[STRICTEMENT PERSONNEL] L’orgue de Barbarie
Comme des enfants qui se sont battus pendant la récré, quand le conseiller d’éducation leur demande de s’expliquer ? Ou comme des voyous qui ont sorti les couteaux pour régler des comptes obscurs quand ils sont interrogés par le juge d’instruction ? Ainsi les fauteurs et les acteurs des diverses guerres qui éclairent d’une lumière de plus en plus sinistre notre actualité plaident-ils leur cause devant le tribunal de l’opinion avant d’être soumis, vainqueurs ou vaincus, vivants ou morts, au jugement de l’Histoire, et leur défense est identique. Ce n’est pas moi, c’est l’autre qui a commencé. On aimerait pouvoir en rire…
Qui est l’agresseur ? Qui est l’agressé ?
Il est indiscutable que, le 24 février 2022 - plus de trois ans, déjà ! –, l’armée russe, sur l’ordre de Vladimir Poutine, au mépris du droit international, a envahi l’Ukraine. Il est incontestable que, le 7 octobre 2023 - près de deux ans -, déjà, une horde de miliciens fanatiques, entraînés, armés et commandés par le Hamas, a perpétré, au mépris de l’humanité, le massacre prémédité de plus de mille innocents dont le seul crime était le même que celui de leurs ancêtres, quatre-vingts ans plus tôt : être nés juifs.
Pour être rigoureusement exact, ce bref résumé rend-il un compte satisfaisant de ces deux événements, de leurs causes et de leurs suites ? Quel juge impartial, s’il en est, quel historien sérieux, s’il doit venir, quel honnête homme, s’il en reste encore, pourraient-ils se contenter d’une vérité dont l’énoncé sommaire réduit le réel à une caricature ? Les choses ne sont assurément pas aussi simples que voudraient nous en persuader les belligérants, juges et parties, et ceux qui, dans un monde divisé, gouvernements, médias, peuples, communautés ou individus, ont épousé la cause de l’un ou de l’autre adversaire.
Ce n’est pas l’actuel président de la Fédération de Russie, mais ses faibles prédécesseurs, l’idéaliste et faible Gorbatchev, puis le titubant et indigne Eltsine, qui ont accepté puis entériné la perte d’un vaste territoire consubstantiel à la Russie depuis près de trois siècles, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire, mais viscéralement attaché à la mère patrie par les liens de la culture, de la langue, de la complémentarité, des intérêts communs, du sang versé, du sang reçu, de la politique et de l’Histoire. L’amputation entérinée à contrecœur par les dirigeants faibles ou corrompus est aussi douloureuse pour les Russes que le serait pour nous la sécession de la Provence ou de la Bretagne, que le fut la perte de l’Alsace-Lorraine en son temps.
L'Iran des mollahs refusait le droit de vivre au peuple juif
Après que l’ONU, en réparation du martyre infligé par la guerre et le nazisme à l’irréductible peuple juif, errant depuis près de deux mille ans, eut accordé aux survivants de l’Holocauste une terre, autrefois la leur, habitée par de lointains cousins convertis et remodelés par l’islam, ni Israël ni ses voisins n’ont jamais accepté, celui-là de ne pas récupérer la totalité de la Terre promise, à en croire la Bible, au seul peuple juif, ni ceux-ci d’être dominés, puis menacés et chassés de ce qui était après tout leur terre natale et celle de leurs ancêtres. La solidarité arabe et musulmane a cimenté dans l’antisionisme une communauté dont une partie tendait à accepter l’évidence et l’existence d’Israël mais dont une autre partie, derrière l’Iran des mollahs et ses satellites divers, Hezbollah, Hamas, Houthis, etc., refusait de reconnaître non seulement le droit d’avoir un État, mais tout simplement celui de vivre au peuple juif sorti, comme Lazare, de son tombeau.
Le reniement par les actuels dirigeants d’Israël de ses engagements les plus solennels, les empiètements incessants des partisans du Grand Israël sur la Cisjordanie, base d’un fantomatique État palestinien qu’ils prétendent annexer en référence à la mythique Judée-Samarie, les provocations d’un Premier ministre qui brandit très haut le drapeau du nationalisme et multiplie par dix ou par cent les préceptes radicaux de la loi du talion ont abouti à la situation actuelle.
On pourrait juger moral le châtiment impitoyable infligé par Tsahal sous la direction de M. Netanyahou aux ennemis qui vouaient le peuple juif à la dispersion, à l’exil, à l’extermination, et réjouissante la défaite, dès à présent, de ceux qui, étant en réalité les plus faibles, se sont attaqués à plus fort qu’eux. Dans ce contexte, on serait assez enclin à se réjouir dans un premier mouvement de la punition d’ores et déjà subie par le régime obscurantiste et belliqueux qui sévit en Iran depuis près d’un demi-siècle et dont les premières victimes sont les Iraniens eux-mêmes. Il peut sembler plutôt salutaire, pour l’avenir de l’humanité, que la possession et l’emploi éventuel de l’arme nucléaire ne viennent pas mettre entre les mains d’un despotisme obscurantiste les moyens dont la communauté internationale n’a pas su empêcher le Pakistan ou la Corée du Nord de se doter. L’Israël de M. Netanyahou ne demande, sans l’aide des États-Unis, s’il le peut, avec leur aide, en cas de besoin, qu’à faire le « sale boulot » et donc à gagner la plus longue, la plus grande, la plus difficile des multiples guerres qui se sont succédé depuis 1948. Sa prévisible victoire est annonciatrice des désastres futurs. Regardons la réalité en face.
De droit international, il ne reste plus rien
Ce qui se passe en ce moment, et surtout ce qui s’annonce, est d’une gravité sans précédent depuis la Deuxième Guerre mondiale. Passe encore, pour ce qui concerne spécifiquement Israël, que, luttant pour survivre, un Premier ministre qui refuse de voir plus loin que le bout de son destin personnel ait choisi de semer la destruction et la mort sans souci de ce que récolteront les générations à venir : la haine. Indifférents, inconscients ou impuissants, nous voyons s’écrouler tout l’édifice que l’entente des vainqueurs avait mis en place à la suite du dernier cataclysme mondial. Après la SDN, l’ONU. De droit international, d’institutions internationales, de Conseil de sécurité, de traités internationaux, il ne reste dès maintenant plus rien, et nous le vérifierons lorsque, d’ici à peu, M. Xi Jinping, dont il n’y a pas de raison de penser qu’il est moins sincère et moins sérieux que l’était le chancelier Hitler, déclenchera la prochaine (et dernière ?) guerre mondiale. Le droit de la force s’est de nouveau substitué à la force du droit.
N’idéalisons pas le passé… Pourtant, à plusieurs reprises, du début du XIXe au début du XXe siècle, avant que les grandes puissances européennes qui dominaient alors la planète n'aient absolument tenu à s’entre-déchirer, à s’entre-tuer et, pour tout dire, à s’entre-suicider, des congrès, à Vienne, à Paris, à Berlin, les avaient réunies et leur avaient permis de régler des litiges, d’éviter la généralisation de leurs conflits, voire de se partager la planète. On appelait cela le concert des nations. C’est une musique bien différente que celles-ci font entendre aujourd’hui. À croire qu’elles ne disposent plus que d’un seul instrument : l’orgue de Barbarie.
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56 commentaires
Bibi « sans souci de ce que récolteront les générations à venir : la haine. » ??
La haine du Juif est éternel et dans l’ADN de la plupart des religions. Ne nous berçons pas d’illusions !
Tout n’ est pas faux dans ce que dit M. Jamet mais, comme souvent quand il s’ agit d’ Israel, sa vision est biaisée par un tropisme pro palestinien… Israel a payé pour avoir respecté le droit international (dés qu’ il a accepté le plan de partage de novembre 1947 il a été envahi par tous ses voisins, sans parler des Arabes de Palestine auteurs de massacres de Juifs entre novembre 1947 et la déclaration d’ indépendance de mai 1948). Dés lors la force primait le cas échéant le droit et la défense c’ est parfois l’ attaque, de 1967 à 2025.
On ajoutera que le droit peut se révéler totalement inepte, telle la fumeuse résolution 242 qui (sans le dire tout en le laissant entendre) transforme en frontière (au sens juridique du terme) ce qui constituait la ligne de cessez le feu de 1948, élément de pur fait et non de droit (D’ ailleurs la Transjordanie avait annexé la Judée-Samarie (sous le nom de Cisjordanie entre 1948 et 1967, sans que l’ ONU ait pris la moindre résolution! L’ Egypte de son coté occupait la bande de Gaza, donc Israel occupait illégalement un territoire auparavant occupé (légalement?) par un autre Etat!
Tous les accords ultérieurs (Oslo Taba) ont été rejetés et/ou violés par Arafat et ses sbires…
On admettra dans ces condition qu’ Israel ait de quoi ne pas tout miser sur le droit international…
Certains barons locaux « électoralement suffisants » sont passés du drapeau ukrainien au drapeau palestinien sans rougir et sans aucun rapport entre ces conflits mais avec une haine de la France qui interroge…et l’absence de drapeau français ainsi consternante. Honte à ceux qui manipulent les esprits faibles et permettent que la France ait honte d’elle même.
Macron devrait apprendre à marcher avec un sac à dos 30km pour apprendre à se taire.
La volonté de paix universelle qu’ont illustrée un temps la SDN et l’ONU a été insidieusement remplacée par une manipulation visant à faire des institutions internationales des machines à imposer la Pax Americana, accessoirement à donner un pouvoir insensé à des pays régis par une théocratie. Je pense en particulier aux 57 pays de l’OCI (Organisation de Coopération Islamique), à leurs proxys et à leurs complices, qui ont permis de condamner cent fois Israël sans que soient jamais inquiétés les monstres du Soudan ou du Nigeria. C’est cette dérive, ajoutée aux méfaits de la mondialisation, qui a remis à l’honneur la force. Eh oui, c’est dorénavant et pour une longue période, la puissance et la démographie qui vont régler les affaires du monde. Et les peuples qui ont placé à leur tête des pleutres, des timorés, des velléitaires, des carriéristes ambitieux, paieront la facture la plus lourde.
Pour moi Napoléon aurait pu éviter toutes les tragédies qui ont suivi si les pays d’Europe ne s’étaient pas liguées contre lui et plus particulièrement l’Angleterre .
La France a l’époque , était la Chine de l’Europe , et ses soldats étaient redoutés.
Depuis on a fait mea culpa au nom d’une hypothétiques union des nations européennes, alors que les coalitions n’avaient cessées contre la France depuis la révolution .
Napoléon n’était pas le fou qu’était Hitler comme certain aiment à l’assimiler . Il n’avait pas programmé l’anéantissement d’une population et savait organiser la société . C’était lui le code civil , c’est lui le code des juifs .
Le général de Gaulle a tenté de redonner un lustre et un rôle pour la France dans le concert des nations . Macron a supprimé le corps diplomatique français qui avait une réputation d’excellence . Monsieur se prend pour le grand diplomate affublé de Jean Noêl Barrot , qui visiblement n’a pas la formation pour faire des étincelles au poste de Ministre des affaires étrangères .
Il ne faut pas négliger la place qu’avait la France quand elle ne laissait pas les rênes à une UE bien incapable déjà d’harmoniser ses lois fiscales entre tous les partenaires européens , alors certainement pas capable d’amener une voix qui permette de trouver le compromis acceptable pour l’Iran ou la Russie dans les conflits actuels qui les opposent à Israël et l’Ukraine.
Ce qui me sidère, c’est que l’on ne parle jamais des accords entre Krouchtchov et Kennedy..en 1962…après l’affaires de la « Baie des cochons ».
« PAS DE LANCE MISSILES SOVIETIQUES À CUBA
PAS DE TROUPES DE L’OTAN À PROXIMITÉ DE L’URSS. »
Accords largement bafoués par les Américains et l’OTAN…
La Mer Baltique est devenue le bastion de l’OTAN…
Et on voudrait que Poutine laisse faire ?!?!?
Je trouve qu’il y a de l’abus..et surtout de la mauvaise foi de la part de l’UE
et des USA…
Quant aux bombardements déclenchés par Israël sur l’Iran…ils sont parfaitement justifiables…il faut exterminer les mollahs, pour le bien des Iraniens qui n’en peuvent plus…et le bien de toute l’humanité…
Car dès que les mollahs Iraniens seront équipés de la Bombe atomique…
Ils l’utiliseront pour anéantir Israël….au risque de vitrifier le monde entier…
Mais ils s’en foutent royalement .Personnellement, je soutiens Poutine
Et je soutiens Netanyahou et contrairement à ce que l’on pourrait penser…je soutiens le Peuple Iranien dont je connais la valeur.
Les occidentaux ont lâchement abandonné le Chah en 1979…c’est le peuple Iranien qui en souffre le plus…qui me dira à qui profite ce crime ?!?!?
Entièrement d’accord avec vous!
Moi aussi!
D. Jamet, effectivement le nouveau candide. Faut peut-être avoir combattu, durement, sur le terrain comme dans la vie, pour savoir ce que peut être un homme, en bien, en mal où les deux à la fois. Et son jugement , sur Poutine, et avec surtout ce focus sur Netanyahu m’interpelle. L’âge est la sagesse dit le dicton. Dans le ces de Jamet il démontre le contraire. Je ne suis pas étonné. Relents de jeunesse dont il n’arrive pas à se défaire ?
Nous devrons beaucoup au peuple d’Israël et aux américains de Trump, surement qu’il y aura des suites désagréables les LFI s’en chargerons sans doute mais le pire je crois aura été évité.
Vous êtes toujours en train de critiquer Netanyahu, mais vos pudeurs de gazelle me fatiguent. Il défend son peuple, il n’y a pas d’autre choix. Vous me faites marrer en laissant entendre qu’il va réveiller les animosités des peuples opposants. N’ont-ils pas démontré qu’ils étaient déjà au paroxysme de la haine et de la violence ?
On ne fait pas d’omelette sans casser d’oeufs, et on ne détruit pas ses opposants à moitié, pour que cela recommence quelques années plus tard. Alors oui, Netanyahu fait le boulot que les bienpensants et tergiversants sont incapables de faire.
Faire appel au droit international quand le droit national est bafoué … Faire appel au bon-sens et aux discussions lorsque l’ONU s’est avérée impuissante, voire aveugle, devant certains conflits en préparation, c’est osé …
Car qu’à fait l’ONU pour protéger Israël depuis 1948 ? Rien
Quant à la haine que cette guerre entre Israël et l’Iran va générer, il me semble que cela fait quelques décennies qu’Israël y est soumis à cette haine des pays arabo-musulmans.
Le droit international évoqué soit par des terroristes soit par des tyrannies est une farce. Elle se joue à l’ONU dans une version politique qui tient le droit en laisse. Grâce à Poutine l’Ukraine est née. Grâce aux antisémites le sionisme se renforce. Il ne veut pas conquérir le monde, il n’est pas proselyte, son empire se réduit à deux départements français. Qu’on fiche la paix à Israël, il la mérite, lui qui a tant donné au monde.
Le droit international est aussi invoqué par les ennemis de la vérité, celle qui ne fait pas toujours du bien aux oreilles des bureaux des bobos!
Israël vivra!
Macron est comme Custer selon Sitting Bull: un » homme sans oreille « qui prépare son Little big Horn!
Merci aux ricains et à Israël d’être courageux, au delà des paroles creuses de télémacron!
C’est un avis bien curieux.
Avis que je partage . Les uns se battent les autres bavassent et organisent une fête de la musique de l’entre soi à l’Elysée .