[UNE PROF EN FRANCE] Que lire, cet été ?
Alors que tout se ralentit dans l’inertie de l’été, rien de plus salutaire que de plonger dans quelques ouvrages éclairés ! Lire pour reprendre pied, pour écouter le monde, pour retrouver la vigueur du jugement dans une époque d’hypocrites euphémismes.
Voici donc quatre ouvrages à emporter dans sa valise — ou dans son sac de plage — afin de se rappeler l’école que l’on a détruite, la culture que l’on oublie et la transmission que l’on méprise. Savoir, c’est une étape pour se donner les moyens d’agir.
Pierre Giolitto, Histoire de l’école. Maîtres et écoliers de Charlemagne à Jules Ferry
Un ouvrage majeur d’un historien pédagogue ayant exercé comme inspecteur général de l’Éducation nationale, qui retrace de façon concrète et vivante la construction de l’école. De l’époque carolingienne jusqu’à l’instauration des lois scolaires de Jules Ferry, Giolitto décrit la vie quotidienne des maîtres et des élèves, les outils pédagogiques, la discipline, les finalités de l’institution. C’est documenté, riche, vif, enlevé, bien écrit, parfois acerbe. Il interroge, dans sa conclusion, le pourquoi de l’école : régulation sociale, uniformisation, transmission minimale des savoirs, toujours au service du pouvoir en place.
Virginie Subias-Konofal, Histoire incorrecte de l’école. De l’Ancien Régime à aujourd’hui
Ce petit précis, nourri de citations et de faits, bouscule l’illusion d’une école républicaine méritocratique, généreuse et désintéressée. Un texte clair, agréable à lire, qui démonte avec élégance le mythe de l’école de Jules Ferry. La connaissance du passé est toujours bien utile à celui qui ne veut pas se contenter des miroirs aux alouettes qu’on lui tend.
Alain Finkielkraut, La Querelle de l’école
Recueil des débats de l’émission Répliques animée par Alain Finkielkraut, sur France Culture, réunissant des échanges contradictoires - et souvent passionnants - entre intellectuels et acteurs de l’éducation (notamment Natacha Polony, Philippe Meirieu, François Dubet, Luc Ferry, Michel Le Bris…). Ce format rend palpable la controverse pédagogique : choix des réformes, formation des maîtres, discipline, langue française, sélection… Finkielkraut ne se contente pas de modérer, il intervient, fustige et repose inlassablement les enjeux philosophiques du débat scolaire.
François‑Xavier Bellamy, Demeure
Dans un texte qui ne brandit pas la modernité comme vertu mais interroge notre fuite en avant. Bellamy prône un héritage réfléchi, une fidélité aux acquis culturels, à la transmission des savoirs et au temps long. Une méditation exigeante sur la transmission et l’enracinement : savoir rester, dans un monde pressé où tout devient jetable.
Bonne lecture !
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25 commentaires
Lire? Encore faudrait-il (1) qu’on ait appris à lire couramment à l’école, et (2) qu’on soit capable de se disjoindre de son smartphone pour plus d’une minute. Dur, dur!
J’ajoute à ma suggestion que, pour éviter de tomber dans la déconstruction, il est grandement conseillé de commencer par le début, à savoir la Genèse. Cela permet de remettre les pendules à l’heure puisque c’est à partir de la Création que le temps nous est conté, mais aussi compté.
Je suggère à mon tour de lire… La Bible. Ce n’est pas très compliqué à lire puisque selon l’Auteur : « Ce que Tu as caché aux savants. Tu l’as révélé aux tout petits ».
Qu’il est facile de proposer de seines lectures à notre jeunesse, mais qu’il est difficile de lui faire lâcher son téléphone.
Personnellement j’ai relu « les essais » de Montaigne. Livre que nous avions étudié au lycée.
Si j’osais , mémoires d’outre tombe de qui vous savez ,livre furieusement prémonitoire et de réflexions d’une telle actualité sur les sujets de notre époque .
Et une beauté de la langue incomparable ! J’en lisais des pages à haute voix à un ami étranger qui parlait assez bien français mais pas couramment, pour lui montrer les beautés de notre langue !
Si vous passez par Saint Malo cet été, pensez à aller saluer le vicomte !
Et puis après le dictionnaire qu’ils commence par lire Le Petit Prince de Saint-Exupéry, il n’y a pas 200 pages et c’est simple a lire, cela donnera peut être l’envie a certains jeunes.
Ce ne sont pas des conseils de lecture pour les enfants ou les « jeunes »…
Bon, faisons simple, facile, et direct :
« Qu’ils/elles commencent par le dictionnaire ! »
Très bonne idée.
afin de se rappeler l’école que l’on a détruite… ON se fait du mal.
Madame, toutes mes excuses, mais à quoi bon vous donner cette peine? Qui lit encore? Et qui pourrait le faire sur des plages ouvertes à une diversité exubérante, comme « l’euphémisent » nos bons médias? Pour les trois. lecteurs, quatre avec moi, qui restent à profiter de vos conseils? Et pardon encore, votre choix du mirliton bellamy, qui a désormais l’habitude de dégoiser hors contexte ses belles phrases? Quant à votre discrète fixette sur la dérive de l’école républicaine (qu’on comprend, évidemment!), représenter la moitié de vos propositions ressemble fort à un plaidoyer un rien orienté sur vos centres d’intérêt…
Avec moi, ça fera 5 ! J’ai lu le Giolitto déjà et je me suis régalée avec toutes les anecdotes et tous les détails que j’ai appris sur le passé (loin de l’image d’Epinal qu’on en donne souvent en positif ou en négatif). Le Subias je le connais aussi et il est très intéressant. Les deux autres je ne les connais pas encore, mais j’irai sûrement regarder. Après je ne crois pas que Mme Fontcalel fasse une « fixette » sur l’école républicaine ou autre : c’est juste la thématique de sa chronique. C’est normal que tout tourne autour de ça…
Bonjour Virginie. Bonnes vacances ?
Rebondissons sur le commentaire ci-après de « Ravi au lit » auquel j’adhère totalement.
Il souligne : « Tous ces ouvrages concernent exclusivement l’école Française ». Ce n’est certainement pas un reproche . Mais il me rappelle une réflexion qui me vient souvent à l’esprit : nous cultivons le nombrilisme avec aisance. Deux exemples significatifs.
L’Etat s’acharne à nous convaincre que les séniors seraient des dangers publics au volant de leur véhicule, sur les routes de France. Des visites médicales s’imposeraient à partir d’un certain âge. Voyez-vous des statistiques sérieuses, par tranches d’âges, qui accompagneraient ces intentions et les justifieraient? Voyez-vous des études comparatives avec ce qui se fait à l’étranger et avec leurs statistiques qui ne doivent pas manquer ? Sauf défaut d’information de ma part, rien nous est présenté.
Autre approche. Nos écolos accompagnés de français pétitionnaires tentent de rejeter la loi Duplomb laquelle remet en service un insecticide qui serait néfaste pour la santé humaine et les abeilles. Un insecticide exploité par tous les autres pays de l’Union. Croyez-vous qu’ils nous présenteraient des statistiques comparatives entre états pour étayer leur position ? Non, on se contente d’un bon nombrilisme. Et pourtant , les populations des autres pays de l’Union on tout autant le désir de vivre en bonne santé que les français. Non ? Ces étrangers européens ont très certainement, au moins, le même niveau culturel que les français. Non ? Ils sont donc capables de bon sens. Les français seraient-ils de race supérieure ?
Voyez-vous ces réfractaires français, ces pétitionnaires s’opposer à l’entrée en France des produits traités avec cet insecticide ? Non. Ils les avalent sans broncher, sans se poser de questions. Mais ils sont disposés à détruire notre agriculture, à nous rendre dépendants de produits étrangers, à leurs yeux pollués.
Rien ne va plus en France. C’est une décomposition généralisée encadrée par un pouvoir aux abonnés absents. Il regarde ailleurs, ce qui lui permet d’éviter de traiter ce qui contribue à la déconstruction de la France. Deux exceptions peut-être, Darmanin et Retailleau mais quelque peu réservés dans leurs actions.
Virginie, merci pour ces propositions de lectures. En cette période de vacances, un bon polar, une bonne énigme, qu’en pensez-vous ? Sur Facebook j’ai découvert une énigme remarquable qui défit l’entendement. Le jeu des 6 objets…. Difficile à expliquer sans croquis. En résumé, au départ , 20 objets. A l’arrivée, après manipulations, 16 objets sans avoir détruit ou escamoté quoi que ce soit. Incompréhensible.
Virginie, bonne suite à vos vacances.
Bof… L’idéalisation du passé n’est pas le meilleur moyen de préparer l’avenir.
Pas sûre que ces livres idéalisent le passé. Le connaître pour faire des comparaisons et comprendre ce qui s’est passé, ce n’est pas la même chose que vouloir revenir en arrière.
Merci pour ces conseils…
N’ayant lu aucun des ces ouvrages, et, je le confesse, n’ayant absolument pas l’intention d’en lire un seul, car j’ai d’autres lectures qui m’occupent à temps-plein, je constate une chose en lisant cet article. Tous ces ouvrages concernent exclusivement l’école Française. Or depuis la IIIème République celle-ci n’est qu’une usine à fabriquer du petit gauchiste. Que ce soit le Front Populaire, puis la Libération, puis Mai 68 et enfin le 10 Mai 81, ce à quoi nous assistons n’est pas autre chose qu’à l’accélération exponentielle d’un même phénomène, la « marxisation » des esprits. L’escrologie et la SVT (sic) n’étant que le dernier avatar en date de ce processus qui détruit la France car cet avatar glorifie la « décroissance » et le rejet de la science.
L’éducation nationale Française, confite dans sa croyance qu’elle ne peut être que la meilleure du Monde (et de l’Univers) ne s’intéresse jamais à ce qui se passe à l’étranger. Ainsi dans le secteur privé confronté à la concurrence, les entreprises pratiquent le benchmarking qui n’est pas autre chose qu’une technique consistant à observer, à comprendre, puis enfin s’efforcer d’appliquer les meilleures pratiques des entreprises concurrentes les plus performantes.
L’éducation nationale, quant à elle pratique un benchmarking « inversé ». Elle observe ce qu’il se passe dans les pays les plus nuls et en tire la conclusion qu’elle est belle et bien la meilleure…
Pendant ce temps-là, les petits Français ne savent plus ni lire, ni écrire, ni compter. Quant à parler anglais (la langue de la littérature scientifique), je n’en parle même pas.
Il faut dire aussi que la composition du peuple français est en train de changer à grande vitesse…
Je ne suis même pas sûre que la France regarde quoi que ce soit d’autre à l’extérieur d’elle-même. En tout cas en ce qui concerne certaines de ses instances dirigeantes. Parce que dans le détail, des choses bougent. Par exemple une école publique entièrement en plein air vient d’être ouverte, sur les modèles suisse, scandinave et allemand. C’est un élément positif. Il y a un responsable ayant un peu de pouvoir, quelque part, qui a admis qu’une idée qu’on lui proposait pouvait être bonne et qui a donné son feu vert. Mais on ne regarde effectivement jamais du côté des pays anglo-saxons ou asiatiques … D’un autre côté leur modèle lucratif est aux antipodes de toute la construction idéologique de l’école française moderne.
Si j’osais, je me permettrais de suggérer aussi la lecture de la Lettre aux instituteurs de Jules Ferry
Puis-je oser aussi ?
« Le tour de la France par deux enfants » écrit par Mme Augustine Fouillée-Tuillerie alias G. Bruno.
Écrit en 1877, c’est un roman, un livre d’histoire, un livre de morale et bien d’autres éléments … à lire par les parents en y intéressant les pré-adolescents. À sa lecture nous parcourons la France, ses régions, une véritable découverte géographique sans oublier les particularités culinaires, les métiers, les cultures spécifiques.
Un grand succès, plus de 7 millions d’exemplaires de 1880 à 1950.
Merci, DSG, de nous rappeler cet excellent ouvrage, qui mériterait largement d’être réédité !
Oui, mais la France qu’il décrit n’existe plus depuis longtemps. Ça intéresse quand même assez peu les moins de 45 ans…