Taylor Swift, pasionaria anti-Trump ? Elle a l’air malin, aujourd’hui !

Être pour la paix dans le monde et contre Donald Trump ; la prise de risque n’a rien de périlleux.
Capture d'écran YT
Capture d'écran YT

Les ventes de disques s’effondrent, mais il existe encore des artistes qui résistent, telle Taylor Swift et son dernier album, The Life of a Showgirl, écoulé à 2,7 millions d’exemplaires, rien qu’aux USA, ce vendredi 3 octobre. Nul doute que le reste du monde suivra. De quoi s’agit-il ? D’une pop incolore et inodore. L’IA n’aurait pas fait plus impersonnel et aussi bien peigné. D’ailleurs, nos confrères, toutes opinions politiques confondues, ne sont guère convaincus.

Un album à juste titre massacré par la critique…

Le Figaro : « Un disque lisse, poli, complètement inoffensif, prévisible comme pas permis (on devine chaque refrain avant qu’il n’arrive), qui respire le confort d’écoute XXL et ne dérangera pas les voisins. »

Le Monde : « L’écoute de ce nouvel album n’évoque pas celle d’un rouleau compresseur. »

Libération : « La plupart des refrains autoproclamés imparables laissent fabuleusement circonspect. »

Et à Boulevard Voltaire ? Comme plus haut suggéré, c’est « impersonnel », c’est-à-dire ni bon ni mauvais ; juste transparent. Certes, les fans de la donzelle, passée, en 2014, de la country à la pop n’ont que faire de ces avis : ils achèteront en masse et se rueront à ses concerts, tels que leurs parents faisaient sans doute avec une Madonna, icône tout aussi aseptisée et aux transgressions toute aussi millimétrées : être pour la paix dans le monde et contre Donald Trump ; la prise de risque n’a rien de périlleux.

Elle voulait être du « bon côté de l’Histoire »…

En effet, Taylor Swift, tenue jadis pour républicaine – musique country oblige –, s’est soudainement réveillée démocrate, en 2016 : « J’aurais dû m’opposer à Donald Trump en soutenant Hillary Clinton plutôt que de me taire. » Quatre ans plus tard, elle soutient donc Joe Biden contre le magnat de l’immobilier. Puis, en 2024, elle remet le couvert en militant pour Kamala Harris. « Je dois être du bon côté de l’Histoire », ajoute-t-elle alors. Raté, semble-t-il, Donald Trump ayant été massivement réélu. Pourtant, à l’époque, Radio France s’émerveille en évoquant « l’influence politique astronomique » de notre artiste, tout en ajoutant : « La force de frappe de Taylor Swift, c’est sa capacité à mobiliser. » Raté, une fois de plus.

Battue par Chuck Norris…

L’occasion de rappeler que lors de cette élection, le Tout-Hollywood fait front contre Donald Trump. Lequel ne peut aligner comme vedettes qu’un Jon Voight cacochyme et un Chuck Norris plus que vieillissant dont le moins qu’on puisse prétendre est qu’il n’est pas le plus glamour du troupeau. La suite est connue. Même si comparaison n’est pas raison, on notera qu’à la présidentielle de 2022, Marine Le Pen se hisse au second tour avec, pour seul soutien people, Philippe Chevallier (la moitié du duo Chevallier et Laspalès). C’est dire l’influence du show-biz, des deux côtés de l’Atlantique. C’est dire, aussi, la déconnexion, là-bas comme ici, entre les élites d’en haut et le peuple d’en bas.

Quand les militants de gauche avaient du talent…

Que des artistes s’engagent en politique n’a rien de nouveau ; Johnny Hallyday a bien soutenu Jacques Chirac. Ce qui, en revanche est nouveau, c’est la baisse qualitative du niveau général. En son temps, Joan Baez fut une égérie de gauche. Mais quel talent, quelle voix ! Rien que pour cela, tout lui était pardonné. Grace Slick, chanteuse du Jefferson Airplane, fut elle aussi une pasionaria anti Ronald Reagan, alors gouverneur de Californie. Mais ces gens, à leur manière, étaient aussi des génies qui inventaient une musique nouvelle. Jorma Kaukonen et Jack Casady, le guitariste et le bassiste du Jefferson Airplane, ont même révolutionné l’art de jouer de leurs instruments respectifs. Alors que Taylor Swift… Comme Madonna avant elle, le talent de cette péronnelle semble consister à savoir changer de tenue entre presque chaque chanson ; un peu comme si elle se croyait aux Folies Bergère. Mais les chansons, elles, ne changent guère : linéaires, sans relief. Dans le petit monde des musiciens - des vrais musiciens et pas des marchands de soupe -, on appelle ça du « papier peint musical ». Il est un fait que Taylor Swift, dans son genre, est plutôt décorative ; à condition, toutefois, de savoir couper le son.

Picture of Nicolas Gauthier
Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

31 commentaires

  1. Les artistes font parti,d’un systhème ou l’argent est roi,aucune conviction,prêt à tout pour réussir ,et exister,ils suivent les majorités en place,

  2. Ne dites pas de mal de Chuck Norris. Si Dieu a créé le dimanche c’était pour pouvoir regarder les épisodes de Walker Texas Ranger le dimanche après-midi.

  3. Que des artistes américains s’engagent contre Trump est une très bonne chose.
    Mais combien de temps cela va-t-il pouvoir durer dans cette democrature où Trump a décidé de supprimer tous les contre-pouvoirs.
    Une démocratie, les États-Unis ?
    Plus aujourd’hui.

    • Il n’y a guère que les artistes pleins aux as qui s’engagent contre Trump. Trump convient très bien à l’Américain moyen.

    • Le peuple n’a plus de culture. Il glorifie ce qui lui correspond : la mièvrerie, l insipide et sans saveur. Jacques Brel et Brassens sont d’une autre époque.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois