[TRIBUNE] La France laisse mourir ses agriculteurs et feint de s’en étonner
La crise agricole française n’est ni une fatalité ni une surprise. Elle est le résultat d’un choix politique répété : celui du temps court contre le temps long, de l’idéologie contre le réel, de la posture morale contre la souveraineté.
Depuis des années, les gouvernements successifs traitent l’agriculture non comme une activité vitale, mais comme un problème à encadrer. Chaque crise donne lieu à un plan d’urgence, chaque colère à une promesse, chaque drame à un chèque. Mais jamais à une remise en cause de fond. On colmate, on subventionne, on communique - pendant que les exploitations disparaissent, que les campagnes se vident et que les vocations s’éteignent.
Ce n’est plus une incohérence : c’est une trahison
L’agriculteur vit dans le temps long. Il raisonne en saisons, en rotations de cultures, en fertilité des sols, en transmission d’exploitation. Le politique vit dans l’instant : un plateau télé, un tweet, une échéance électorale. Cette fracture temporelle est au cœur du désastre. On gouverne le vivant comme un dossier administratif, à coups de normes changeantes, d’interdictions soudaines et d’objectifs contradictoires.
On exige des agriculteurs français qu’ils produisent moins, plus cher, plus propre - ce qui peut s’entendre - tout en ouvrant grand les frontières à des produits importés qui ne respectent aucune de ces contraintes. Une fois entrés dans l’Union européenne, ces produits circulent librement. La morale s’arrête aux frontières ; le dumping, lui, circule sans entrave. Ce n’est plus une incohérence : c’est une trahison.
Même aveuglement sur les intrants agricoles. Au nom d’une écologie de slogans, l’Europe a sacrifié une part de sa capacité à produire ses propres engrais, créant une dépendance stratégique majeure. Résultat : explosion des coûts, vulnérabilité géopolitique, et agriculteurs sommés d’absorber seuls les conséquences de décisions prises loin des champs.
Le débat agricole est devenu un champ de bataille idéologique. La science n’y est convoquée que lorsqu’elle conforte les dogmes dominants. On interdit avant d’évaluer, on condamne avant de comparer. Le principe de précaution est devenu un principe de renoncement. Pendant ce temps, les rendements baissent, les revenus s’effondrent et les normes s’accumulent.
On célèbre l’agriculteur dans les discours officiels, on l’applaudit au Salon de l’agriculture, puis on l’écrase sous les contraintes administratives le reste de l’année. Cette hypocrisie n’est plus tenable. Une agriculture qui ne vit plus de son travail est une agriculture condamnée. Une nation qui accepte cela abdique sa souveraineté alimentaire.
Il est temps de dire les choses clairement : on ne sauvera pas l’agriculture française avec des primes, mais avec de la liberté, de la cohérence et du courage politique. Cela suppose de refuser les importations déloyales, de remettre la science au-dessus de l’idéologie, et de reconnaître enfin que nourrir un pays est un acte stratégique.
Les civilisations ne disparaissent pas toujours dans le fracas. Certaines s’éteignent doucement, en laissant mourir ceux qui les nourrissent - puis en feignant de s’en étonner.
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66 commentaires
Si Macron a le culot de se présenter cette année au salon de l’agriculture, que vous agriculteurs, éleveurs lorsqu’il vous tendra la main :TOUS les uns après les autres, après l’avoir bien regardé dans les yeux, vous lui tourniez franchement le dos, à lui et à tous ses ministres. Comprendra t-il le message?
Dés le début cet accord était une ânerie , échanger des biens industriels contre de la nourriture sur une distance de 8 000 kilomètres pose un problème évident .
Les biens industriels produits selon les normes européennes , donc de trés grande qualité , peuvent traverser l’océan sans que leur qualité soit altérée.
L’alimentation , produite selon les normes sud américaines , bien moins contraignantes que les normes européennes posent un problème de sécurité alimentaire , et leur transport sur 8000 kilomètres pose des problèmes de conservation (comment va-t-on les traiter pour supporter le voyage ?) et pose un problème écologique évident , et on nous dit chez nous de manger local pour le bilan carbone !
Si un jour, il y a la guerre, on est mal, puisque l’on ne sera plus autonome. Il suffira d’un petit blocus naval autour de nos côtes, ou des pays exportateurs, et hop, on aura plus rien à manger. On vient de s’en apercevoir avec 2 cm de neige et les magasins supermarchés ne sont plus alimentés. C’est très grave. En cas de conflit, on va se retrouver comme en 1870 à bouffer des rats. On va moins rigoler.
Ce n’est pas la France qui est en cause mais son dirigeant. Son comportement inconstant est redoutable d’efficacité.
Savez-vous que la puberté des jeunes filles des pays d’Amérique du Sud où la viande est nourries avec des hormones, est avancé de 4 années par rapport à nos pays où ces méthodes d’élevages sont interdites?
C’est ce que nos politiciens vont imposer à nos filles, on ne peut pas l’accepter.
S’il faut sortir de l’Europe pour remettre notre pays sur des rails corrects, il faudra s’y résoudre quitte à reconstruire une Europe des Peuples et non une Europe mondialistes du fric.
Parfaite intox.
Les hormones accélèrent la croissance des bovins. On les arrête quelques mois avant la vente.
Passé le délai, aucune analyse ne peut déterminer s’il y a eu des hormones pour accélérer la croissance ou pas. Cela disparait.
Nous mangeons sans doute couramment du boeuf américain qui a eu des hormones dans sa croissance depuis 30 ans, mais nous ne le savons pas parce que c’est impossible à contrôler et nous ne nous en portons pas plus mal.
Ce qui se met en place c’est l’appauvrissement des français ce qui entraîne une baisse des revenus, le poulet et les oeufs sont cités parmi les produits les plus consommés parce ce que moins cher que les autres sources de protéines, lorsque que les pièces de boeufs Mercosur arriveront les français qui ont encore les moyens d’en acheter n’auront que le choix de les acheter, sachant que leur pouvoir d’achat continue à diminuer de mois en mois
C’est certes une trahison mais plus encore la répétition d’une erreur monumentale. Il y a 30 ans (?) nos augures voyaient la France dominant l’économie mondiale en s’appuyant sur les services et le tourisme. En conséquence notre tissu industriel à disparu et tout ce que nous achetons même le plus simple vient de Chine. Bravo les mecs. On remet ça avec nos paysans. Sauf que sait-on ce qui se passera si la production agricole du Sud décline même temporairement, si l’économie mondiale est perturbée – en particulier les transports, si nous avons des problèmes de solvabilité, Et si nous connaissons à nouveau des queues pour l’alimentation – comme pendant l’Occupation, on dira quoi à ceux qui nous ont mis dans cette situation ?
Politique de Serge Tchuruk quand il était PDG d’Alcatel, revendu deux fois depuis…
Pas d’agriculture nationale pas d’indépendance, c’est la vassalisation internationale.
Macron n’est qu’un hypocrite il a refuser de signer cet accord mortifère pour nos éleveurs en sachant qu’il serai voté par l’impératrice du l’UE qui roule en vérité pour son pays (Allemagne) contrairement à Macron.
Vive Retailleau et Cie, vive les LR, Européistes et mondialistes, vive la Macronie. Vous avez sauvé la France…
On n’entend pas nos écolos de tous poils, ce qui prouve une fois de plus qu’ils ne servent à rien.
Les médecins vont rejoindre les agriculteurs, il en va de notre santé
» La France laisse mourir ses agriculteurs » Peut être malheureusement, mais il a pire: les gouvernant français les tuent.
a nos aghriculteurs : le salon porte de versailles c’est d’abord pour les bobos parisiens !
alors vous allez encore vous donner en spectacle devant eux, pour amuser ces gogos ? qui, eux, vous crachent dessus et vous cinduisent à votre disparition ?
faites en sorte que le salon de l’agricuture ne puisse se tenir et là, vous serez, cohérents
Il y a une parallélisme frappant entre les méthodes employées par les petits hommes gris contre les agriculteurs et celles contre les médecins libéraux : bureaucratisation, contrôles, encadrement des prix, remplacement d’une part du chiffre d’affaire par des subventions, etc. Et le but est le même, exercer un contrôle total sur les activités des travailleurs « indépendants », qui finissent avec tous les liens de subordination du salariat, sans aucun de ses avantages. Ce qu’on peut qualifier, sans exagération, de socialisme.
Ebfin quelqu’un qui a compris …au moins les symptomes de ce suicide collectif .