[TRIBUNE] « L’État va-t-il devenir plus dangereux que ma maladie ? »

Cette loi va reconnaître qu'il existe des citoyens de seconde classe.
@Wikimedia commons
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Les députés votent ce mardi sur la création d’un « droit à l’aide à mourir », qui divise profondément les Français et une bonne partie des mouvements politiques. Nous publions dans ce cadre un point de vue personnel, celui de Maxence Clicquot de Mentque, 21 ans, porteur de la myopathie de Duchesne. Un témoignage personnel qui éclaire ce débat civilisationnel.

Je m’appelle Maxence Clicquot de Mentque, j’ai 21 ans et je suis porteur de la myopathie de Duchesne, une maladie neuromusculaire qui m’oblige à utiliser un fauteuil roulant électrique et qui me rend dépendant des autres. Ma vie est une vie de joie et de bonheur, mais l’État français a décidé en mon nom et à ma place que ma vie est une vie de souffrance qui mérite d’être abrégée par la mort.

L'État va-t-il devenir plus dangereux que ma maladie ?

Oui chers lecteurs, vous ne rêvez pas : après 44 ans d’interdiction, la peine de mort pourrait bien faire son retour en France, sous une forme bien perfide. Une peine de mort pour mon bien. Pourtant, à entendre certains, il semblait que nous étions rentrés dans une société inclusive qui valorisait les différences. Eh bien, détrompez-vous ! Les personnes qui prônent l’inclusivité sont les mêmes qui défendent avec vigueur l’autorisation du suicide assisté. Voilà tout le paradoxe de notre société.

Heureusement, il y a dans ce pays des citoyens qui s’opposent à cette loi qui veut exclure les plus fragiles. Je fais partie de ces irréductibles, amoureux fous de la vie et qui ne laisseront pas l’État français tuer ses propres citoyens. Ainsi, à travers ces quelques lignes, je vais tâcher d’être l’avocat de milliers de handicapés et des personnes vulnérables que l’on a condamnées au silence parce que, pour certains, leur vie ne vaut pas le coup d’être vécue et d’être heureuse.

« La vie est un combat, accepte-le. La vie est une tragédie, lutte avec elle. » C’est par ces mots de mère Teresa, de Calcutta, que je voudrais commencer ce témoignage de vie, malgré la souffrance de cette dernière. Ce témoignage n’est pas un message de souffrance et de tristesse, mais un message d’espérance et de joie face à une loi mortifère et désuète.

« Qui aurait cru que des médecins violeraient le serment d'Hippocrate ? »

Ma vie, comme la vie de tout handicapé, est un combat quotidien qui ne s’arrête jamais. Ce combat oppose la joie de vivre à la souffrance de l’échec, face à des gestes qui paraissent pourtant anodins pour le commun des mortels. Oui, la vie - ma vie - est parfois difficile, mais vivre est l’aspiration la plus profonde de toute personne et c’est ce qui me donne cette joie quotidienne. Chaque personne qui se bat pour vivre est une victoire de l’humanité. L’envie de vivre est la seule et l’unique chose qui rassemble les idéologies, les pays, les générations, les époques et les civilisations. Remettre cela en cause serait pour moi un recul terrible, un retour vers les âges les plus sombres de notre humanité. Car quand je me bats quotidiennement pour faire le moindre mouvement, c’est un acte d’humanité. Qui aurait cru qu’un jour, des médecins français violeraient le serment d’Hippocrate ?

Beaucoup de nos contemporains pensent que le handicap est une souffrance perpétuelle. Pour moi, au contraire c’est une dopamine, une vitamine, un sens dans ma vie et surtout une fierté. Pour rien au monde, je n’abandonnerais cette maladie qui me contraint dans ma vie mais qui me donne une force face à l’adversité. Je suis heureux, mais j’ai surtout de la chance de ne pas avoir une forme aggravée de cette maladie. C’est pour cette raison que j’ai décidé de prendre la parole, au nom de toutes les personnes handicapées qui ne peuvent se défendre. Je serai votre parole et j’essayerai de montrer à chaque personne handicapée que la vie est une joie qui vaut le coup d’être vécue à 200 %.

Des citoyens de seconde classe

Reconnaître l’existence de cette loi, c’est expliquer qu’il y a désormais, au pays de la liberté, des citoyens de seconde classe qui méritent moins de vivre que les autres. Voilà le monde que le gouvernement veut nous laisser. Je n’accepterai pas que l’on traite les plus vulnérables de la sorte.

Ainsi, reconnaître cette loi, c’est expliquer que ma vie n’a pas d’importance, que ma vie n’a pas le droit d’être remplie de joie. Elle est remplie de joie parce que je peux compter sur mes parents, mes frères et sœur, ma famille, mes amis et mes camarades de classe. C’est pour cette raison que je demande à tous de prendre soin des personnes les plus vulnérables, que ce soit vos proches ou vos moins proches.

Nous, les personnes opposées à cette loi, nous devons montrer à ce gouvernement que les personnes handicapées souffrent, mais dans la joie de la vie.

Picture of Maxence Clicquot de Mentque
Maxence Clicquot de Mentque
Etudiant en 3ème année d'école de commerce (Toulouse Business School) et défenseur de la vie contre la loi sur l'euthanasie

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Merci pour ce témoignage si émouvant et résumant bien toutes les dérives de cette loi. A partager en nombre !

  2. Ce commentaire percutant rejoint celui de Louis Bouffard que nous avons pu entendre il y a quelques jours, comme par hasard, sur CNews. L’ignominie n’a décidément plus aucune limite.

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