (@camille.soyeuse)
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
Popular Posts




































7 commentaires
Ma fille était fleuriste à Paris , et avait, ancré en elle ce plaisir d’offrir qui est très commun à ceux qui offre des fleurs en créant, en retour , une réaction positive . Elle avait acquis les bases dans une école spécialisée tout en faisant preuve d’imagination pour réaliser ses compositions .
Elle prenait autant de soin à créer de beaux bouquets , gerbes et couronnes que de les vendre aux gens qui venaient les choisir .
Ce qui ne lui plaisait pas ,dans la fleuristerie, c’était les bouquets réalisés à la chaine de façon standardisée ou sur catalogue.
Camille en créant ses propres compositions en tissus fleuri pour des gens qui vivent difficilement et dans un environnement sans âme, doit certainement être dans cette démarche, qui est dans une sorte de don de soit même .
Très bien. La beauté fragile et éphémère me semble encore et d’autant plus belle lorsqu’elle est temporaire. En clair, je préfère les fleurs naturelles (que les intéressés soient indulgents avec ma franchise ). Cependant , cette initiative est tout à fait très bien…
Bravo à elle, c’est magnifique ce qu’elle fait
Excellente initiative.
Très belles réalisations. C’est fou comme une fleur, un bouquet de fleurs peuvent mettre un sourire aux lèvres d’une personne préoccupée, triste, …, tout comme le babillement d’un bébé peux faire tourner la tête d’une personne âgée, …, bonne réussite dans votre projet Madame Camille.
Très belle initiative !
Bravo Madame et merci de nous offrir un peu de beauté dans ce monde de noirceur.