Soutenir Bayrou ? Tourbillon politique après l’annonce du Premier ministre
Après son annonce d’engager la responsabilité de son gouvernement le 8 septembre, le Premier ministre a pris de court la classe politique qui préparait dans la moiteur estivale sa rentrée. Avec, en ligne de mire, la date du 10 septembre où le mouvement social « Bloquons tout », soutenu dorénavant par La France insoumise qui encourage une « grève générale », devait être le point d’orgue de l’expression de la colère populaire.
L’enjeu est immense, puisqu’en cas de vote défavorable, le Premier ministre devra remettre sa démission au président de la République.
Au lendemain de la prise de parole de François Bayrou, sur les réseaux ou les plateaux de télévision, l’heure est aux réactions. Le Rassemblement national a tranché. Le sursis a passé et si, depuis dix mois, la formation lepéniste se refuse à voter une motion de censure susceptible de faire tomber le gouvernement, cette fois, Marine Le Pen et Jordan Bardella passent à l'offensive : ce sera un vote de sanction. « François Bayrou, c’est l’immobilisme satisfait », raille, sur CNews, le député RN du Nord Sébastien Chenu. « Nous ne voterons pas la confiance à ceux en qui nous n’avons aucune confiance. Leurs résultats sont pitoyables, fustige-t-il, avant de justifier la décision de son parti : Marine Le Pen place le destin du pays au-dessus du sien. Son refus de confiance à François Bayrou n’est pas une manœuvre personnelle, mais un choix pour la France : obtenir enfin une majorité pour changer de cap. »
« Vous voteriez la confiance au capitaine du Titanic ? »
Car bien évidemment, le mouvement nationaliste mise sur une dissolution en espérant que cette fois, une majorité de députés RN puisse se dégager à l’Assemblée. Marine Le Pen a d’ailleurs évoqué, dans Le Parisien, en juillet, sa volonté de se présenter aux législatives, malgré sa peine d’inéligibilité : « Je me présenterai et j’irai défendre ma candidature auprès des instances [juridiques] chargées de la valider. »
« Vous voteriez la confiance au capitaine du Titanic ? », interroge, sur RMC, le député RN de Moselle Laurent Jacobelli, porte-parole de son mouvement. « On ne peut pas continuer d'être dans un pays où la croissance est en berne, où nos cerveaux veulent aller travailler à l'étranger et où toute la misère du monde veut venir toucher les aides sociales. »
Mardi 26 août au matin, la famille des Républicains se réunissait autour de leur président, Bruno Retailleau. En présence des principaux ténors parlementaires et des ministres appartenant au gouvernement était discutée la ligne politique à tenir. Celui qui est aussi ministre de l’Intérieur valide la question centrale, posée par François Bayrou, à l’origine de sa volonté d’engager la responsabilité de son gouvernement : « La France est-elle au bord du gouffre financier ? », questionne-t-il, dans un communiqué de presse. La droite abonde : « Les Républicains ont toujours alerté sur le risque existentiel que fait peser la dérive de nos comptes publics sur la souveraineté et l’indépendance de notre pays. » Bruno Retailleau refuse de « s’associer au cartel du déni et aux démagogues ». Le risque est grand, selon lui, de « précipiter le pays dans une crise financière majeure », c’est pourquoi les Républicains voteront la confiance à François Bayrou, explique-t-il. « Voter la chute du gouvernement, ce serait voter contre les intérêts de la France. »
« Les insoumis sont prêts à gouverner »
Une aubaine, pour le Rassemblement national, qui y voit, une nouvelle fois, la confirmation de l’appartenance des LR au bloc central. « Si j'avais su, jeune militant villiériste que j'étais en 2008, que Retailleau pactiserait avec Bayrou et Macron... Quelque part, je me sens rétroactivement trahi », s’indigne le député RN du Gard Pierre Meurin, alors que son président qualifie les Républicains d'« accompagnateurs du déclin ». « J’appelle les électeurs de droite à ne pas se laisser dissoudre dans le macronisme qui a mis le pays en faillite ! », a lancé, sur X, Jordan Bardella.
Alors que Jean-François Copé, le maire LR de Meaux, l’invite à « anticiper sa démission », le chef de l’État a indiqué, rapporte son entourage, ne pas « souhaiter » une nouvelle dissolution. Mais il « ne se privera pas a priori d'un pouvoir constitutionnel ».
À La France insoumise, c’est la jubilation. Si Paul Vannier, le député du Val-d’Oise, assure que « François Bayrou, c’est de l’histoire ancienne », Jean-Luc Mélenchon l’assure : « Les insoumis sont prêts à gouverner. Un Premier ministre insoumis marquerait la fin de la souffrance. »
Dans le camp macroniste, c’est la gueule de bois. « Est-ce qu'il n'est pas temps de penser à la VIe République », questionne le député Renaissance des Yvelines Karl Olive. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet, soutient, bon gré mal gré, le chef du gouvernement en insistant sur le choix du « cap » à prendre : la baisse de la dette.
Alors que le Parti socialiste a fait savoir, par les voix de son Premier secrétaire, Olivier Faure, et du président des députés PS à l’Assemblée, Boris Vallaud, qu’il votera contre la confiance au gouvernement, l’étau se resserre, pour Emmanuel Macron. Zone de turbulences en vue.
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181 commentaires
Bruno avait bien commencé quand il dit refuser de s’associer au cartel des dénis et des démagogues, je pensais qu’il visait le macron et son gouvernement ! Mais non, j’ai compris qu’il était bien dans le déni, maisle déni ce n’est pas lui !!! C’est normal, quand on est dans le déni… Pour autant, ce qui me fait peur dans tout cela, c’est la méchanconnerie qui va arriver au pouvoir, et dans ce genre de situation, c’est le scénario du coup d’Etat militaire qui prévaut dans les scénarios dans le monde. La France est au plus mal,la situation est extrême, une réaction extrême est souvent ce qui se passe alors.
Macron ne démissionnera jamais. Il est trop attaché à la destruction du pays et à l’Europe pour le faire! Réveillez vous! Il faut le destituer et qu’il soit jugé pour tous ses actes anti France, anti peuple , anti constitutionnels, de complicité avec l’immigration terroriste !! Démission voudrait dire capacité à se re présenter et garder tous ses avantages.
les LR fidèles à leurs aaccord avec les macronistes, veulent couler encore plus la France, ils ont des postes au chaud et veulent les garder, les autres tels les macronistes ils s’en foutent. David Lisnard a choisi il ne votera pas la confiance à Bayrou, lui ose prendre ses responsabilités.
On n’est jamais déçu avec les LR. Toujours prêts à trahir. Bayrou a raison sur le constat mais par sur la solution. Il faut diminuer la dépense publique !
Décidément, rien n’arrête la droite la plus bête du monde. Bayrou a fait une erreur majeure, il a proposé des pistes avant de faire voter la confiance : supprimer deux jours fériés et demander des efforts aux trop peu nombreux français qui travaillent. Il a donc dévoilé son jeu et on sait où il ira si la confiance est votée. Il n’a rien proposé pour réduire l’assistanat ni le train de vie de l’Etat.
Donc on peut en déduire que LR soutient une politique de maintien de la dépense publique et d’assistanat tous azimut. C’est navrant. Depuis la disparition du RPR, la droite n’a fait que se centriser, et donc se macroniser. Il restait une aile droite avec laquelle on pouvait encore espérer. Même si on a bien vu le sort qu’elle a réservé à Ciotti. Avec le ralliement au centre de Retailleau, c’est terminé.
Et surtout bayrou n’ose pas évoquer l’immigration !
« Les insoumis sont prêts à gouverner. Un Premier ministre insoumis marquerait la fin de la souffrance. » Passer d’une souffrance, même aiguë, à un supplice, non merci. Vivre dans un pays que l’on voit se désagréger à toute vitesse est une chose. Mais vivre dans un Frankistan dirigé par le Che Mélenchon entouré de sa garde rouge et verte, il ne peut pas en être question.
On a l’impression que Bayrou a déclenché l’inverse de ce qu’il voulait provoquer, la fulgurance des oppositions à faire savoir qu’il voteraient contre la confiance l’a pris de court. Les macronnistes ont immédiatement du sauter dans la première embarcation de fortune pour tenter de sauver leur gouvernement et maintenant il rament à la cadence d’éperonnage (BenHur). Ce matin Karl Olive dans une tirade absolument surréaliste prône un choc d’autorité en occultant les 8 années de galères (toujours Benhur) sous la présidence de son champion, il faut donc lui rappeler le nom du président de la République élu depuis 2017, mais pour le ménager taisons son bilan pour le moment et faisons semblant de croire qu’il est toujours d’une parole d’or, au point de mauvaise foi où il en est en soyons dans un déni approchant mais de loin, sa langue de bois ultra sec dont aurait pu sortir la charpente complète de Notre Dame. Nous avons le choix en Bayrou et le chaos, choisissons la seconde option car depuis 13 ans nous peuple de France sommes rompus à l’exercice.
Retailleau, le « chéri des Français » d’après les médias est en réalité le « traître des Français » comme tous les autres LR ou presque. Tout ce qui nous arrive vient, entre autres, de l’incapacité de ce parti croupion à prendre nettement position en faveur de la France et de montrer son opposition ferme et résolue au macronisme, d’ailleurs d’où proviennent certains ténors du camp des destructeurs présidentiels si ce n’est de leurs rangs. Électeurs du LR, sautez enfin le pas, votez pour les vrais partis de droite
Dissolution et destitution de ces politiques.qui ruinent le pays dans tous les domaines…
Beaucoup n’ont pas compris que demander une démission de Macron n’a rien contre ce monsieur. C’est enlever un incompétent total à un poste clef. Une dissolution ne changera rien, même si le RN obtient la majorité absolue. En France le Président a un pouvoir dictatorial.
Il est vraiment incompréhensible et surtout décevant de voir Madame Cluzel aller sur CNews s’associer à une rédaction toute acquise aux Républicains et vouée au dénigrement du Rassemblement national et de ses alliés ciottistes.
C’est n’avoir rien compris au mouvement populaire de fond qui va tout emporter des restes de la droite et de la gauche des années UMPS.
Je suis d’accord avec toi quand tu dis que la rédaction de Cnews est acquise aux Républicains. Apres je suis content pour Mme Cluzel depuis l’année dernière elle intervient dans l’émission de 19h de Christine Kelly et depuis Lundi elle est aussi chez Europe 1.
effectivement, CNEW semble virer sa cutie depuis quelques mois et exposer retailleau comme le « veau d’or » ! Trés déçu de ce revirement (peur de l’arcom ?)
Alors que le Titanic-France coule, les LR tentent de s’emparer des rares canots de sauvetage au profit du Capitaine Macron et de ses sbires, pourvu qu’il y ait aussi de la place pour eux… Tant pis pour le peuple !
Franchement, je ne comprends pas qu’on puisse encore voter LR !
Même Lisnard, avec ses circonlocutions et ses regards en biais, ne m’a pas inspiré confiance hier soir sur Cnews.
Dommage.
Les LR, toujours prêts à rejoindre le bloc central. Et Bruno Retailleau prêt à sauver la politique macroniste avec le nouveau budget présenté par Bayrou ! Quelle infamie ! Et que penser de cette droite molle prête à sauver le soldat Macron qui pourrait terminer tranquillement son pitoyable quinquennat !
Les maques tombent. Retailleau montre ce qu’il est, un LR, parti des traîtres.
« Les insoumis sont prêts à gouverner » À peu près autant que Bayrou est prêt à se lancer dans la conquête spatiale. Mélenchon, Panot, Leaument , Boyard, Delogu…C’est vrai qu’une bande pareille ça fait rêver.